‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 82 sur 344 · TUMEURS INFLAMMATOIRES DU DASSIN, — CAUSES · texte numérisé non relu

TUMEURS INFLAMMATOIRES DU DASSIN, — CAUSES

puerpéral; les tumeurs inflammatoires soni en effet, en pareil cas, plus de quatre fois plus fréquentes chez l'homme. D'après les faits rassemblés par M. Grisolle, l'état puerpéral ne rétablirait même pas l'équilibre; car en comprenant Imites les conditions précédemment indiquées, on observe la maladie quarante-six fois chez l'homme et vingt-sept fois seulement chez la femme. Ces chiffres sont-ils suffisants? Kn supposant même que les observations eussent été prises avec la plus grande attention sur un nombre donné de sujels, on pourrait en douter ; mais on croira bien moins encore la question résolue, si l'on considère que, dans beaucoup de cas, des abcès du bassin, chez les femmes en couches, peuvent passer inaperçus, et que plusieurs des auteurs à qui l'on a emprunté ces observations n'ont pu voir qu'un très petit nombre de femmes dans cette condition. Les médecins qui se sont trouvés mieux placés, et qui ont apporté un grand soin dans l'exploration, ont au contraire constaté que ces affections se montrent particulièrement à la suite de l'accouchement. M. Fauvel a pu, en deux années, recueillir à l'Hôtel-Dieu, chez des femmes, une vingtaine de cas d'abcès du petit bassin, dont un bon nombre auraient pu passer inaperçus, sans une exploration des plus attentives. Dans l'arlicle consacré aux phlegmons péri-utérins, nous en avons cité des exemples nousmême.

D'après les cas rassemblés par M* Grisolle, les primipares seraient plus exposées que les autres accouchées à l'affeclion dont il s'agit. Ce fait avait déjà été constaté par M. Piotay.

Ces tumeurs ont été trouvées plus souvent à droite qu'à gauche, ce qui tient sans doute à l'influence du caecum sur la maladie ; car si l'on ne considère que les tumeurs des femmes en couches, on les trouve plus souvent à gauche qu'à droite. ^ La constipation est, d'après quelques auteurs, une cause prédisposante digne d'attention. Nous avons vu plus haut ce qu'on a dit de l'irritation produite par l'accumulation des matières fécales dans le caecum, sur les parois de cet intestin.

2° Causes occasionnelles.

Nous avons vu ci-dessus que les lésions de l'appendice du cœcum et du cœçum lui-même peuvent être produites par la présence de corps étrangers, et que c'est là, clans un certain nombre de cas, la cause primitive de toute la maladie: mais la vraie cause occasionnelle de l'affection qui nous occupe est, en pareille circonstance, la perforation. On a cité des cas où un coup, une chute sur le ventre, une violence extérieure quelconque, ont donné lieu aux tumeurs inflammaloires dont il s'agit.

On a admis, comme causes occasionnelles, Y action du froid, les écarts de régme un excès quelconque, les malades étant placés sous l'influence des causes prédisposantes que nous avons indiquées. Mais le degré d'action de ces dernières causes est loin d'être rigoureusement déterminé. Enfin il est un certain nombre de cas où l'on I10 peut p;is découvrir de « anse occasionnelle, car les violences exercées <lans les manœuvres de l'accouchement, la longueur du travail, etc., ont été plutôt omises comme ayant une influence très probable, ce qui ne peut être nié nue pomme ayant été mises hors de doute par l'observai ion.

§ III. — Symptômes.

Une fois la tumeur inflammatoire produite, presque tous les symptômes des diverses espèces sont les mêmes. Le siège seul y apporte des modifications impor-

tantes.

La douleur est ordinairement vive et se montre dès le début. Cependant, parmi les faits rapportés par M. Grisolle, il en est huit dans lesquels cesymptômé ne s'est montré qu'au bout d'un on de plusieurs jours, et quatre malades ne l'ont éprouvé que plus tard. La douleur spontanée est variable dans son intensité; chez quelques sujets elle est seulement sourde, gravative ; chez la plupart il se joint à cette douleur continue des douleurs lancinantes, pulsatives, qui s'irradient plus ou moins loin dans l'abdomen, la cuisse correspondante, le périnée. Parfois ces parties ne. sont le siège que d'un simple engourdissement. On a remarqué assez souvent que les malades ne rapportaient pas le siège de la douleur au point précis occupé par la tumeur inflammatoire, quelques-uns se plaignent d'une douleur dans tout le ventre ou dans l'Iiypogastre, lorsque la région inguinale est. le siège du mal.

La douleur à la pression donne des renseignements plus précis encore. Ainsi, dans un point de l'abdomen (la fosse iliaque droite pour les abcès résultant des altérations du caecum et de son appendice; l'une des deux fosses iliaques, un point de l'hypogastre pour les autres), on détermine par la palpation une douleur vive, ordinairement intolérable, et qui arraché des plaintes au malade. Les secousses de la toux; les mouvements du tronc, et surtout ceux de la jambe, lorsque l'abcès occupe la fosse iliaque, exaspèrent considérablement la douleur. Aussi les malades tiennent-ils à demi fléchi le membre inférieur du côté malade, et redoutent-ils beaucoup les mouvements d'extension qu'on veut lui communiquer.

Dans les premiers temps on trouve, dans le point occupé par l'inflammation, une tumeur un peu dure, rénitente, sans bosselures, sans battements et sans changement de couleur à la peau. Cette tumeur est d'un volume très variable; mais en général elle occupe une très grande étendue et remplit toute une fosse iliaque, sans laisser d'intervalle entre elle et l'os des iles. Dans un cas dû à une perforation du caecum, et pour lequel nous avons été appelé par M. Manec avec d'autres médecins de la Salpèlrière (le malade étant employé dans cette maison pendant que nous y faisions un service), nous trouvâmes toute la fosse iliaque droite et l'hypogastre, jusqu'à la ligne médiane, occupés par une tumeur résistante telle que nous venons ) de la décrire. Dans un autre cas que nous avons observé à la Pitié, et qui s'est montré chez une femme en couches, la tumeur dépassait beaucoup celte ligne médiane, et avait par conséquent un volume énorme.

Cette tumeur est presque toujours immobile, et dans les cas où l'on peut lui imprimer des mouvements, ceux-ci sont toujours très bornés.

La percussion, pratiquée avec ménagement, donne un son mat dans toute l'étendue delà tumeur, et ce son mat contraste avec le son lympauique rendu par les parties environnantes.

Parfois la maladie, après avoir persisté ainsi pendant un temps variable, mais qui n'est pas fort long, se dissipe peu à peu. On voit d'abord la tumeur devenir moins douloureuse, puis diminuer de volume, et finir par disparaître sans laisser r

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