MUGUET. — TRAITEMENT. UU
On a recommandé d'avoir recours aux toniques, et principalement à La décoction de quinquina et à la décoction de gentiane, lorsque le mal a fait de grands progrès et que les malades sont dans le collapsus. C'est surtout quand le muguet présente une coloration brune ou noirâtre, qu'on a recours à ces moyens, parce qu'on a pensé que la lésion a, dans ce cas, un caractère gangréneux. Mais d'abord cctle manière de voir n'est pas fondée ; c'est une illusion due à une observation superficielle. En second lieu, ainsi que le font remarquer Guersant et M. Blache, la maladie, arrivée au degré de collapsus , n'est guère susceptible d'être guérie par de semblables moyens; et enfin ces substances excitent chez des enfants une grande répugnance.
C'est dans les mômes circonstances qu'on a conseillé les corroborants, comme le bouillon gras, le vin, etc. ; mais on n'a pas cité plus de faits favorablement terminés.
Quelques médecins ont conseillé l'emploi des vomitifs. Guersant et M. Blache n'approuvent pas cette pratique: et lorsqu'on connaît la nature de la maladie telle que nous l'a démontrée l'observation , on n'est guère tenté d'avoir recours à une semblable médication, en l'absence défaits qui puissent en faire apprécier l'utilité. Le sirop d'ipécacuanha , donné par cuillerées à café jusqu'à effet vomitif , est la préparation généralement usitée.
Quant aux purgatifs, nous ne les avons vu administrer que dans un cas. On fit usage du sulfate de magnésie a la dose de k grammes. On avait en vue de faire disparaître la diarrhée, comme on l'a fait quelquefois dans la dysenterie des adultes. Mais l'effet fut tout autre, car le dévoiement, faible jusqu'alors, devint aussitôt très abondant, et resta tel presque jusqu'à la fin de la maladie. Guersant et M. Blache recommandent le sirop de chicorée seul, ou associé à Y huile d'amandes douces, ou bien l'huile de ricin. Quant à cette dernière substance, il ne serait pas prudent de dépasser la dose de h ou 5 grammes chez de très jeunes enfants qui ont une inflammation du tube digestif.
Jusqu'à présent nous n'avons point parlé de l'emploi des émissions sanguines. Cependant Guersant, ai. Blache, et plusieurs autres auteurs, pensent qu'elles peuvent être utiles lorsqu'il existe une violente inflammation des intestins. Une ou deux sangsues à l'anus sont appliquées en pareil cas. Nous nous bornerons à dire, à propos de ce moyen de traitement , qu'il faut être très réservé dans son emploi chez des sujets si jeunes et dans une maladie où il y a uue si grande tendance au collapsus. Dans deux cas, nous avons voulu l'essayer, mais on chercha en vain à faire prendre les sangsues. C'est là un obstacle que le praticien doit connaître, et qui nous a réduit à n'exprimer que des conjectures sur ce sujet (1).
Dans le cours de la maladie on prescrit des boissons adoucissantes, ayant soin de les faire prendre à la cuiller et avec précaution. Dès qu'il sera possible de remettre les enfants au sein, il ne faudra pas différer un seul instant. En attendant, on les tiendra à une diète sévère , si les symptômes sont graves et la fièvre notable ; sinon on leur donnera un peu de lait coupé avec leur tisane.
Résumé, ordonnances. • — On a vu que, faute d'avoir bien isolé la maladie et de l'avoir étudiée dans toutes ses circonstances, on a limité le traitement à des moyens
(1) Clinique des maladies des enfants nouveau-nés, p. 4î>?'>.
me paraissait le plus utile de suivre. ««"icment qu il
.K Li' q«f Je médecin doit employer est la suivante : Si l'enfant a été
enlevé a sa nourrice, U faut la lui rendre au plus tôt et cesser de lui donner une nournture féculente comme on le fait dans les hospices. S'il ne peut pa prend r le mamelon on lui donnera des boissons émollientes coupées avec le lait - maTon se hâtera de le remettre au sein dès que la succion pourra s'opérer. Les lavement amidonnés et laudamsés, qui agissent avec tant de succès chez les adultes doivent être employés dans cette maladie. Nous n'avons pas remarqué qu'ils eussent Fin convenant de narcotiser les malades lorsqu'on se bornait à deux gouttes de laudanum par lavement, et qu'on n'en administrait qu'un par jour (1) ; chez un suiet ce moyen parut avoir un très heureux effet.
» On ne devra jamais arracher avec violence la couche pseudo-membraneuse qui revêt la muqueuse buccale. Les gargarisme* ne devront servir qu'à humecter fréquemment la bouche; et l'on n'enlèvera la pseudo- membrane que lorsqu'elle aura perdu son adhérence. L'emploi des émissions sanguines, de l'alun du chlorure de chaux, a besoin d'être soumis à de nouvelles expériences; le premier de ces moyens mérite surtout de fixer l'attention du praticien. »
Enfui les diverses lésions qu'on peut atteindre seront traitées localement On enduira les fesses, les cuisses et les jambes avec du cérat, pour empêcher le contact de l'urine et des matières fécales. On pansera les ulcérations des jambes avec le cérat simple. On touchera celles du frein de la langue et du voile du palais avec le mélange suivant :
?f Acide hydrochlorique 1 partie. | Miel 5 parties.
Mêlez.
Suivant M. Coudray (2), rien n'est plus efficace contre le muguet que la cautérisation à l'aide d'un pinceau chargé d'acide hydrochlorique pur.
Quant à l'emploi des vésicatoires, conseillé par Gardien, rien ne prouve son efficacité, et l'on doit s'en abstenir dans une maladie fébrile chez d'aussi jeunes sujets.
Il est très facile de former des ordonmmces après les détails dans lesquels nous venons d'entrer : nous allons en présenter quelques-unes applicables aux principaux cas.
Ire Ordonnance.