TRAITEMENT PAR LE CHLORURE DE CHAUX SEC (BOUNEAU, TAUPIN
On a soin d'avoir du chlorure bien sec, réduit en poudre très line. On humecte légèrement son doigt, puis on le trempe dans un flacon rempli de la poudre de chlorure, et l'on frictionne assez rudement les parties alfeclées. Après des lotions répc-
(I) Voy. Stomalilc couvmeusc.
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têesH le chlorure, le liquide putride cl les concrétions membranifonnes sont rejelés On recommence alors l'opération de la même manière, et on laisse le contact durci plus longtemps ; puis on recommande au malade de se gargariser de nouveau et dt rejeter le chlorure, ce qu'il fait d'autan! plus volontiers que [a saveur de ce sel es< très désagréable. Ces frictions amènent quelquefois un écoulement sanguin peu abondant qui ne peut avoir nul inconvénient et qui aide au dégorgement des parties voisines. Le chlorure agit à la fois comme caustique et comme désinfectant et donne aux parties un mode d'irritation nouveau, qui fait disparaître l'irritation spécifique.
Suivant M. Taupin, ce moyen réussit, constamment en ville, parce qu'on prend toutes les précautions nécessaires ; et si on le voit échouer quelquefois à l'hôpital il faut attribuer ses insuccès à la négligence avec laquelle on en fait l'application' Souvent, ajoute-t-il, on voit disparaître en huit ou dix jours, et quelquefois ei quatre ou cinq seulement, des stomatites gangréneuses qui duraient depuis plu sieurs mois et avaient résisté à tous les moyens de traitement. » On se rappelle c. que nous avons dit plus haut à l'occasion de ces stomatites gangréneuses de très longue durée, dont l'existence ne me paraît pas parfaitement établie. Ne s'agissait-il pas, dans ces cas, de ces diphthéiites à marche lenie qui ont été signalées par les auteurs modernes?
M. J. Tourdes a fait remarquer que depuis l'emploi de ce traitement, la stomatite gangreneuse n'a pas fait moins de ravages; ce qui diminue beaucoup sa valeur.
Quant aux accidents que pourrait produire celte substance appliquée chez les enfants très jeunes, et qui parfois en avalent une certaine partie, il n'en existe pas de réels, ainsi que M. Taupin a pu s'en assurer. Ce n'est que dans des cas très rares que les enfants avalent un peu de chlorure, et alors le vomissement qui a lieu immédiatement en débarrasse promptement l'estomac, ce qui prévient toute conséquence fâcheuse. Le seul inconvénient (pie M. Taupin ak reconnu au chlorure, c'est de noircir les dénis pomr un temps assez long; mais c'est là un inconvénient qui ne doit être compté pour rien dans le traitement d'une maladie aussi grave.
M. Rey (1) employait la solution ûuc/rfcD-ure d'oxyde de sodium.
ï/ahtn, le borax, etc.. peuvent être employés de la même manière; mais, suivant les observations de M. Taupin, qui malheureusement n'a. pas donné l'analyse des cas, l'action de ces substances est bien moins efficace. On peut voir d'ailleurs, relativement à leur application, ce qui en a été dit plus haut dans les articles Stomatite couenneuse et Slomatitti mercitrielle.
Le moyen qui vient d'être indiqué est spécialement appliqué dans les cas de stomatite à l'orme ulcéreuse et couenneuse. Si toutefois la maladie paraissait très superficielle, on pourrait se contenter de la cautérisation faite à sec avec le crayon de nitrate d'arrjent. L'usage de V acide hydrocldoriqve, mêlé à deux on trois parties de miel, aurait aussi des avantages dans ce cas.
Mais lorsque l'affection se déclare tout d'abord avec les caractères de la forme charbonneuse, où lorsque, par suite des progrès du mal, la mortification, dans les
(I) Annales de la médecine physiologique, t. III, p. 807 ; et X'émoires de M. J. Tourdes, p. 84.
stomatite GâN&KtoBcrsffc — traitement. 511
deux premières formes, a gagné Les parties profondément situées, il faut mettre on usage des moyens plus énergiques encore.
Cautérisation par les acides. — V acide hydrochlorique- est celui qui est le plus généralement choisi. La plupart des médecins se contentent de l'appliquer soil pur, soit mêlé avec une ou deux parties de miel rosat, sur les points affectés. Ou se sert pour cette opération d'un pinceau de charpie. M. Taupin fait observer à ce sujet que l'eschare gangreneuse défend la partie ulcérée contre l'action de l'acide qui par là est annulée; en outre, celte application de l'acide n'est pour lui qu'un moyen préparatoire pour rendre les parties accessibles au traitement par le chlorure sec tel qu'il vient d'être exposé. Voici, d'après cet auteur, comment il faut agir :