‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 192 sur 306 · ACCIDENTS CAUSÉS PAU LA DENTJ L'ION. — TRAITEMENT. 5M · texte numérisé non relu

ACCIDENTS CAUSÉS PAU LA DENTJ L'ION. — TRAITEMENT. 5M

uaît le fameux remède regardé par Sydeuham (1) comme souverain contre la fièvre de la dentition. Il consiste dans la formule suivante : .

Ifi Teint, de corne de cerf, I, 2 ou 3 goutte. | Eau de cerises noires I ou 2 cuillerées.

A prendre toutes les quatre heures.

Sydenham affirme que les nombreux insuccès qu'il avait éprouvés dans le traitement des maladies de la dentition cessèrent le jour où il imagina de faire usage de ce remède. Depuis lors, la corne de cerf a été employée par la plupart des médecins tantôt contre la fièvre, tantôt contre les convulsions, tantôt contre tous les accidents réunis.

h' ammoniaque a été également prescrite, principalement dans le but de s'opposer aux convulsions. Voici la formule que donne Fr. Hoffmann :

If Sirop de pivoine 4 gram. | Ammoniaque liquide 1 ou 3 gouttes.

A prendre par cuillerées à café.

Enfin on a aussi prescrit , comme favorisant particulièrement l'éruption des dents, et faisant par conséquent cesser tous les accidents, une poudre employée par un grand nombre d'auteurs comme préservatif. C'est la poudre de Carignan, dont voici la formule :

If Poudre de guttète 250 gram. j Cinabre \

Ambre jaune porphyrisé. • 375 gram. , Kermès minéral \ âà 12 gram.

Corail rouge l".ot- 'Noir d'ivoire )

^ aa 125 gram. j

Terre sigillée.

Nous ne multiplierons pas les citations de ces remèdes spécifiques, dont il nous serait impossible d'indiquer d'une manière précise les avantages, leur efficacité n'étant démontrée par aucune espèce de recherches vraiment scientifiques. Nous allons passer à une autre partie du traitement bien plus importante, c'est-à-dire au traitement local.

3° Traitement local. — Lorsque l'éruption des dents détermine les accidents énumérés plus haut, les gencives sont tellement douloureuses, qu'il ne faut plus songer à employer des corps durs pour les faire presser entre les gencives par les enfants. Ceux-ci cependant conservent encore ce mâchonnement que nous avons déjà signalé ; mais dès que le contact d'un corps dur sur la gencive se fait sentir, ils se rejettent précipitamment en arrière. On doit plutôt alors appliquer sur les gencives des corps propres à les ramollir. Ainsi Y huile d'amandes douces, le mucilage de gomme arabique, le spermaceti, le beurre, le jaune d'œuf, serviront à enduire fréquemment les parties douloureuses. Jos. Frank propose la formule suivante :

% Jaune d'œuf n°l. I Sirop de safran ) , . „

I de pavot blanc | aa *> grain.

Pour onctions sur les gencives.

(1) Opéra umnia, 1. 1; De nov, feb>\ ingress.,p. 367.

Fr. Hoffmann a également employé ces substances, auxqusllos il ajoute uni figue grasse coupée on deux, la naudlede veau et même la cervelle, de lièvre qu'il regarde comme un spécifique. Il n'est pas nécessaire d'insister sur ces moyens, qui nom évidemment d'autres avantages que d'agir comme émollients

D'autres médecins oui proposé des médicaments topiques font différents Ainsi Blumenthal veut, que, pour faire cesser l'irritation des gencives, on ail recours aux acides végétaux, et en particulier au sue de eitmri, l'Ienk cite un cas dans lequel quelques onctions pratiquées avec une goutte d'éther sulfurique parurent l'aire cesser des convulsions assez graves; mais il ajoute que, dans un autre cas il fut moins heureux. La pratique de ces derniers médecins n'a point été imitée. '

Il est rare que les remèdes qui viennent d'être indiqués suffisent pour rendre l'éruption des dents beaucoup plus facile, et souvent on est obligé de recourir à un moyen plus efficace : c'est Y incision ou Y excision des gencives.

Incision. — Les opinions les plus opposées ont été soutenues relativement à cette opération. Les uns, avec Vésale, Ambroise Paré (1), Underwood (2), Hunter (3), etc. , regardent ce moyeu comme très efficace et n'offrant nul danger.' D'autres, au contraire, parmi lesquels il faut citer surtout Blake, Gariot, Harris, et plusieurs autres médecins plus modernes, prétendent que le moindre inconvénient de cette petite opération est d'être inutile. Suivant eux, on n'atteint pas par elle le but qu'on se propose, on détermine une irritation \iolenle qui augmente les accidents, et. enfin on peut détruire non-seulement la dent de lait qui se présente, mais encore le germe de la dent destinée à la remplacer (Zl).

Sans doute il y a quelque chose de vrai dans ces objections; mais les accidents déterminés par l'opération dépendent presque toujours de ce que l'on n'a pas pratiqué l'incision avec assez de soin, ou encore de ce qu'on ne lui a pas substitué l'excision qui lui est bien supérieure, ainsi que nous le verrons tout à l'heure. Les faits nombreux cités par les auteurs, cl en particulier celui de limiter, l'observation rapportée par Brunner, dans laquelle un enfant sur le point d'expirer revint presque immédiatement à la vie après l'incision, une autre du même genre, citée par Camelli, etc., démontrent clairement combien, lorsqu'elle est pratiquée convenablement, celte petite opération peut avoir d'avantages. Il importe donc d'y recourir lorsque les moyens précédemment indiqués n'ont pas réussi.

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