‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 117 sur 306 · RAPPORTS DE L'AORTE A L'ÉTAT NORMAL · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE L'AORTE A L'ÉTAT NORMAL

mnt la situation de l'artère sur la trachée, qui rend souvent compte de la Par la compression, et qui favorise l'ouverture du sac ane- 'vC dans les voies respiratoires. Le commencement de la courbure, ainsi que H ^ — te du vaisseau, n'est pas en rapport tout à fait immédiat avec le poumon droit, tandis que l'extrémité de la crosse est en contact avec le sommet du

P°ZT sommes entré dans d'assez grands détails sur les rapports de la première nortion du vaisseau, parce que cette portion étant le siège du plus grand nombre des anévrysmes, et les tumeurs anévrysmales qui l'affectent donnant lieu a des symptômes très variés, il est de toute nécessité, pour suivre la marche de la maladie et pour porter un diagnostic précis, de pouvoir, par la pensée, se représenter la situation respective des organes comprimés, perforés ou corrodés par la tumeur artérielle.

2° Aorte pectorale descendante. — Celte seconde portion, qui commence au moment où l'artère, après avoir fourni la sous-clavière gauche, se recourbe de nouveau pour descendre vers l'abdomen, se trouve à la partie postérieure de la poitrine, de telle sorte que la crosse a une direction oblique de droite à gauche et d'avant en arrière, et que sa naissance seule est très voisine du slernum. Presque immédiatement après son origine, l'aorte pectorale descendante passe derrière la bronche gauche, qu'elle croise, et descend le long du côté gauche des vertèbres, en se rapprochant un peu de la ligne médiane à mesure qu'elle devient plus inférieure. Dans ce trajet, elle a, en avant, d'abord la bronche gauche qu'elle a contournée, puis le péricarde; en arrière, la partie gauche du corps des vertèbres; à droite, l'œsophage et le canal thoracique, et plus loin la veine azygos; à gauche, la plèvre et le bord postérieur du poumon gauche. Cette situation est, comme on le voit, favorable : l"à la forma tiou d'une tumeur au côté gauche de la colonne vertébrale et à la destruction du corps des vertèbres et de la tête des côtes ; 2° à la compression du poumon gauche et à la rupture de l'anévrysme dans la plèvre; 3" à la compression de l'œsophage dans le cas où la tumeur s'étendrait à droite; et W enfin à la communication de l'anévrysme avec le péricarde.

3° Aorte ventrale. — Elle commence entre les deux piliers du diaphragme, lieu où elle pénètre dans l'abdomen, et, suivant le corps des vertèbres en devenant médiane, elle va se terminer en se bifurquant au niveau de la quatrième ou de la cinquième vertèbre lombaire. Dans ce trajet elle est en rapport, en avant et à gauche, avec le péritoine, l'estomac et l'intestin grêle ; en arrière avec la partie antérieure du corps des vertèbres, et à droite avec la veine cave inférieure, mais non d'une manière aussi intime dans toute son étendue. En haut, en effet, les deux vaisseaux ne font que marcher côte à côte, tandis qu'en bas l'artère passe sur la veine au niveau de la bifurcation. Il suffit de jeter un coup d'œil sur cette disposition pour voir : 1° que le tube digestif doit éprouver l'influence des tumeurs développées en avant et à gauche, bien que leur mobilité ne les y rende pas aussi sensibles que les autres organes ; 2° que la compression de la veine cave inférieure doit être la conséquence des anévrysmes développés à droite, et même en arrière, si le siège de la maladie est très inférieur, et que l'anévrysme variqueux est encore possible, surtout dans ce dernier point ; 3" que l'usure des vertèbres peut être encore le résultat de l'anévrysme de la partie postérieure, mais qu'une tumeur

dans la région lombaire doit se former difficilpmpni h ™«i i . particulières. aimcnement, à moins de circonstances

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ARTICLE IL

AORTITE AIGUË.

Malgré les recherches faites par un assez grand nombre d'auteurs depuis Morgagn, 1 aor île aigue est une des affections les plus obscures du cadre nosologi (n

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.dent,ques, d où ,1 résulte que chacun ayant observé des affections différentes les

signes qui, d après ces descriptions, caractérisent la maladie, sont extrêmement dissemblables, d un autre côté, ou a presque toujours, sous le nom d'inflammation, décru toutes les altérations qui se rencontrent dans le vaisseau, et il suffît de signaer ce fait pour montrer quelle confusion règne nécessairement dans l'histoire de I aortite, puisqu'il est prouvé aujourd'hui qu'un grand nombre de ces altérations appartiennent aux progrès de l'âge.

Quoique les éléments de la description qui va suivre soient peu nombreux, nous croyons cependant qu'il est utile de séparer Yaortite aiguë de toutes les lésions qui se montrent à l'état chronique, ne fût-ce que pour tracer un cadre qui sera par la suite plus facilement rempli par l'observation.

^ Fréquence. — Si l'on ne regarde point comme des cas d'aortite aiguë ceux où l'on a trouvé des ulcérations, des incrustations, etc., on voit bientôt que cette affection est très rare. Peut-être cependant l'est-elle un peu moins qu'on ne pour rait le supposer au premier abord; car, étant difficile à diagnostiquer, et les médecins n'en connaissant pas très bien les symptômes, il est permis de croire qu'on en a laissé passer souvent des cas inaperçus.

Causes. — Nous ne savons rien de bien positif sur les causes de cette maladie. Suivant Pierre et Joseph Frank (1), l'inflammation aiguë de tout le système artériel est plus commune chez les hommes que chez les femmes, et les principales causes occasionnelles sont les affections morales, une course précipitée et la suppression de la transpiration. Mais il suffit de dire que, pour ces deux auteurs, une simple rougeur de l'aorte pouvait caractériser une artérite aiguë, et l'on sait que les recherches récentes ont démontré le peu de fondement de celle manière de voir, déjà attaquée par Hodgson. Dans les cas observés par M. Bizot (2), ainsi que

(1) Traité de médecine pratique de P. Frank. Paris, 1842, t. I, p. iS7.

(2) Mém. de la Soc. méd. d'observ. Paris, 1837, t. I.

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flans ceux qui ont été publiés par le docteur Thierfelder (1), sauf un seul, où la maladie s'est produite clans le cours d'un rhumatisme articulaire aigu, il a été impossible de découvrir les causes de la maladie.

Symptômes. — Suivant J. Frank, les symptômes de l'inflammation du système artériel tout entier, et principalement de l'aorte, seraient extrêmement nombreux ; il en cite, en effet, qui ont leur siège clans toutes les parties du corps. Mais : 1° il trace à la fois la description de l'inflammation aiguë et de l'inflammation chronique ; et 2° il regarde comme des cas d'inflammation des artères les maladies les plus diverses dans lesquelles le système artériel a présenté à l'autopsie quelque altération. H est donc absolument impossible de découvrir la vérité au milieu de cette confusion. Bertin et M. Bouillaud (2) n'ont trouvé qu'un seul symptôme qui pu être rapporté à l'aortite aiguë : ce sont des pulsations violentes dans le trajet du •vaisseau. Mais M. Bizot a fait remarquer : premièrement, que, dans le plus grand nombre des observations citées par ces auteurs, il n'est fait mention ni du pouls ni des battements du cœur et de l'aorte; et, en second lieu, que, dans presque tous les cas, il n'existait autre chose dans le vaisseau qu'une simple altération de couleur. Quant à lui, il a rencontré trois cas qu'il a cru devoir rapporter à l'aortite aiguë, et dont voici l'analyse :

Les sujets de ces observations étaient des jeunes gens qui, sans symptômes du côté du cœur ni des autres principaux organes , présentèrent un œdème d'abord fixé aux jambes, puis général, avec un mouvement fébrile intense, de Y agitation, une très grande faiblesse, suns douleur notable, sans altération de l'intelligence, et qui finirent par succomber sans qu'on eût découvert, par l'exploration, de causes organiques capables d'expliquer la mort. A l'autopsie, M. Bizot trouva sur la membrane interne de l'aorte, et dans une étendue considérable , une couche mince de substance albumineuse et rosée. De l'examen de ces faits, l'auteur a conclu que l'affection dont il s'agit est caractérisée pendant la vie par un œdème général, avec un état fébrile plus ou moins intense, et après la mort par cette exsudation albumineuse. Il n'admet pas, comme les autres auteurs, que ce que l'on a appelé abcès, ulcérations, incrustations de l'aorte, puisse appartenir à l'inflammation aiguë, et nous verrons en effet, plus loin, que l'étude attentive des faits est toute en faveur de sa manière de voir.

Les observations de M. Thierfelder se rapprochent de celles de M. Bizot par certains points et s'en éloignent par d'autres. Sur trois sujets qu'il a observés , deux ont présenté d'une manière remarquable l'œdème général signalé par M. Bizot, symptôme qui n'est pas indiqué chez le troisième; l'état fébrile a été notable chez tous les trois, et clans les deux cas où la mort est survenue, on a trouvé sur la surface interne de l'aorte l'exsudation albumineuse. Mais M. Thierfelder a observé, de plus que M. Bizot, une toux très fréquente et très dure, à laquelle il attache beaucoup d'importance; une dyspnée plus ou moins considérable, et soit une chaleur de la poitrine, soit une douleur sous-sternale, augmentée par les pulsations de l'aorte. Peut-être, dans ces cas, la toux tenait-elle simplement à une complication de bronchite, et la douleur à la plus grande profondeur de l'inflammation

(1) Ammon's Monalschrifl, fur medicin. Leipzig, april 1840.

(2) Traité des maladies du cœur. Paris, 1821, p. 66.

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dalles parois du vaisseau. Quoiqu'il en soit, l'existence des principaux svm P**» signal* par M. Bizot a été constatée dons les faits recueillis par M Thi^

JtZT°mif/UeS; -VT^ ^ 13 lé8i0n peUt Varier b«P' vivant les cas. M B.zot a vu quelquefois l'exsudation albumineuse, dont l'existence avait^ constatée par Hodgson dans un cas remarquable, bornée à un eS1 Jo 1 ,é n ayant produit aucun symptôme pendant la vie, et se transformant, après un temps plus ou moins long, en une couche cartilagineuse mince , dont la situation audessus deJa membrane interne de l'aorte est facile à distinguer avec un peu d'aten ion Dans d'autres cas, au contraire , la couche de lymphe plastique occupait loule I étendue du vaisseau.

On a cité encore comme des lésions appartenant à l'aortite aiguë, l'épaississement, le ramollissement de la membrane interne, avec une coloration rouge plus ou moins foncée. Lorsque l'épaississement et le ramollissement se montrent comme dans les cas cités par M. Thierfelder, on ne peut guère douter de l'existencede i inflammation; mais si la rougeur se montre seule, il n'en est plus de même : les expériences de Laennec, de MM. Andral, Rigot et Trousseau, et les recherches de M. Louis, prouvent, en effet, que la simple rougeur des artères est presque toujours un effet cadavérique.

Traitement. — On a très peu fait pour le traitement de cette affection obscure. Des saignées, des applications de sangsues, les diurétiques, la digitale, les opiacés pour calmer L'agitation, ont été mis en usage dans les cas observés par M. Bizot, niais sans succès; toutefois, dans un de ceux qu'a apportés M. Thierfelder, les symptômes précédemment décrits se sont graduellement dissipés sous l'influence de ces moyens. Nous nous bornerons à dire d'une manière générale qu'on devra appliquera celle affection le traitement indiqué dans l'article consacré à la cardite (1).

ARTICLE III

AORTITE CHRONIQUE.

De l'aveu de tous les auteurs, rien n'est plus difficile que d'indiquer les signes de cette affection. Quelques-uns cependant, et en particulier M. Bouillaud (2), ont cherché à les décrire ; mais on s'aperçoit bientôt qu'ils ont eu en vue les altérations à marche chronique, telles que les ossifications, les dépôts de matière athéromateuse, etc., qui se rencontrent assez fréquemment dans les parois de l'artère. Or : 1° il est bien loin d'être démontré, au moins dans un très grand nombre de cas, que ces lésions soient dues à l'inflammation ; et 2" en admettant qu'il en soit ainsi pour un certain nombre, il n'est point prouvé que ces altérations ne soient pas tout simplement la trace matérielle d'une inflammation aiguë, lésion qui ensuite prend de l'accroissement sous l'influence d'un travail non inflammatoire et purement organique.

Voici, du reste, quels sont les signes indiqués par M. Bouillaud : dyspnée au moindre mouvement, palpitations, symptômes de l'hypertrophie , teint jaane-

(1) Voy. tome 111, art. CARD1TE.

{•>) Dictionnaire de mcd. et de chir. pral., art. Aortr.

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