‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 173 sur 306 · MUGUET. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

MUGUET. — TRAITEMENT

Les mêmes substances ont été employées sous forme de collutoire ; voici celui qui a été recommandé par Gœlis (1) :

y Mielrosat.; j „ I Borax 0,75 gram.

bnop de mures I

Avec un pinceau, on porte le mélange sur les différentes parties de la bouche.

Nous pourrions encore citer le sulfate de zinc et d'autres substances analogues; mais il n'est pas nécessaire de multiplier ces formules.

L'alun a étéporlé en pondre sur la muqueuse buccale. L'emploi de ce médicament dans les angines, et les bons effets qu'on en a obtenus, ont sans doute engagé a l'appliquer au traitement du muguet. Nous l'avons vu mettre en usage sans aucun succès. Pour l'appliquer, il suffit d'humecter son doigt, de le plonger dans la poudre pour qu'il s'y en attache une couche, et de le promener ensuite sur tous les points occupés par le muguet.

Suivant Guersant et M. Blache, M. Bretonneau s'est bien trouvé du calomel associé au sucre en poudre, et mis dans la bouche à la dose de 0,25 gram. seulement, trois ou quatre fois par jour. Nous ne connaissons pas les faits sur lesquels cette assertion est appuyée.

Il faut ajouter, relativement aux collutoires et aux poudres cathérétiques, qu'on ne saurait s'opposer avec trop de soin à la déglutition des substances employées. Pour cela il faut, immédiatement après l'onction ou la friction, laver la bouche avec le gargarisme adoucissant.

Tels sont les principaux moyens topiques employés contre le muguet des enfants. Nous devons toutefois y joindre l'usage de la sauge, qui est regardée presque comme un spécifique par quelques auteurs. On l'a unie à plusieurs des substances ■précédentes. On l'a employée en lotions, infusée soit dans le vin, soit dans l'eau, formant aussi un gargarisme qu'on peut édulcorer avec le sirop de mûres ou de limon.

Les mêmes moyens ont, en général, été dirigés contre le muguet des adultes. Wendt administre particulièrement, dans le muguet des phthisiques, le borax uni à la sauge et à la myrrhe, dans les proportions suivantes :

If . Borax 8 gram. | Teinture de myrrhe 3 gram.

Eau de sauge 60 gram. | Miel 30 gram.

M. Trousseau emploie, sans inconvénient, le borax à parties égales avec le liquide qui lui sert de véhicule.

Une réflexion qui s'applique à tous les moyens topiques, c'est qu'ils ont été très souvent employés, dans la pensée qu'on n'avait affaire qu'à une affection toute locale, qu'à une simple stomatite. Or, d'après tout ce que nous avons dit dans la description de la maladie, on ne doit pas être surpris que ces médicaments aient si souvent trompé l'attente du médecin. Ils peuvent avoir une action sur l'altération locale, sur la muqueuse buccale malade, mais ils ne détruisent pas la maladie dans les organes où elle a pris ordinairement naissance. Toutefois il ne faut pas rejeter

(1) Gazette médicale de Paris, 1832.

^ MALADIES DES \OIKS DHiESTI VES.

entièrement ces m°yeiJSS car si e" même temps on attaque Je mal dans sa source ils peuvent seconder les effets de remèdes plus efficaces.

3° Traitement général. — Nous donnons le nom de traitement général à celui qui attaque la maladie loin du point où elle se manifeste par ses caractères les plus saillants, c'est-à-dire par l'exsudation membraniforme. Les auteurs ne l'ont pas exposé avec les mêmes détails que le précédent, et cependant nous croyons qu'il mérite la plus grande attention de la part du praticien. Lorsque les symptômes généraux et les troubles intestinaux se sont notablement améliorés , la production morbide de la bouche n'a presque plus aucun inconvénient, et on la voit se dissiper rapidement, ainsi que l'inflammation qui l'accompagne.

Pour calmer les symptômes de l'entérite , on a recours ordinairement aux lavements emollients avec l'eau de guimauve, de graine de lin , de son, etc • mais nous avons vu qu'ils ne suffisent pas. Dans les cas que nous avons observés hors de l'hospice des Enfants trouvés, nous avons administé les lavements opiacés, et nous avons eu lieu de nous en applaudir. Un lavement de décoction de guimauve et de tète de pavot, peut être administré matin et soir; mais s'il n'a pas d'effet avantageux, il ne faut pas hésiter à employer le laudanum. On craint trop de le mettre en usage dans les maladies des enfants nouveau-nés. On lui a attribué des accidents cérébraux, sans rechercher si ces accidents ne sont pas tout simplement des phénomènes inhérents à la maladie, et l'on s'est hâté de conclure. Dans un cas d'entérite simple, mais porté à un degré si grand que l'enfant était à l'agonie, des lavements avec addition de laudanum à la dose de 6 gouttes par jour ont sauvé la petite malade, sans qu'il en soit résulté autre chose qu'un très léger narcotisme. Sans doute il ne faut pas, dans tous les cas, porter la dose du laudanum aussi haut, mais ce fait prouve que l'on a exagéré le danger de ce remède. On prescrira donc :

Eau de guimauve Q. s. pour 1/4 Laudanum de Sydenham 1 goutte.

de lavement. Amidon 2 grain.

Donnez ce lavement matin et soir.

Si cette dose paraissait insuffisante, si le cas était très grave , on ne devrait pas hésiter à mettre deux gouttes de laudanum dans chaque lavement.

En même temps on applique sur l'abdomen des cataplasmes laudanisés, qu'on maintient nuit et jour. On fait prendre aux petits malades des bains dans l'eau de son, ou des bains simples. On pratique des fomentations émollientes sur les parties érythémateuses.

Pour arrêter la diarrhée, on a quelquefois recours à la décoction blanche, et l'on donne pour tisane l'eau de riz, sucrée avec le sirop de coing; ou bien l'eau albumineuse suffisamment édulcorée. Nous n'avons pas vu les premiers moyens réussir. Quant au second, nous ne l'avons vu employer que dans un cas douteux. De nouvelles observations sont nécessaires sur ce point.

Rosen a recommandé Veau de sauge en boisson comme un remède très efficace. Il suffit, dit-il, de donner aux enfants quelques cuillerées d'infusion de cette plante, pour voir survenir une prompte amélioration. S'il en était réellement ainsi , rien ne serait plus simple et plus facile que le traitement du muguet; mais comment croire à de semblables effets d'un médicament pareil , dans une maladie si grave, lorsque les faits nous manquent complètement?

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