DIAGNOSTIC
Lu bouc/te reste ordinairement entrouverte, pour faciliter l'écoulement; quand elle est fermée, le liquide so/i pur le* commissures.
Pus de douleur réelle; quelquefois pesantem*, oscillation dans la région parotidienne et le long du conduit de Slénon.
l-'.'ut sain de la muqueuse buccale.
Rien de remarquable dans les qualités physiques du liquide excrété, si ce n'est parfois une odeur fétide et des goûts divers. Quelques recherches intéressantes sur la pesanteur spécifique de ce liquide ne sont pas encore assez nombreuses pour qu'on ail confiance dans leur résultat.
Les qualités chimiques offrent, au contraire, des modifications importantes. Ce sont, d'après MM. Guibourt et Quevenue : la coloration jaune-rousse du résidu; la présence d'une forte proportion d'extrait brun à odeur d'osmazôme, et d'une matière animale jouissant de propriétés analogues à celles de l'albumine non coagulée. M. Tauqucrel des Planches n'a jamais trouvé la salive acide dans les cas de sialorrhée, et n'adopte pas l'analyse chimique de M. Mitscherlich, qui, dans un cas, a trouvé cette acidité.
Les conséquences du ptyalisme sont : la gêne de la prononciation et de la mastication, la dépravation du goût, des troubles plus ou moins remarquables de l'estomac, un sentiment de constriction à la gorge, la constipation, des flatuosités, une soi/ vive, le dépérissement. Des accidents nerveux complètent l'ensemble des symptômes qui suivent une trop grande perte de salive.
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
Le ptyalisme est ordinairement chronique, très rarement, intermittent , sujet à des exacerbations, suivant des circonstances très variables. Le plus ordinairement, connue l'a noté M. Tanquerel, le flux salivairc disparaît aussi rapidement qu'il était venu ; on a vu des selles ou des sueurs abondantes coïncider avec sa disparition. Souvent cette disparition a eu lieu spontanément.
On a dit, pour expliquer la nature du ptyalisme, qu'il est le résultat d'une simple lésion de sécrétion ; c'est, là exprimer un fait, mais ce n'est nullement l'expliquer. On n'a pas mieux résolu la question en disant que c'est une affection nerveuse.
§ V. — Diagnostic, pronostic.
Le diagnostic est, en quelque sorte, négatif; c'est-à-dire qu'il suffit de s'assurer qu'il n'existe dans la bouche aucune lésion inflammatoire ou non qui donne lieu au flux salivairc, et que le malade n'est pas sous l'influence du mercure; car, pour reconnaître la maladie, l'écoulement de la salive suffit à la première vue.
Quant au pronostic, on a vu par ce que nous avons dit à propos de la terminaison de la maladie, qu'il n'a aucune gravité. Si même il était démontré que ce llu\ peut remplaeeF des maladies graves, et qu'il est critique dans un certain nombre de cas, il est é\ idenl qu'on devrait, en pareille circonstance, regarder son apparition comme un événement heureux.
S VI- — Traitement.
Nous nous contenterons d'exposer le traitement en peu de mots, parce qu'il ne présente aucune difficulté dans son application.
Les émissions sanguines ne sont employées que chez les individus pléthoriques C'est à la saignée générale qu'on a recours dans les cas de ce genre. On complète le traitement par les purgatifs salins, les bains, les pédiluves sinapisés, les boissons aqueuses abondantes, un régime léger, un exercice modéré.
On a eu recours, dans quelques cas, aux vésicatoires à la nuque, à la partie supérieure de la poitrine, aux jambes, et l'on a appliqué des cautères dans cette dernière partie.
MM. Graves et Grève ont employé avec succès Vopium à haute dose. M. Rayer conseille le charbon végétal pulvérisé.
Les autres auteurs ont eu recours à la magnésie, à l'eau de Vichy, auxpurgatifs salins, et en particulier à Veau de Sedlitz. Ces moyens sont presque tous employés avec succès dans la stomatite mercurielle.
Il en est de même des gargarismes astringents et des substances astringentes prises à l'intérieur. Le chlorate de potasse trouverait sans doute ici une application utile.
M. le docteur Vanoye (1) a vu des cas de salivation survenue dans le cours de la grossesse, et n'ayant aucune cause spécifique, céder promptement à l'emploi de la belladone. Ce médicament était pris sous forme d'extrait, à la dose de 5, puis de 10 centigrammes par jour. Il était aussi employé en gargarismes.
MM. Guimper et Mitscherlich ont cité chacun un cas où le traitement mercuricl fui mis eu usage pour faire disparaître un ptyalisme essentiel.
Enfin, lorsqu'il existe une débilitalion notable causée par la perle de la salive, on a recours aux toniques et aux préparations ferrugineuses.
[Chomel a employé empiriquement et avec succès, dans la grossesse, les amandes douces prises en nature et presque sans interruption. Nous avons vu ce moyen réussir chez un vieillard. ]
De tous ces moyens, ceux qui nous paraissent devoir être placés en première ligne sont : les purgatifs salins, les astringents, les toniques, l'opium à dose élevée et la belladone.
APPENDICE
Maladie des annexes de la cavité buccale.