‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 116 sur 306 · SITUATION ET RAPPORTS DE L'AORTE A L'ÉTAT NORMAL · texte numérisé non relu

SITUATION ET RAPPORTS DE L'AORTE A L'ÉTAT NORMAL

Nous proposant, dans la description de l'anévrysme, de diviser l'aorte en trois parties dans lesquelles cette affection présente des caractères particuliers, nous croyons devoir suivre ici cette division.

t° Aorte ascendante et crosse. — On donnait autrefois le nom de crosse de l'aorte à toute la partie de ce vaisseau comprise entre son origine et la fin de sa courbure. Aujourd'hui l'on appelle aorte ascendante la portion qui, de la sortie du cœur, se porte jusqu'à la courbure, et l'on réserve le nom de crosse de l'aorte à la courbure elle-même.

L 'aorte ascendante, renfermée dans le péricarde à son origine, sort du ventricule gauche derrière l'artère pulmonaire, dont elle croise la direction de gauche à droite, de telle sorte qu'elle ne devient bien apparente que dans un point du sternum correspondant au milieu ou au tiers inférieur du second espace intercostal. Masquée par l'artère pulmonaire dans toute l'étendue de son trajet, elle est en rapport intime avec celle dernière, à laquelle correspond son grand sinus, ou sinus antérieur; de telle sorte qu'une tumeur anévrysmale qui aurait son siège dans ce point exercerait nécessairement une compression marquée sur le tronc de l'artère à sang noir ; nous en citerons plus loin un exemple. La partie postérieure de cette portion

(I) Voy. Velpeau, Traité d'anatomie chirurgicale. Paris, 1837, 2 vol. in-8. — Dubreuil, Des anomalies artérielles. Paris, 1847, p. 21 , 192 et suiv.

2f)/| MALADIES DES VOIES CIRCULATOIRES.

correspond à la colonne vertébrale, et est voisine de l'aorte descendante et de l'œsqi pliage, de manière qu'un anévrysme qui occuperait ce point pourrait comprime] ces canaux et agir sur la colonne vertébrale; mais nous n'en avons pas trouvé d'exemples dans les auteurs. Quant à nous, nous avons observé un anévrysme de cette partie qui causait de très vives douleurs dans l'œsophage, et vers la cinquième et la sixième vertèbre dorsale.

Plus haut, l'aorte ascendante nous offre une direction et des rapports plus importants à considérer. Dégagée de l'artère pulmonaire, elle monte le long du sternum, occupe la portion droite de cet os, et n'est séparée de lui que par le médiastin antérieur. Quelquefois elle déborde un peu le bord droit du sternum, mais non d'une manière considérable, ce qu'il faut avoir présent à l'esprit. Elle remonte ainsi jusqu'à un point correspondant à peu près au milieu du premier espace intercostal, où 'commence véritablement la courbure. Dans cette partie de son trajet, qui, d'après les observations que nous avons rassemblées, est, avec le' commencement de la courbure, le siège le plus fréquent de l'anévrysme, l'aorte est en rapport, en avant, d'abord avec l'oreillette droite, mais dans une petite partie de son étendue seulement, puis avec le sternum et les articulations costo-stemalcs droites. En arrière, elle a à peu près les mêmes rapports que la portion précédente; lotilcfois il faut remarquer que, située plus à droite, elle croise l'origine de la bronche droite et l'artère pulmonaire du même côté, et qu'elle a un rapport moins immédiat avec la veine azygos. A droite, les rapports sont tout aussi importants, puisque l'aorte est côtoyée par la veine cave supérieure, qui lui est un peu postérieure. Les nerfs qui plongent dans la poitrine ne sont pas avec elle en rapport immédiat. Enfin, à gauche , l'aorte ascendante se trouve encore en contact avec l'artère pulmonaire, par suite du mouvement qu'ont fait ces deux vaisseaux : l'artère pulmonaire, pour devenir postérieure, d'antérieure qu'elle était; et réciproque^ ment. Jusqu'à présent donc l'aorte se trouve principalement en contact avec l'artère pulmonaire; aussi verrons-nous que c'est dans ce point que se rencontré presque toujours l'anévrysme variqueux.

La crosse ou courbure a pour principal rapport d'être à cheval sur la trachéeartère, peu avant la division de ce canal. Par sa partie postérieure, et déplus par sa concavité oti son bord inférieur, elle répond à la trachée, et aussi, quoiqu'un peu moins immédiatement , à la partie droite des premiers anneaux de la bronche gauche, au moment où l'artère va se placer sur le côté gauche de la colonne vertébrale, pour devenir descendante. Le bord inférieur de la courbure est, de plus, en rapport avec la partie la plus élevée de l'artère pulmonaire avant sa division. Ses rapports avec le nerf vague sont moins intimes; mais il y a cette particularité remarquable, que le nerf récurrent l'embrasse par sa partie inférieure, pour remonter vers le larynx en la contournant. Par sa partie antérieure, la courbure aortique est en rapport avec le sternum, dont elle n'est séparée que par une petite quantité de tissu cellulaire, et son bord supérieur, qui donne naissance aux artères de la partie supérieure du corps, est côtoyé, dans une assez grande partie de son étendue, par le tronc veineux brachio-céphalique gauche, qui la sépare du creux sus-sternal. Remarquons, dans cette disposition, les rapports avec le steri num favorables au développement d'une tumeur externe; le conlacl avec le tronc veineux brachio-céphalique favorable à la formation de l'anévrysme variqueux, et

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