‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 111 sur 306 · ANGINE DE POITRINE. — CAUSES · texte numérisé non relu

ANGINE DE POITRINE. — CAUSES

Quoique l'on connaisse un assez grand nombre d'exemples d'angine de poitrine, on ne peut pas dire que sa fréquence soit grande. Elle l'est beaucoup moins qu'on ne le croirait, si l'on acceptait sans examen toutes les observations fournies par les auteurs; car les nuances qui existent entre l'angine de poitrine et d'autres affections nerveuses sont, comme on le verra plus loin, si légères, que les erreurs de diagnostic ont été fréquentes.

§ II. — Causes.

1° Causes prédisposantes.

Age. — Suivant les recherches rigoureuses de M. Lartigue, l'angine de poitrine, qui, selon les autres auteurs, aurait son maximum de fréquence à l'époque de la vie comprise entre quarante et cinquante ans, ne se montre pas dans l'enfance, est très rare avant vingt-cinq ans, puis augmente de fréquence jusqu'à cinquante ans, devient très fréquente de cinquante à soixante, et diminue ensuite notablement.

Sexe. — Les hommes en sont plus fréquemment affectés que les femmes, et cela dans une proportion très considérable (:: 11 : 1).

V hérédité a été admise d'après quelques faits qui, ainsi que le fait remarquer M. Lartigue, ne sont pas parfaitement concluants.

Professions. — Les professions manuelles prédisposent moins à l'angine de poitrine que les autres. M. Lartigue a constaté que, parmi les faits connus, il y en a une proportion considérable qui ont été observés chez les prêtres. Suivant le docteur Carron, cette affection se montre plus fréquemment dans les villes que dans les campagnes.

Nous ne savons rien de précis sur l'influence de la constitution et du tempérament. L'affection est plus fréquente dans les climats froids et humides que dans les climats chauds.

On a regardé le vice rhumatismal et le vice goutteux comme une des causes prédisposantes les plus puissantes.

2° Causes occasionnelles-

Dans presque tous les cas, la première attaque s'est produite au moment où les sujets marchaient contre lèvent, montaient un escalier. On l'a vue se manifester pendant Yaction de se raser; après un excès alcoolique, un accès de colère, une violence extérieure.

Les causes déterminantes des accès suivants sont de la même nature ; mais, à mesure que la maladie fait des progrès, il suffit d'une cause de plus en plus légère. Ainsi l'on voit l'accès se produire au moindre faux pas, dans un simple mouvement, les efforts de toux, dans l'acte de la défécation, dans le coït, etc.

§ III. — Symptômes.

D'après ce qui vient d'être dit, le début est presque toujours brusque. Les malades sont le plus souvent atteints de leur premier accès au milieu d'une très bonne santé, ou s'ils éprouvaient les symptômes d'une maladie antérieure, ces sym-

-'){) MALADIES DES VOIES ClûCULATOlRKS.

plûmes ne s'étaient nullement aggravés peu de jours avant l'invasion de l'angine de poitrine.

La douleur est le symptôme capital de celte maladie. Elle marque le début de l'attaque. Rarement son apparition est précédée d'un malaise général, d'une inquiétude plus ou moins grande, d'un bouillonnement vers l'hypoebondre gauche

Celte douleur se fait sentir derrière le sternum, à sa partie inférieure, au niveau de la région précordiale, et c'est là que les malades la ressentent tout d'abord. Dans quelques cas cependant, on l'a vue débuter dans le bras, dans le cou, surtout lorsqu'il existe une névralgie bracbio-thoracique.

Suivant M. Lartigue, la douleur ne peut exister que du côté gauche, et cet auteur, regardant l'angine de poitrine comme une névralgie des nerfs cardiaques, ne pouvait pas, en effet, admettre qu'il en fût autrement. Cependant Laennec à cité un cas où la douleur poignante était à droite, et nous-même, à l'époque de la publication de notre Traité des névralgies, nous signalâmes un cas dans lequel la douleur se faisait sentir dans le quatrième espace intercostal du côté droit. Malheureusement nous ne sommes pas entré dans de plus longs détails, et, n'ayant pas de notes, nous ne pourrions plus aujourd'hui compléter cette observation.' C'est une nouvelle preuve de la nécessité d'entrer dans tous les détails nécessaires quand on rapporte les faits.

Quoique le siège de la maladie soit un peu à gauche du sternum, elle ne laisse pas de se faire sentir du côté droit; car, suivant Fothergill, elle se porte le long d'une ligne qui irait d'une mamelle à l'autre.

La douleur est poignante; les malades éprouvent un sentiment de constriction ; quelques-uns se plaignent d'une douleur pongitive. Ce qu'il faut surtout noter, car c'est un caractère général, c'est la violence extrême de cette douleur, qui est telle qu'au rapport des malades on ne peut pas en imaginer une plus grande.

Cette douleur peut rester fixée au sternum. Assez souvent elle s'étend au reste de la poitrine, au cou et au bras correspondant. Il résulte des recherches de M. Lartigue que, dans ces derniers points, la douleur est beaucoup moins vive, et ne consiste le plus souvent qu'en un sentiment de torpeur, d'engourdissement, en quelques picotements ou fourmillements, etc.

Etat des voies respiratoires. — Il faut prendre garde, quand on examine les symptômes fournis par les voies respiratoires, d'attribuer à l'angine de poitrine ce qui n'est que le résultat d'une complication;, ou bien, d'après M. Lartigue, ce qui appartient à une autre maladie. L'angine de poitrine peut survenir chez des personnes qui ont la respiration gênée par suite d'un emphysème, d'une affection du cœur, etc. ; mais la gêne de la respiration n'est pas un caractère essentiel de celte affection. Au moment où la douleur se manifeste, la respiration reste suspendue, parce que les malades n'osent pas respirer; et s'ils redoutent la suffocation, c'est qu'ils craignent la durée de cette angoisse dans laquelle ils n'osent pas faire un mouvement d'inspiration. Il en est, au contraire, quelques-uns qui éprouvent le besoin de faire des inspirations profondes; les cas de ce genre sont rares. Cependant il n'est pas douteux que, dans un certain nombre de cas, la respiration ne soit gênée, bien que les signes de l'angine de poitrine soient évidents, et que l'on ne trouve ni dans une lésion du poumon ni dans une lésion du cœur la cause de la dyspnée. Suivant M. Lartigue, c'est qu'alors l'angine de poitrine est en quelque

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