LÉSIONS DIVERSES DU PÉRICARDE
11 y a quelques autres lésions du péricarde que nous devons nous borner à mentionner; elles n'ont point, en effet, d'intérêt réellement pratique. Les plaques cartilagineuses, ossi formes, qui ont été si bien décrites par M. Bizot; des granulations tuberculeuses que l'on a observées dans quelques cas ; le cancer, rencontré par Laennec, MM. Cruveilhier, Andral, Bouillaud, etc. ; les kystes séreux, dont quelques médecins des siècles derniers ont cité des exemples; les ulcérations, qui, dans le plus grand nombre de cas, n'étaient probablement que de fausses membranes offrant une disposition particulière : telles sont les altérations anatomiques que l'on a rencontrées quelquefois dans le péricarde, mais qui, dans l'état actuel de la science, sont presque exclusivement du domaine de l'anatomie pathologique , car les symptômes auxquels elles peuvent donner lieu sont fort peu connus.
Parmi les maladies organiques du cœur, nous avons signalé les vices de conformation, les altérations congénitales. Il n'existe pas d'altérations congénitales ou de vices de conformation du péricarde qui méritent une description particulière. Nous passons donc immédiatement à la description des palpitations nerveuses, affection purement fonctionnelle, et dont le siège dans l'organe central de la circulation ne pouvait par conséquent pas être précisé.
APPENDICE
Palpitations nerveuses du cœur.
§ I. — Définition.
Nous avons vu dans les articles précédents à combien de lésions organiques se rapportent, les palpitations du cœur. Il nous reste maintenant à parler de celles qui se montrent sans lésions apparentes. Les recherches à ce sujet sont très peu précises. On s'est borné à tracer l'histoire de celle maladie d'après des impressions générales, et les auteurs, dans leurs articles, n'ont fait que répéter ce qui avait été
(1) Loc. cit.
MALADIES DES VOIES CIRCULATOIRES, «lit par leurs devanciers. On ne recueille point d'observation* rte n9i >. .• veuses du cœur, et il serait par conséquent impoS~^& Z vérifier les assertions de ces auteurs. Contentons-nous donc dSLt rSemen les principaux caractères de cette affection. 1 ap.aeineni
§ H. — Causes.
On a rangé parmi les «des palpitations nerveuses du cœur Vhvstérie
I hypochondrie, l'aménorrhée, les flueun blanche,, les excès de ml eEe i entre autres les exc S de boissons alcooliques, une contention Jw lo'gtemp prolongée a nostalgte, toutes les ^ons wom^ ^ ^ ' ^ fluence réelle de ces causes ? dans quelle proportion des cas se fait-elle sentir? C'est ce que nous ne pouvons pas déterminer, car rien n'a été fait à ce sujet. On n'admet pas aujourd hui l'existence de palpitations qui seraient particulières aux étudiants comme 1 avaient pensé quelques médecins d'Édimbourg.
§ III. — Symptômes.
Les symptômes des palpitations sont fort simples, car ils consistent presque uniquement dans les battements exagérés du cœur. Ces palpitations, qui souvent surviennent tout à coup pour la plus légère cause, et qui, ainsi que l'a fait remarquer Laennec, se montrent plus particulièrement au commencement de la nuit, et troublent le premier sommeil, consistent dans une augmentation d'impulsion et de fréquence des battements normaux du cœur, et dans une plus grande sonorité des bruits. La région précordiale est soulevée, le malade entend très distinctement son cœur battre, et, ce qui est plus important encore à noter, il en sent les pulsations.
Suivant Laennec, «un sentiment d'agitation intérieure, et surtout dans la tête et dans l'abdomen, est inséparable de cet état, qui ne diffère de la fièvre qu'en ce qu'il n'est pas précédé de frissons ni suivi de sueur, et que la chaleur de la peau reste naturelle. » Mais la comparaison me paraît un peu forcée, caries différences sont, comme on le voit, très considérables.
M. Bouillaud a remarqué que les palpitations sont quelquefois accompagnées d'un léger bruit de souffle qui disparaît aussitôt que le cœur est revenu à son état de calme. C'est au premier temps que se fait entendre ce bruit anormal.
Lorsque les palpitations sont très violentes, le malade éprouve à la région précordiale un malaise indéfinissable ; il est porté, malgré lui, à comprimer cette partie, et, suivant M. Bouillaud, il y a quelquefois une tendance marquée aux défaillances et à la sy?icope.
II existe souvent des douleurs intercostales, ayant surtout de l'intensité vers la région précordiale. M. Sandras (1) attribue à une névralgie du cœur l'existence de battements tumultueux joints à celte douleur précordiale. Mais le fait n'est pas démontré. Dans un cas observé par ce médecin, un vésicaloire avec la morphine enleva la maladie. Nous pensons qu'il ne s'agissait dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, que de palpitations nerveuses compliquées de névralgie intercostale.
(1) Journal des connaissances méd.-chir., octobre 1848.