‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 159 sur 306 · ASPHYXIE · texte numérisé non relu

ASPHYXIE

Depuis que les belles recherches de Bichat ont établi le rôle des divers organes et des diverses fonctions dans l'asphyxie, on ne range plus sous celle dénomination plusieurs états différents, ei entre autres la syncope; sur ce point, les auteurs sont d'accord. Mais de nombreuses discussions se son! élevées, avant Bichat et même depuis, sur la manière dont se produit réellement l'asphyxie. Ces discussions ont un très haut intérêt, sans aucun doute; mais, ainsi qu'on l'a fait très bien remarquer (1), c'est un inlérèl loul physiologique, et, par conséquent, tout de curiosité pour le praticien: on comprendra donc facilement pourquoi nous laissons de côté presque toute la théorie de l'asphyxie, sur laquelle d'ailleurs il est facile de se procurer les renseignements les plus étendus. Il suffit de dire que, suivant Haller (2), le sang arrêté dans les poumons s'accumule et stagne dans le reste du corps ; que, d'après Goodwin (3), c'est dans le cœur même que le sang s'arrête, par défaut de la stimulation qui est apportée à cet organe dans l'état normal par le sang artériel; que, d'après Bichat , la circulation n'est pas entièrement arrêtée, mais que les artères, lançant dans tous les organes, et principalement dans les centres veineux, un sang non hématosé, il en résulte une stupéfaction générale, une véritable intoxication. Enfui, que d'autres expérimentateurs ont opposé à cette dernière théorie quelques objections qui peuvent la rendre moins absolue, mais non la détruire. Cela dit, nous allons aborder la descriplion de l'asphyxie.

Le mot asphyxie avait été primitivement employé pour exprimer tout état dans lequel la circulation était suspendue. Aujourd'hui on n'entend par là que la mort appareille provenant primitivement de la suspension des phénomènes respiratoires. C'est là la définition adoptée par Ph. Bérard, dans sou excellent article sur l'asphyxie, et c'est celle qui nous paraît devoir être admise.

(1) Compendium de médecine, article Asphyxie.

(2) Elemenla physiolor/iœ, l. III.

(3) La connexion delà vie arec la respiration, Paris, 1798,

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