PHLÉBITE, PHLEGMON
Douleur sourde. Douleur vive.
Gonflement médiocre. Gonflement considérable,
t'ordon noueux. Absence de cordon noueux.
Les autres diagnostics ne sont pas assez importants ou assez précis pour entrer dans ce tableau.
Pronostic. — Après tout ce qui a été dit plus haut, il est inutile d'insister sur
YALLF.IX, 4e édit. m, 23
le pronostic. Il est évident que la phlébite adhésive n'a qu'une gravité médiocrecependant, si l'inflammation est entretenue longtemps par une maladie organique voisine, l'adhésion peut devenir définitive; la veine s'oblitère entièrement et de là des épanchements de sérosité très rebelles, dont nous parlerons plus tard Quant à la phlébite suppurative, elle est extrêmement grave. La fréquence et la petitesse du pouls, l'abattement extrême des forces, le froid des extrémités, les sueurs visqueuses, les selles involontaires, annoncent une mort prochaine.
§ VII. — Traitement.
Le traitement de la phlébite est, comme dans tant d'autres maladies, le point de son histoire le moins bien étudié. On trouve la cause de cette pénurie de la science dans le peu de gravité de la phlébite adhésive, qui rend son traitement peu important, et au contraire dans la gravité extrême de la phlébite suppurative avec infection purulente, qui rend le traitement si souvent inutile. Nous allons passer en revue les divers moyens recommandés, regrettant de n'avoir que des renseignements peu précis à présenter.
Dans les cas de phlébite adhésive simple, le traitement consiste uniquement en quelques émissions sanguines et en applications émollientes. Sous l'influence de ces seuls moyens, on voit ordinairement l'inflammation tomber et la veine reprendre sa perméabilité. Dans le cas où cette terminaison heureuse tarde trop à se produire, et où l'inflammation de la veine persiste avec les phénomènes qui en sont la suite, tels que l'œdème et la stase du sang au delà du point affecté, on mettra en usage les divers moyens qui seront indiqués à l'article Phlegmatia alba dolens, maladie qui a pour cause constante l'inflammation adhésive des veines. Nous n'insisterons donc pas davantage sur le traitement de cette espèce de phlébite.
Dans les cas de phlébite suppurative, tous les auteurs s'accordent à recommander un traitement très actif dès le début de la maladie, et avant que les signes d'infection purulente se soient manifestés ; car à cette époque la maladie est regardée comme presque nécessairement mortelle.
Si une plaie faite à La veine s'enflamme et donne lieu aux symptômes locaux précédemment indiqués, c'est dans ce point qu'il faut d'abord porter les moyens thérapeutiques. Si c'est une plaie vaste, le pansement et les mêmes moyens que dans les cas de lésion d'une veine seront également les premières indications à remplir.
Émissions sanguines. — Les saignées copieuses, fréquemment répétées au début de l'affection, ont été préconisées par tous les auteurs. Dance, Blandin, M. Cruveilhier, ont fortement insisté sur ce moyen. Quatre, six et même huit saignées de L\00 à 500 grammes ont été pratiquées à douze ou vingt-quatre heures de distance. Malheureusement on ne voit pas, dans les observations, que ce traitement ait produit une amélioration durable. Dans un cas rapporté par Dance, on pratiqua six saignées copieuses en six jours. Il y eut d'abord une amélioration assez sensible, mais qui ne dura pas plus de vingt-quatre heures, et les symptômes reprirent ensuite toute leur intensité. C'est donc la théorie plutôt que l'expérience qui a fait recommander la saignée générale. Il est à désirer que de nouvelles observations viennent définitivement nous lixer sur sa valeur. Les saignées locales ne sont pas employées avec moins d'énergie. Un nombre très considérable de sangsues a été