‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 79 sur 344 · CIRCONSTANCES PRINCIPALES DANS LESQUELLES SE PRODUISENT CES TUMEURS · texte numérisé non relu

CIRCONSTANCES PRINCIPALES DANS LESQUELLES SE PRODUISENT CES TUMEURS

Nous signalerons d'abord les ulcérations du cœcum qui onl. lieu, soit par suiie d'une dégénérescence cancéreuse limitée, ce qui est très rare, soit par suite d'une inflammation ulcéralive, dont les docteurs J. Burne (1), Albers (2) et d'autres auteurs nous ont rapporté des exemples. La perforation qui résulte de cette inflammation, à laquelle Albers donne le nom de typhlite, est moins fréquente si l'on s'en rapporte du moins aux cas connus, que la perforation et la gangrène de l'appendice iléo-cœcal, qui a également pour résultat de produire, soit une péritonite dont nous ne nous occupons pas ici, soit une des tumeurs inflammatoires qui font le sujet de cet article.

Sauf ces cas de lésion de l'appendice caecal et du caecum lui-même, on peut dire (pie généralement les tumeurs inflammatoires des fosses iliaques et du petit bassin se manifestent chez les femmes en couches.

Le siège primitif du mal est, en pareil cas, très variable, ainsi qu'on en peut juger par le résultat des recherches de M. Bourdon (3). Cet auteur divise les tumeurs en trois classes, dont les deux premières nous intéressent seules ; car dans les autres, il s'agit d'abcès siégeant dans l'épaisseur même des organes. Dans la première classe, l'auteur place les tumeurs inflammatoires intra-péritonéales : ce sont des abcès circonscrits par des fausses membranes, occasionnés par une inflammation de l'utérus ou de ses annexes, et situés entre les organes contenus clans le petit bassin ou dans ces organes mêmes. Dans la seconde classe, mettant à part les collections séreuses dont parle M. Bourdon, et qui ne nous occupent pas ici, se trouvent les tumeurs produites par l'inflammation du tissu cellulaire qui se trouve en abondance dans le grand et le petit bassin.

Quelle que soit la cause de celte inflammation, qu'elle soit due à l'extension d'une inflammation voisine (métrite, ovarite, inflammation de la capsule synoviale de la branche du pubis), ou même à un bubon, d'après M. Velpeau; ou bien qu'elle se soit développée primitivement (inflammation des ligaments larges, du tissu cellulaire de la fosse iliaqve chez les femmes en couches); ou enfin qu'elle ait pour cause la perforation d'une cavité qui se vide dans le tissu cellulaire pelvien (ouverture d'un abcès dans le tissu cellulaire pelvien, infiltration urineuse, stercorale, etc.), elle a toujours pour résultat de produire une tumeur dont la position peut varier un peu, mais dont les différents exemples présentent aussi des caractères communs qui ne sauraient être méconnus. M. Grisolle, qui a étudié avec soin la plupart des espèces de tumeurs dont il s'agit ici (4), ne croit pas que l'inflammation phlegmoneuse des ligaments larges soit aussi fréquente que le pensent les ailleurs qui ont écrit sur ce sujet. Mais comment expliquer, dans cette manière de voir, la grande fréquence des abcès de la fosse iliaque riiez les femmes en

(1) Westminster hospit. Reports, 1838.

(2) Histoire de l'inflammation du cœcum (L' Expérience, 1839).

(•*) Des tumeurs fluctuantes du petit bassin, rte. (Itevnc médicale, juillet, août et s«plembre 1841). 1

(4i Histoire des tumeurs phlegmoneitses des fosses iliaques [Arch. qén. de méd.. 2e série 1S^9. i. (y, p. 3i> 137j 296;.

couches? M. Grisolle a malheureusement oublié, en exposant l'anatomie pathologique de l'affection, de décrire à part les cas observés chez les femmes en couches, afin d'indiquer avec soin l'état des ligaments larges. Nous savons aujourd'hui qu'un bon nombre d'abcès viennent faire saillie à la partie supérieure du vagin, et se vident même par cette voie; or on conçoit difficilement qu'il en soit si souvent ainsi si les ligaments larges ne sont pas assez fréquemment enflammés.

Telles sont donc les conditions dans lesquelles se développent les tumeurs inflammatoires dont nous nous occupons. Maintenant indiquons la manière dont se produisent les principales espèces, puis nous exposerons l'histoire générale de la maladie. 11 est bien entendu que nous ne nous occupons pas ici des inflammations anté- et rétro-utérines, puisque nous en avons donné l'histoire détaillée plus haut.

TUMEURS INFLAMMATOIRES CAUSÉES P\R LA PERFORATION DU CjEGUM OU DE L'APPENDICE CSCAL.

Dans le plus grand nombre des cas, du moins si l'on s'en rapporte aux observations citées par "Wcgcler (1), par MM. Malespine, Merling, II if (2), etc., la lésion de l'appendice caecal, qui a été cause de la maladie, est due à la présence d'un corps étranger. Ce sont des pépins de melon, un haricot, des calculs presque entièrement formés de cholestérine (3), des calculs stercoruux, et même une simple accumulation de matières fécales endurcies (Merling).

Dans un cas emprunté à la thèse de M. Maisonneuve, et rapporté par M. Bodart (4), la constipation, en interceptant la circulation dans les parois intestinales, détermina la gangrène et la perforation du caecum, et par suite une péritonite mortelle.

Le même auteur cite un fait observé par M. Becquerel chez un enfant de sepl ans qui mourut subitement après n'avoir présenté pendant la vie que des traces d'une inflammation de médiocre intensité. A l'autopsie on trouva cinq ascarides lombricoïdes étendus et placés sous le mésentère en bas et à droite. L'appendice iléo-cœcal présentait à son extrémité une ouverture arrondie étranglant complètement deux ascarides, l'un sorti au tiers, l'autre aux deux tiers.

Enfin, selon le docteur Bodart, le caacum paraît être le siège de prédilection de certaines perforations dues le plus souvent à une lésion organique du gros intestin dont elles sont le dernier phénomène, ou au phlegmon de la fosse iliaque: dans le premier cas elles ont lieu de dedans en dehors ; c'est le contraire dans le second. I, 'appendice caecal en est parfois le siège, et ce médecin cite six observations dans lesquelles cet accident survint et amena une péritonite rapidement mortelle.

Dans certaines circonstances néanmoins, on voit la lésion de l'appendice caical survenir sans cause appréciable : tels sont les cas placés par M. Merling dans sa septième section. C'est surtout alors qu'on observe la gangrène de cet appendice ; mais aussi quelquefois on rencontre une simple perforation, ou bien une sépara-

(1) Ilist. ent. malig. ot sing. calcul, concrementi (Journal de médecine de Corvisarl, t. XXVIII).

(2) Lond.rned. andsurg. Journal, avril 1822.

(3) .1. Copland, Appendice à la traduction de la l'hysiologic de Hicherand, 1829.

(4) Des perforations du cœcum et de l'appendice iléo-cœcal, thèse Paris, 18 M-

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