TUMEURS INFLAMMATOIRES DU I5ASS1K
tion d'une partie de l'appendice ou de sa totalité, de manière qu'on le trouve nageant dans le foyer, ou qu'il s'échappe par l'intestin, conime nous l'avons observé dans un cas dont nous parlerons plus tard.
Quant à la manière dont se produit la perforation du cœcum lui-môme, nous avons des renseignements beaucoup moins précis. Le docteur Albers attribue à l'accumulation et à l'endurcissement des matières fécales dans le cœcum l'inflammation, et parfois l'ulcération de cet organe. Les faits que nous possédons sur ce point sont trop insuffisants pour qu'on puisse résoudre la question, du moins quan à l'ulcération. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dans quelques cas, on trouve dans le cœcum une ou plusieurs perforations sans qu'on puisse les attribuer à l'accumulation et à l'endurcissement des matières fécales, et sans qu'il soit permis de leur assigner aucune autre cause connue.
Le rétrécissement du côlon, dans quatre cas cités par le docteur Bodart (1), amena une perforation du cœcum et par suite une péritonite mortelle.
Les symptômes précurseurs auxquels donnent lieu ces lésions, soit du caecum, soit de l'appendice iléo-caecal, sont des plus vagues. Dans la plupart des cas, les sujets se sont plaints d'un malaise léger, avec diminution de l'appétit et un peu de sensibilité du bas-ventre, mais sans se croire réellement malades.
Enfin, il survient tout à, coup une douleur vive dans la fosse iliaque droite ; celte douleur ne s'irradie pas très loin ; elle force le malade à s'arrêter, à se coucher ; les traits s'altèrent, le pouls se concentre, il y a une vive anxiété, et bientôt la tumeur inflammatoire est manifeste.
Mais est-il possible de dire, d'une manière très précise, s'il s'agit d'une perforation du cœcum ou de l'appendice ? En consultant les faits, on voit bientôt qu'on ne le peut pas. L'observation nous a, en effet, prouvé que la perforation de l'appendice cœcal peut se faire dans le tissu cellulaire postpéritonéal aussi bien que dans la cavité du péritoine elle-même ; et voici comment les choses se passent :
L'appendice, primitivement enflammé, contracte des adhérences avec le péritoine qui tapisse la fosse iliaque; puis, dans le lieu de l'adhérence, l'ulcération augmente jusqu'à ce qu'elle ait perforé non-seulement les tuniques de l'appendice, mais encore le feuillet péritonéal auquel adhère ce diverticulurn, et que la matière qu'il contient tombe dans le tissu cellulaire iliaque. Or celte perforation donne lieu aux mêmes symptômes que celle du cœcum; de sorte que, à la rigueur, la proposition précédente ne peut être contestée. Cependant il résulte des observations que nous possédons, que la perforation ou la gangrène survenue sans lésion antérieure du cœcum appréciable par nos moyens d'examen a presque toujours son siège dans l'appendice, et par conséquent, lorsque chez un sujci n'ajant présenté que les légers symptômes signalés plus haut, on verra apparaître la douleur subite qui marque le début de la tumeur inflammatoire, avec altération des traits, etc., c'est à une lésion de l'appendice qu'on sera porté à attribuer ces accidents. Au reste, ce diagnostic n'a qu'une importance très secondaire, car la connaissance du poinl précis où le mal a commencé ne pourrait changer en rien la conduite du médecin.
(I) Loc.cii.
TUMEURS DUES \ UNE I N' F f. AMM AT f ON DU TISSU CELLULAIRE DU BASSIN PAR SUITE DE LA PERFORATION D'UNE CAVITÉ NATURELLE OU ARTIFICIELLE