‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource] (volume 2)Chapitre 91 sur 344 · ENGORGEMENT DES MAMELLES · texte numérisé non relu

ENGORGEMENT DES MAMELLES

Quelque soit le sens que l'on attache au mot engorgement, et quelle que soit la théorie à l'aide de laquelle on explique l'intumescence rapide d'un organe comme la mamelle, il n'en faut pas moins accepter comme certain que cet organe augmente rapidement de volume, et devient cause de gêne et de douleurs dans diverses circonstances. Il y a un engorgement physiologique, suivant l'expression de M. Velpeau, c'est celui qui survient à l'approche des règles, surtout chez les jeunes femmes et chez les demoiselles. La grossesse et certains troubles menstruels sont aussi des circonstances qui amènent des changements dans le volume des seins. Dans ces cas, dit M. Yelpeau (1), « la gorge prend un excès de volume, de densité, de sensibilité notable dans l'espace de quelques jours, et souvent de quelques heures. A

(1) Traité des maladies du sein, 2e édition. Paris, 1858, p. 186.

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cet excès de volume se joignent un peu pins de chaleur et un peu plus de sensibilité qu'à l'ordinaire; le mamelon proémine, se colore davantage, et la teinte brune de sou auréole augmente en même proportion Toute la mamelle, en un mot, éprouve un excès de tension. Cet engorgement que j'appelle physiologique, parce qu'il se rattache aux fonctions même du mystère génital, et qu'il ne mérite pas en réalité le nom de maladie, se dissipe presque toujours au bout de quelques heures ou de quelques jours ; indisposition très passagère, rarement il se prolonge au delà d'une semaine. Comme certaines femmes en sont cependant assez incommodées, il est bon de savoir qu'on le calme, qu'on l'éteint, à l'aide de topiques, soit résolutifs, soit stupéfiants, ou narcotiques. Des linges imbibés d'eau de Saturne, des onctions avec les liniments ou la pommade chargés de préparations opiacées, de belladone ou de jusquiame, en triomphent d'ordinaire très rapidement. Quelques bains mucilagineux, un peu de camphre en lavement et des boissons acidulées le calment également. On n'en viendrait à l'opium, à une saignée, à des sangsues autour du sein, que si les mamelles étaient assez sensibles pour causer de l'insomnie. »

Nous ne parlerons pas ici de l'engorgement chronique qui le plus souvent masque un travail inllammatoire sourd et profond, ou le développement d'une affection organique de la mamelle.

ARTICLE V

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