‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 197 sur 306 · SALIVATION · texte numérisé non relu

SALIVATION

— CAUSES

RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT

1° Traitement des symptômes. — Émissions sanguines, antiphlogistiqu.es, antispasmodiques, narcotiques, antidiarrhéiqnes.

2° Traitement à l'aide de moyens regardés comme spécifiques. — Corne de cerf, ammoniaque, poudre de Carignau.

3° Traitement local. — Applications topiques émollientes; incision, excision de la gencive.

ARTICLE XL

salivation (sialorrhêe).

Dans la stomatite mercurielle, la salivation, ainsi que nous l'avons vu, n'est qu'un symptôme qui ne mérite pas d être décrit à part. Mais, dans l'article consacré à celle affection, nous avons l'ait remarquer qu'il y a des cas où ce symptôme seul constitue une maladie particulière : c'est la salivation essentielle, la sialorrhêe proprement dite, dont je vais donner une rapide description.

Les cas de salivation essentielle se trouvent disséminés dans plusieurs recueils. Les principaux sont dus à MM. Graves, Grève, Guimper, Mitscherlich, Rayer cl Tanquerei des Planches.

Ce dernier auteur, les réunissant au nombre de vingt-neuf (1) , en a tracé l'histoire, et c'est au mémoire qu'il a publié sur ce sujet que nous emprunterons la plupart des détails suivants.

§ I. — Définition, synonymie, fréquence.

On doil, dans l'état actuel de la science, réserver le nom de salivation à une maladie caractérisée presque exclusivement par un flux de salivefsans lésion appréciable de la bouche et des glandes salivaires.

On a donné à cette affection les noms de sialorrhêe, de flux salivaire, de ptyalisme nerveux.

Elle se présente bien rarement à l'observation, puisque, comme nous venons de le voir, malgré de longues recherches, M. Tanquerei n'a pu en réunir que vingtneuf observations.

§ II. — Causes.

L'éliologic est, sans contredit, le point le plus important de l'histoire de la salivation essentielle. Voici ce que nous apprend, à ce sujet, l'analyse des observations connues.

1° Causes prédisposantes.

Nous remarquons d'abord, sous le rapport de ['âge, que la maladie s'est montrée chez des adultes. Le sexe semble aussi jouer un assez grand rôle dans la production de la maladie; car, dans les vingt-neuf observations dont il s'agit, le nombre des femmes est à celui des hommes comme 3 est à 1.

(I) Hecherehes cliniques sur la sialorrhêe ou flux salivaire (Journal de médecine inin pi juillet 1841). "

Valleix, i' édit. — lit. qr

Les femmes hystériques y paraissent plus sujettes que les autres. Chez elles, c'est surtout à la suite des émotions murales, après l'ingestion de boissons froides et acides, après qu'elles ont respiré des odeurs fortes, qu'on voit apparaître la salivation.

Dans le nombre des sujets observés, il s'en trouvait plusieurs qui étaient pléthoriques, ou qui, ayant Y habitude d'une perte sanguine à certains intervalles, n'avaient pas eu celte perle depuis un certain temps; en sorte qu'on a pensé que le flux salivaire était venu chez eux remplacer le flux sanguin. A ces faits se rattachent ceux où l'on a vu la salivation survenir après la suppression des menstrues.

Parmi les sujets affectés, on remarque une assez forte proportion de femmes dansd'état de grossesse.

Mentionnons encore certaines affections du foie et du pancréas.

2° Causes occasionnelles.

Nous venons de voir que l'on a admis l'existence d'un flux salivaire supplémentaire; on a cité aussi quelques cas où ce flux a paru, en quelque sorte, métastatique. Ainsi Rousseau l'a vu se montrer après la disparition d'une leucorrhée, et M. Graves après la disparition d'un œdème.

Kxistc-t-il une salivation critique PM. Tanquerel des Planches a cité plusieurs faits tendants à appuyer cette manière de voir. Il a trouvé que Forestus et Bohnius ont vu la fièvre double tierce et la fièvre quarte se terminer par salivation ; que M. Otto (de Copenhague) a observé souvent un flux salivaire à la fin de la fièvre typhoïde, dans les terminaisons heureuses; que, suivant Sydenham, la dysenterie se termine fréquemment de la même manière; que F. Hoffmann a fait la même observation dans les cas de goutte; que M. Blegny a vu un vertige se terminer par salivation, et enfin que .1. Frank a cité un cas de pneumonie jugée par l'apparition de ce flux.

Il faudrait, pour se prononcer sur celte question, avoir des faits plus nombreux, plus variés et plus concluants. Remarquons que M. Otto est le seul qui ait vu souvent la salivation à la fin de la fièvre typhoïde, et nous serons autorisé à nous demander si, dans les cas qu'il a observés, aussi bien que dans ceux que nous avons cités plus haut, il n'y aurait pas eu l'influence d'un traitement particulier. Cette supposition est 'd'autant plus admissible que, de l'aveu de M. Tanquerel lui-même, on a plusieurs fois regardé comme des flux salivaires idiopathiques certains cas où une inflammation de la bouche, mercurieUe ou non, a été méconnue.

Il me reste maintenant à signaler, parmi les causes, l'usage des sialagogues, la position assise , l'ingestion d'un verre d'eau. Vaction du froid humide a une importance beaucoup plus grande, d'après les faits rassemblés par M. Tanquerel.

§ III. — Symptômes.

La description des symptômes est très simple : un écoulement continuel de salive, la nuit aussi bien que le jour; la sortie du liquide ou son ingestion par la déglutition, voilà toute la maladie.

Cet état est incommode, surtout pendant la nuit, et peut empêcher le sommeil.

Page 1