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Puisque les auteurs anciens ont confondu sous le nom A'aphthes aanqréneux plusieurs malad.es différentes, il serait inutile de rechercher le traitement qu'ils ont appliqué à la maladie qui nous occupe. Il diffère, au reste, assez peu de celui qui a été prescrit par les modernes, et que nous allons indiquer. M Taupin le divise en traitement préservatif et en traitement curatif. Cet exemple doit être suivi
r Traitement préservatif.— Ce traitement se tire naturellement des considérations présentées plus haut sur l'influence des conditions hygiéniques dans la production de la stomatite gangréneuse. Ce sont des conditions tout opposées oui conviennent aux enfants pour les préserver de cette maladie grave, surtout si une épidémie s'est déjà manifestée dans le lieu qu'ils habitent. Il faudra d'abord les éloigner du foyer d'infection, et si on ne le peut, du moins les séparer soigneusement de ceux qui sont atteints de la maladie. On devra leur faire habiter un lieu sec et bien aéré, les prémunir contre les influences atmosphériques par des vêtements chauds et secs dans les saisons froides et humides, leur donner une nourriture suffisante et saine ; et si ces moyens ne suffisent pas, employer les toniques qui pourraient faire cesser la débilité prédisposante.
Comme l'a très bien fait observer RI. Taupin, il ne faut pas négliger d'inspecter la bouche aussitôt qu'on a quelques soupçons. Chez les enfants placés dans les conditions prédisposantes que nous avons énumérées, et chez les autres si les symptômes de la maladie se sont manifestés, il faudra arracher les dents cariées, entretenir une propreté parfaite, surtout s'il existe des abcès, des plaies, des fistules, qu'il est urgent de faire cicatriser le plus tôt possible par les moyens ordinaires, c'est-à-dire par les injections astringentes, iodurées, la cautérisation, etc. Le tartre accumulé sera enlevé avec soin, et l'on frictionnera fréquemment les dents avec une brosse douce trempée dans une solution chlorurée, astringente ou tonique, telle que la décoction de quinquina, l'eau-de-vie de gaïac, etc. Nous avons déjà indiqué ce traitement préservatif dans l'article Stomatite couenneuse; mais il était important de le reproduire ici.
2° Traitement curatif — Depuis qu'on a mieux établi le diagnostic de l'affection qui nous occupe, les auteurs sont d'accord sur le peu d'efficacité du traitement général; c'est à un traitement local actif qu'ils accordent toute leur confiance. Or ce traitement local consiste presque exclusivement dans les applications caustiques qui ont déjà été indiquées dans les stomatites précédemment décrites, et surtout dans la stomatite couenneuse, ce que l'on conçoit facilement, puisque l'affection dont il s'agit affecte si fréquemment la forme couenneuse. Cependant, comme la stomatite véritablement gangréneuse est plus grave et plus profonde, il est important d'introduire dans l'application des remèdes des modifications propres à arrêter promptement les progrès du mal. Voyons donc quels sont les moyens qu'il faut employer, et comment ils doivent être employés.
A. Traitement local. — Il faut rejeter les émoi lient s, qui non-seulement ne produiraient pas d'effet mile, mais encore feraient, comme le remarque M. Taupin, perdre un temps précieux. Les gargarismes cependant peuvent être employés, mais uniquement pour nettoyer la bouche et la débarrasser, autant que possible,
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de l'odeur infecte qu'elle exhale. Les gargarimes chloruré*, tels qu'ils ont été indiqués plus liant (1), sont prescrits dans ce but avec un grand avantage. Mais, nous le répétons, ces moyens ne sont qu'accessoires, et il faut s'empresser de recourir à d'autres plus énergiques.
Billard s'occupe d'abord du traitement de l'infiltration qui environne la partie occupée par la gangrène. Parmi les moyens qu'il conseille, dans le but de la fair< disparaître, nous trouvons d'abord les frictions aromatiques ou sèches. Ces friclions ne peuvent être pratiquées qu'avec difficulté, cl, en outre, il faut faire observer que l'infiltration étant entretenue par une lésion profonde, on ne peut guère espérer de la voir disparaître avant d'avoir attaqué cette lésion elle-même. On n'aura donc qu'une confiance très limitée dans l'emploi de ce moyen : cependant on pourra mettre en usage les frictions de ce genre, mais seulement comme adjuvants et dans le cas où l'enfant s'y prêterait, car il faudrait se garder de lui faire violence. On se sert soit du baume opodeldoch, soit du liquide suivant :
ïf Vin aromatique 250 gram. | Alcool camphré 20 gram..
Mêlez, ou bien encore :
If Carbonate d'ammon. liquide. 10 gram. \ Eau-de-vie camphrée 50 gram.
Mêlez.
Ces derniers liniments doivent être principalement employés, selon Billard, lorsque l'œdème devient circonscrit et dur.
Émissions sanguines. — Les émissions sanguines sont rarement pratiquées et ne le sont qu'au début de la maladie, alors qu'il se manifeste des symptômes inflammatoires. M. Taupiu conseille d'y recourir lorsque l'affection s'accompagne d'un gonflement considérable des joues et des lèvres. Dans ce cas , il faut appliquer d'une à quatre sangsues (suivant l'âge du sujet), à l'angle de la mâchoire du côté malade. Le défaut d'observations ne nous permet pas d'apprécier d'une manière exacte l'influence de ce moyen, sur lequel, d'après la nature de la maladie, il parent dangereux d'insister.
Caustiques. — Ce sont là les remèdes qui sont employés de préférence et que l'on regarde avec raison comme les plus utiles. Le chlorure de chaux sec a été mis en usage par M. Bouneau dans ces derniers temps, et M. ïaupin le regarde comme héroïque. Voici, d'après ce dernier auteur, comment se fait l'application de celte substance :