ASPHYXIE. — CAUSES
Bien que l'expression d'asphyxie soit presque impropre, puisque, suivant son étvmologie, elle désigne la privation du pouls, elle est si bien connue, la valeur en est si bien établie , que l'on doit la conserver de préférence aux autres noms proposés, tels que : apnée, mort apparente, anthématosie , defectus animi , etc.
§ II. — Causes.
L'asphyxie étant un accident, les causes qui la produisent sont toutes occasionnelles. L'état dans lequel se trouvent quelques individus peut rendre, il est vrai, plus facile l'action de ces causes, mais ce n'est pas là une véritable prédisposition. On a très diversement divisé les causes occasionnelles. La division proposée par Bérard est la plus simple, elle embrasse toutes les véritables asphyxies : c'est celle que nous suivrons.
Les causes de l'asphyxie se divisent en deux classes principales : la première comprend toutes celles qui empêchent l'entrée d'un fluide élastique dans les poumons; la seconde renferme celles qui ont pour résultat l'arrivée dans les poumons d'un fluide élastique impropre à l'hématose, c'est-à-dire ne contenant pas une suffisante quantité d'oxygène. Plusieurs auteurs rangent dans l'asphyxie les accidents causés par l'introduction d'un gaz délétère dans les organes respiratoires ; mais, comme le fait remarquer Bérard, ce sont là de véritables empoisonnements, puisque la quantité de gaz introduite est quelquefois si petite, que la respiration n'en est pas mécaniquement troublée. Quant à certains états morbides, tels que le choléra dans sa période algide, Bérard les distingue encore de l'asphyxie, et les différences qu'il signale sont si grandes, qu'on ne peut s'empêcher de se rendre à ses raisons.
Première classe: Obstacle à l'introduction d'un fluide élastique dans le poumm — N0us trouvons d'abord dans cette classe les obstacles mécaniques à la respiration, tels que la compressiondes parois thoraciqueszl deVabdomenchez les sujets ensevelis sous les décombres, sous un éboulement, etc. ; la compression des poumons par un épanchement, par l'entrée de l'air dans la plèvre, par le refoulement du diaphragme, par la pénétration des viscères abdominaux dans la paroi thoracique ; Y obstruction des voies respiratoires par la strangulation ; la suffocation par occlusion de la bouche et des narines ; un obstacle dans le canal aérien (corps étranger, croup, œdème de la glotte, etc.) (voy. tome II). M. Piorryajoint à ces causes l'obstruction des voies aériennes par l'écume bronchique. Vient ensuite la paralysie des puissances musculaires destinées à introduire le fluide élastique dans les poumons ; c'est ce que l'on voit dans les lésions de la moelle, surtout lorsqu'elles occupent la partie supérieure. Il faut rapprocher de ces causes celle qui produit l'asphyxie des nouveau-nés ; car en pareil cas, l'obstacle qui s'oppose réellement à la circulation est une faiblesse extrême qui ne permet pas l'ampliatiou de la cavité thoracique. Enfin une autre série de causes qu'il faut ranger dans cette classe résulte du séjour plus ou moins prolongé dans un lieu privé d'air: ainsi la submersion dans un liquide quelconque et le séjour dans le vide. Les personnes qui périssent dans un éboulement peuvent être asphyxiées non-seulement par compression des poumons, mais encore par privation d'air : la cause est alors complexe.
"i78 MALADIES DES VOIES Cl ItCULATOI IIKS.
DEUXIEME CLASSE : Introduction dans les prenons d'un qaz non fWmmbk — Dans celle classe se rangeât les asphyxies causées par la respiration diM'aw- altéré. On en a vu dos exemples chez des personnes qui ont séjourné àm u0 ^ u. étroit ou occupé par un trop grand nombre de personnes 5 viennent ensuite l'insuiration des divers gaz: l'acide carbonique, l'hydrogène carboné, l'hydrogène I azote. Le tableau des causes de l'asphyxie esj fort bien présenté par les auteurs du Compendium, qui ont en outre admis l'asphyxie par les gaz délétères la congélation, etc.
Cet exposé rapide des causes de l'asphyxie nous paraît suffisant On pourrait sans doute y ajouter de nombreux détails ; mais en y réfléchissant, on verra qu'ils n'auraient pas d'avantages réels.
§ HX. — Symptômes.
Tous les auteurs ont reconnu la difficulté de tracer un tableau général dés symptômes de l'asphyxie. La diversité des circonstances dans lesquelles elle se produit en est la cause. Cependant il importe d'indiquer d'une manière générale ce qui appartient en commun aux principales espèces : c'est ce que nous allons faire] nous réservant d'exposer plus loin les phénomènes particuliers propres à chacune d'elles.
En général, l'asphyxie se produit graduellement, quoique d'une manière presque toujours rapide. Ce n'est que dans les accidents très graves que les fonctions sont brusquement interrompues. Les premiers symptômes sont les suivants : d'abord, malaise général dans la poitrine, sentiment de constriction contre lequel luttent en vain les efforts pour attirer dans cette cavité un gaz respirablc; puis troubles nerveux, tels que vertiges, tintements d'oreilles, pesanteur de tête; éblouissements, troubles de la vue; plus lard , troubles de la circulation et signes de congestion veineuse : face injectée, violette, bouffie; origine des muqueuses bleuâtre; saillie des veines superficielles ; malilé du cœur droit plus étendue qu'à l'état normal, constatée par M. Piorry; irrégularité, tumulte des battements de cet organe; plus tard encore, abolition des sens et de l'intelligence, résolution de tous les membres et anéantissement de la puissance musculaire. Lorsque l'asphyxie esl parvenue à ce degré, la stase du sang veineux faisant des progrès, la face se tuméfie, les conjonctives s'injectent ; on aperçoit sur le corps, cl particulièrement aux parties déclives, des sugillalions, des ecchymoses, de larges sulfusions sanguines. Il y a alors mort apparente, et si de prompts secours ne viennent pas rappeler le malade à la vie, les fonctions perdent successivement la faculté de se reproduire, et la mort est réelle.
Tel est le tableau général de ces symptômes; restent maintenant les particularités dont je vais dire un mol.
L'asphyxie par un obstacle ayant, son siège à l'intérieur des voies rcsfdmtoires (croup, œdème de la glotte, corps étrangers, etc.) ne nous présente rien de remarquable, si ce n'est sa plus ou moins grande rapidité, suivant que l'obstruction -st plus OU moins complète. L'espèce suivante me paraît toutefois devoir être mentionnée. M. IWiqucl (d'Amboise) (I) a observé un cas d'asphyxie chez un jeune
(1) Gazette des hôpitaux, 13 mai '1848.
HSPBYXIE; — SYMPTÔMES. 379
snfaut, par rcgitrgilQliOtid'w morceau de viande mal mâchée, oi son entrée dans la trachée. I u mouvement de frayeur avait causé la régurgitation, Le même effet peut se produire chez les hommes ivres ; mais ce sont alors des matières liquides qui passent de l'œsophage dans la hachée. M. Miquel en cite un exemple, et M, Mérat en avait également signalé un en 1818.
[M. le professeur H. Larrey (1) a fait remarquer que ce fait était assez commun chez les soldats, à l'époque où ils mangeaient en commun, c'est-à-dire à la gamelle ; dans leur précipitation iJs avalaient de gros morceaux de viande qui, faute de pouvoir pénétrer dans l'œsophage, tombaient sur l'orifice supérieur du larynx ; il fallait, à l'aide de grandes pinces courbes, retirer ces corps étrangers. Le même accident 'est li és commun dans les hospices d'aliénés, mais ici les causes sont différentes. Tantôt la paralysie du pharynx empêche le bol alimentaire de descendre dans l'estomac, et il ferme le larynx ou s'y engage; tantôt, par perte du sentiment de la satiété, les malheureux aliénés remplissent d'aliments l'estomac, puis l'œsophage, le pharynx; alors un dernier bol alimentaire oblitère le larynx et produit l'asphyxie. INous avons vu, à l'école vétérinaire d'Alfort, un cheval qui s'asphyxia de cette manière : mis au vert depuis quelques jours, cet animal se bourra si gloutonnement, que tout l'intestin, l'estomac, l'œsophage, étaient distendus par de l'herbe ; quelques pelotes herbacées étaient ensuite entrées dans la trachée et les bronches. ]
V asphyxie par compression des poumons ne mérite pas de nous arrêter davantage.
Dans Y asphyxie par suspension et par strangidation, la congestion de la tête et par suite les accidents cérébraux sont beaucoup plus marqués. Lorsque la strangulation a été opérée avec une grande violence, il peut y avoir des lésions de la moelle, avec fracture ou luxation des vertèbres, et alors la paralysie des muscles inspirateurs vient rendre l'asphyxie bien plus prompte. Tout le monde connaît le phénomène particulier qui survient dans la suspension, et qui consiste dans l'érection du pénis et dans l'éjaculation du sperme.
Dans l'asphyxie par submersion, nous ne trouvons de remarquable dans les symptômes que la toux occasionnée par la pénétration du liquide dans les voies aériennes; l'ingestion d'une certaine quantité de ce liquide dans l'estomac, et la promptitude avec laquelle s'établit l'équilibre entre la température du corps et celle du milieu où il est plongé.
Dans Vasphyxie par viciation et insuffisance de l'air, on remarque, d'après la relation faite par Percy (2) d'un accident de ce genre dont cent quarante-six personnes furent frappées à la fois : 1° sueur abondante, 2° soif très vive, 3" suffocation, ,'r lièvre, 5° léthargie ou délire.
Dans l'asphyxie par raréfaction de l'air, la fréquence du pouls et la faiblesse sont surtout remarquables.
Dans l'asphyxie par les gaz non respirables, il faut distinguer d'abord Yasjihyxie par la vapeur du charbon. Des prodromes plus ou moins longs, suivant la quantité de charbon brûlé, suivant l'état d'incandescence de ce charbon, et suivant l'éten-
(1) Bulletins de l'Académie de médecine..
(2) Journal de médecine, t, XX, p. 382.
(lue de la chambre et son occlusion, distinguent cette asphyxie. La céphalalgie le malaise, des honupilations, un mouvement fébrile, puis la résolution des membres et t évacuation des urines et des matières fécales, constituent ses principaux svm plumes II n'es, pas rare que les efforts de la respiration produisent de l'écume dans la bouche et les losses nasales.
Dans Y asphyxie par les vapeurs que produit la fermentation alcoolique ce sont les symptômes nerveux qui prédominent : vertiges, troubles de la vue, céphalalgie abolition de la sensibilité, hoquet, coma, délire (1). '
Dans l'asphyxie des nouveau-nés, les efforts infructueux pour adirer l'air dans la poitrine, ou l'absence de tout mouvement respiratoire, sont les phénomènes les plus importants. Ajoutons toutefois que les auteurs sont très divisés d'opinion sur cette espèce d'asphyxie, regardée par les uns comme une simple syncope et par les autres comme une congestion générale, une stase du sang dans tout le système circulatoire. 11 serait à désirer que de nouveaux travaux fussent entrepris à ce sujel
M. Bouisson (2) a constaté, par des expériences sur les animaux, que, dans l'asphyxie lente, la bile augmente de quantité et prend une teinte foncée ou sanguinolente. Il en conclut que le foie augmente son action pour éliminer une plus grande quantité de carbone, afin de suppléer à l'action du poumon, qui ne peut plus exhaler une quantité suffisante de ce corps.
Telles sont les variétés d'asphyxies dont nous avons cru devoir dire un mot. Il en est sans doute plusieurs autres, mais elles ne présentent rien qui ail un intérêt capital ; les distinctions précédentes suffisent pour la pratique. Nous pensons même que présenter seulement les symptômes propies à chaque espèce a un avantage plus grand que de tracer séparément une histoire détaiflée de chaque asphyxie, ce qui nous aurait nécessairement entraîné dans des répétitions nombreuses.
S IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
Ordinairement l'asphyxie suit régulièrement l'ordre des symptômes indiqué dans le tableau général, et marche seulement avec plus ou moins de rapidité, suivant l'espèce d'asphyxie et les circonstances dans lesquelles se trouve le sujet. Ainsi, d'après les recherches de W. Edwards (3), les nouveau-nés résistent plus longfcemps que les adultes; et, suivant les observations des médecins légistes, un étourdissement, la frayeur, peuvent rendre la mort beaucoup plus prompte dans l'asphyxie par submersion, etc. Dans celte dernière espèce, il peut arriver que, par suite du retour plus ou moins fréquent des sujets au-dessus du liquide, l'asphyxie se produise, pour ainsi dire, à plusieurs reprises ; mais à chaque fois elle fait de nouveaux progrès.
La durée de l'asphyxie est très variable, même en considérant isolément chaque espèce. C'est ainsi qu'on a vu des sujets asphyxiés par la vapeur du charbon rester dans un élat de mort apparente pendant plusieurs heures (/i), et recouvrer ensuite
(1) Ch. Roesch, De l'abus des boissons spirilueuses (Ann. d'hygiène publique, Paris, 1838, t. XX, p. 5 et suiv.).
(2) Académie des sciences, séance du 8 mai 1843.
(3) De l'influence des agents physiques sur la vie. Paris, 1824, in-8.
(4) Bourgeois, Archives générales de medecine, l. XX.
ASPHYXIE — LÉSIONS ANATOAI inUES. 381
la santé, tandis que d'autres ont perdu la vie dans un espace de temps beaucoup moins considérable. On peut dire d'une manière générale que les asphyxies les plus rapides sont celles qui résultent de l'occlusion complète des voies respiratoires (strangulation, suspension) ; viennent ensuite celles qui se produisent par, l'immersion du corps dans un milieu non respirable (submersion dans l'eau, les fosses d'aisances) ; puis celles qui résultent de l'inspiration de gaz impropres à la respiration (asphyxie par l'oxyde de carbone, l'acide carbonique, l'azote, l'hydrogène, etc.). La persistance de la respiration à un certain degré, dans divers cas, rend compte de ces différences.
Dans les cas où la cause asphyxiante continue à agir un peu plus longtemps, il devient impossible d'arracher les sujets à la mort. L'étude de cette terminaison n'a qu'un intérêt théorique qui ne doit pas nous arrêter. Mais lorsqu'on parvient à faire cesser les premiers accidents, la terminaison par le retour à la vie présente quelques particularités dont il est nécessaire de dire un mot. Si la cause de l'asfehyxie a agi seule, si elle a duré peu de temps, et si elle n'a pas produit de lésions profondes, le retour à la santé est prompt, et l'accident ne laisse guère de traces. Si le malade a été plongé clans un milieu non respirable, il reste, après le retour à la vie, un malaise plus ou moins long, avec faiblesse générale. Mais les suites sont bien plus graves lorsque l'asphyxie a été causée par un gaz non respirable, la vapeur du charbon en particulier. Une céphalalgie qui dure plusieurs jours, et parfois des semaines entières ; un brisement général, un trouble dans les principales fonctions, suivent les accidents de l'asphyxie, et sont d'autant plus intenses que celle-ci a été d'une plus longue durée. On a vu quelquefois ces phénomènes se prolonger pendant plus d'une année.
Un accident particulier qui se développe à la suite de l'asphyxie par la vapeur du charbon est la paralysie d'un ou de plusieurs membres. M. H. Bourdon (1) a publié sur ce sujet une thèse fort intéressante, dans laquelle il a rassemblé treize observations qui en offrent des exemples.
§ V. — Iiésions anatomiques.
Il faut, comme nous l'avons faitpour les symptômes, diviserles lésions anatomiques en celles qui sont communes aux diverses asphyxies, et celles qui appartiennent en propre à chaque espèce. Voici le tableau des premières : La face est livide, bouffie, les yeux injectés, souvent saillants et fermés; le sang est noir, fluide; dans quelques cas, cependant, on y trouve des caillots . Les cavités droites du cœur et le système veineux sont distendus par ce liquide; Je système artériel, au contraire, en contient peu, h moins que l'asphyxie n'ait été lente et prolongée. Dans ce dernier cas, le tissu du cœur est ordinairement ramolli. Les muqueuses, et surtout la muqueuse pulmonaire, sont injectées et d'un rouge plus ou moins foncé. Le tissu pulmonaire, gorgé de sang, est livide et plus lourd qu'à l'état normal, surtout dans les parties déclives ; il en découle un sang noir à la coupe. La congestion veineuse se remarque encore dans les autres organes parenchymateux, tels que le foie, les reins et la rate, (fui est très gonflée. La langue est souvent injectée et tuméfiée; la vessie est ordinai-
(1) Thèse. Paris, 1843.
•J82 MALADIES DES VOIES ClIiCl LATOIltES.
mmmt vide. Les centres nerveux sont fortement injectés en noir - les ventricules du cerveau contiennent de la sérosité, ainsi que les autres cavités séreuses à moins que I asphyxie n'ait été très rapide. Dans ce dernier cas, la rigidité cadavérique est loric et prolongée. La plupart de ces aliénions tiennent évidemment à iw0r*e ment du système veineux par un sang non arlérialisé.
mmïasphyxie par obstacle mécanique, si, avant la suffocation complète l'air a pu encore, quo.quc avec peine, pénétrer dans les poumons, ces organes sont cré pilants, et en outre on trouve l'occlusion du larynx, de la trachée, des bronches Dans les cas de strangulation, le gonflement de la langue, la congestion de la tète' et des signes de violence sur le cou et la partie supérieure de la poitrine sont les phénomènes particuliers qu'il importe de noter. Dans la suspension, ou trouve la trace du lien qui a comprimé le cou.
Dans l'asphyxie par submersion, on note la pâleur ou une teinte violacée de la lace; une écume fluide à la bouche, le gonflement de la langue ; dans les voies aériennes, une petite quantité d'écume formée par le liquide dans lequel le malade a été plongé, et, dans certains cas, ce liquide lui-même en assez grande abondance • le gonflement du poumon; une quantité plus ou moins considérable du même liquide dans l'estomac; la plénitude de la vessie, et enfin des contusions sur les diverses parties du corps, des écorchures aux mains, du sable, de la vase, du gravier au-dessous de l'extrémité des ongles. Ces derniers caractères sont dus aux chocs éprouvés par le sujet dans sa chute, el aux ellbrts qu'il a faits pour se sauver en s'accrochant au sol.
Dans V asphyxie par la vapeur du charbon , la chaleur se conserve longtemps, la rigidité cadavérique est tardive ; le visage est gonflé el rouge, les lèvres sont vermeilles ; l'épiglotle est toujours relevée, les poumons sont emphysémateux ; il y a parfois des ecchymoses dans la muqueuse des voies aériennes (1).
Enfin, dans l'asphyxie par le gaz de l'éclairage, M. Devergie (2) a trouvé une couleur rouge-brique du foie toute particulière; une coagulation notable du sang et une congestion très prononcée du cerveau. Ces caractères sont-ils constants?
Nous nous arrêtons ici, car entrer dans de plus grands détails, ce serait faire une excursion dans la médecine légale.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Le diagnostic de l'asphyxie ne présente ordinairement aucune difficulté pour le praticien. 11 faut, en effet, bien distinguer, sous ce point de vue, la pathologie de la médecine légale. Le médecin légiste doit porter son diagnostic après la mort; il doit avoir égard aux diverses lésions, pour savoir, nou-seulement si le sujet a été asphyxié, mais encore à quel genre d'asphyxie il a succombé. Le praticien, au contraire, appelé pour donner ses soins au malade, se borne à constater les symptômes et à apprécier les circonstances dans lesquelles l'accident est produit. Aussi presque toujours est-il mis immédiatement sur la voie, cl ce u'esl guère que par
(1) Orfila, Médecine légale. Paris, 1848.
(2) Annales d'hygiène, 1830, l. III, p. 457. Voy. aussi t. XXVII, p. 232.