TUMEURS INFLAMMATOIRES DU MSSIN. — SYMPTÔMES
de trace, ou ne laisser qu'un petit noyau dur et indolent, qui disparaît lui-même au bout d'un temps plus ou moins long.
Mais le plus souvent les choses se passent autrement, la tumeur suppure, et do là des symptômes nouveaux.
Les signes généraux qui indiquent la formation du pus ne se montreur pas, à beaucoup près, dans tous les cas, ou du moins on ne les a notés, d'après les faits rassemblés par M. Grisolle, que chez un tiers des sujets. Ce sont, comme on sait, des frissons irréguliers, une exacerbât ion de la fièvre le soir, des sueurs générales, surtout pendant le sommeil.
Les signes looauxSQVà le ramollissement de la tumeur, la fluctuation, la rougeur de la peau lorsque le pus a de la tendance à se porter à l'extérieur, et, dans le même cas, une saillie en pointe d'une des parties de la tumeur. Quelquefois même, comme dans un cas que nous avons observé en IH/16 à l'Hôtel-Dieu annexe, on voit la peau s'amincir en divers endroits et des saillies se former sur plusieurs points de la tumeur.
Dans un certain nombre de cas qu'il n'est pas encore possible de déterminer, les signaux locaux de la suppuration se font remarquer à la fois du côté de l'hypogastre et dans le vagin. En portant le doigt dans le conduit, on sent, en effet, une fluctuation plus ou moins manifeste, et parfois même une saillie fluctuante qui descend jusqu'au milieu du vagin. D'autres fois la tumeur, au lieu de conserver son volume en devenant fluctuante, s'affaisse plus ou moins promptement, et alors encore on peut sentir, dans quelques cas, la fluctuation dans le vagin. On voit par là combien il est important de pratiquer le toucher vaginal dans tous les cas do tumeur inflammatoire du bassin.
Suivant M. Grisolle, la suppuration serait plus longtemps à s'établir dans ces tumeurs que dans les autres tumeurs inflammatoires qui ont leur siège dans le tissu cellulaire. Mais il faut seulement entendre par là que la fluctuation devient moins promptement appréciable, ce qui s'explique par la profondeur de l'abcès. Ainsi, dans les cas où il y a une perforation d'un organe qui verse dans le tissu cellulaire environnant un liquide septique, on ne peut douter que la suppuration ne se produise très promptement; et néanmoins, dans le cas cité plus haut, la fluctuation ne s'est jamais montrée d'une manière sensible. Or, on verra que l'existence d'un abcès n'a pas été douteuse, quoique le malade ait guéri.
Dans d'autres circonstances, la maladie semble vouloir se terminer par résolution; mais la tumeur ne se dissipe qu'imparfaitement : elle est encore dure, un pou douloureuse, reste ainsi pendant un temps très long, et finit ensuite par disparaître rapidement. Nous avons vu à l'Hôtel-Dieu annexe un cas de ce genre. La malade, récemment accouchée, avait présenté tous les symptômes d'un phlegmon de la fosse iliaque; au bout de quelques semaines, la douleur se calma un peu, la tumeur diminua et duixit beaucoup, sans avoir présenté de fluctuation. La malade resta ainsi plus de trois mois, ne pouvant pas se lever, parce que les mouvements du membre inférieur causaient de la douleur dans le point malade. Au bout de ce temps, on constata, du jour au lendemain, une diminution de plus d'un tiers dans le volume de la tumeur, et en même temps l'écoulement d'un pus blanc, épais, bien lié, par le vagin, dont les parois étaient rouges et granulées. L'exploration la plus attentive ne put néanmoins faire découvrir dans ce conduit ni tumeur fluctuante, ni permis;
MALADIES DES PEMMiîS.
mais tout parle* croire qu'il existait une petite ouverture par laquelle s'écoulait le pus, car, à dater de ce moment, la tumeur alla rapidement en diminuant, et la mal Inde fut proraptement guérie d'une affection qui durait depuis près de cinq mois. Il n'y avait eu, dans ce cas, aucun signe local de suppuration, pas même l'empâtement des téguments.
Les symptômes généraux qui accompagnent ces tumeurs inflammatoires sont en général assez intenses. Dans les cas où il y a mie perforation, ils sont très violents dès le début. La fièvre s'allume, le pouls est très fréquent, ordinairement petit, serré; il y a souvent du frisson, du froid des extrémités, suivi ensuite d'une chaleur élevée. L'anxiété est grande; les douleurs empêchent le malade de dormir; les traits sont altérés. Du côté du tube digestif, on a observé quelquefois des vomissements bilieux, ùesvomitimtions, une soif vive, une constipation qu'il n'est pas cependant difficile de vaincre dans la plupart des cas.
Lorsque l'affection se développe à Ja suite de l'inflammation d'un organe pelvien, les symptômes généraux préexistants augmentent seulement de violence, et lorsque la tumeur inflammatoire se produit primitivement dans le tissu cellulaire de cette région, le mal, qui se manifeste d'abord par des symptômes locaux, allant toujours en augmentant, la fièvre s'allume et prend souvent une intensité aussi grande, que dans les cas que nous avons cités les premiers. La constipation est remarquable, surtout lorsque la tumeur occupe la fosse iliaque gauche ou une partie plus centrale du petit bassin.
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
La marche de la maladie est presque toujours rapide dans les premiers temps. Puis, ainsi que nous l'avons vu plus haut, elle peut rester stationnaire plus ou moins longtemps, et enfin nous allons voir, en parlant des terminaisons, point des plus importants dans l'histoire des tumeurs inflammatoires du bassin, que les choses se passent très différemment, suivant que la maladie se termine de telle ou telle manière.
La durée de la maladie, par suite également de la grande différence des terminaisons, est fort variable. On peut dire néanmoins, d'une manière générale, qu'elle est assez considérable. Les cas où la maladie se termine par résolution sont ceux dont la durée est la plus courte, cl néanmoins les femmes ne sont pas parfaitement rétablies avant deux ou trois semaines. La perforation de l'abcès et le passage du pus dans le péritoine abrège la durée de la maladie, en produisant une péritonite promptement mortelle. Dans tous les autres cas, il faut un ou plusieurs mois pour que la maladie soit terminée.
Terminaisons. — Nous avons vu plus haut que la terminaison par résolution esj la plus rai e, et que la tumeur suppure ordinairement. Or, lorsque la tumeur a suppuré, la maladie se termine de diverses manières, qui toutes ont la plus grande importance.
L'évacuation du pus peut avoir lieu par plusieurs voies. Ainsi l'abcès s'ouvre dans l'intestin : soit dans le caecum, soit dans l'S iliaque. L'affaissement de la tumeur cl la présence du pus dans les selles sont les signes auxquels on reconnaît le passage du pus dans l'intestin. Une diarrhée plus ou moins abondante, avec colij