DOULEURS NÉVRALGIQUES DES MAMELLES
mittentes ou rémittentes, s'exacerbant à de certaines heures; quelquefois elles sont franchement intermittentes et reviennent à époque, fixe. L'intensité de ces douleurs varie considérablement; elles sont tantôt profondes, confuses, vagues; d'autres fois excessivement intenses, et réclament l'intervention active de l'art. Il ne paraît pas que ces douleurs soient fréquemment accompagnées de fièvre. La marche de cette affection est variable. Ce qu'on en peut dire de plus certain, c'est que deux grandes causes en modifient la durée et l'intensité, c'est l'état de l'esprit el celui des fonctions menstruelles, dont le retour peut mettre lin à la maladie.
Le pronostic doit donc se tirer ici de circonstances prises en dehors de l'état de la mamelle elle-même. Si l'on a affaire à une jeune femme bien constituée dont les règles éprouvent du retard, on n'ignorera pas que le retour de ce flux peut faire cesser les accidents. S'il s'agit d'une femme de quaraute à quarante-cinq ans, arrivée à l'époque de la ménopause, le pronostic sera moins favorable et ne s'appuiera que sur des données incertaines. Si la débilité de la constitution, la chlorose, paraissent dominer l'état local, on aura dans la thérapeutique les moyens de modifier le pronostic. On ne cite pas d'exemples de névralgies de la mamelle ayant eu une issue funeste.
§ IV. — Traitement.
Nous empruntons à M. Veîpeau les indications suivantes pour le traitement (1) : « On a à invoquer ici les mêmes secours que pour toute autre névralgie : les bains » généraux gélatineux, alcalins, sulfureux ; les narcotiques h l'intérieur ; le bis- » muth, le zinc, les antipériodiques, le sulfate de quinine en particulier ; les eaux, » les préparations ferrugineuses ; tout ce qui peut régulariser la menstruation, le * mariage, les distractions, les voyages, les changements d'habitude ou de ré-
» gime » Le médecin doit s'appliquer avant tout à calmer les inquiétudes des
malades et les soustraire à l'idée qu'elles se font de la gravité et de l'incurabilité de leur maladie. Les moyens locaux qui paraissent avoir donné les meilleurs résultats sont les frictions avec le liniment ammoniacal, avec une pommade belladonée, les petits vésicatoires volants, etc. M. Velpeau recommande comme très efficace une pralique, fort simple du reste, qui consiste dans un bandage destiné à tenir relevée la mamelle et à la comprimer légèrement. Ce moyen a suffi dans plusieurs cas pour amener un soulagement notable, et même pour faire disparaître les douleurs névralgiques.]
(1) Traité des maladies du sein, p. 323.