PHARYNGITE PROFONDE AIGUË. — MARCHE, DURÉE
croup. Enfin, M. le docteur Peacock (1) a vu, chez un enfant de sepi mois, un cas d'abcès post-pharyngien' dans lequel la respiration était très gênée, tandis que la déglutition se faisait assez bien. On mit des obstacles à la trachéotomie : l'enfant mourut.
[I est facile de comprendre quels sont les symptômes propres aux trois espèces d'abcès que nous venons de signaler. Dans le premier' cas, on remarque la douleur vive, la difficulté de la déglutition, la voix nasillarde, une gêne de la respiration qui n'est point habituellement très intense. 11 y a là, en un mot, des signes à peu près semblables à ceux que l'on observe dans les abcès de l'amygdale ne comprimant pas le larynx.
Dans le deuxième, les mêmes signes, avec une grande intensité des symptômes généraux, puis une douleur se portant du côté de la poitrine ; ou bien le gonflement, la rougeur du cou, la fluctuation sentie à l'extérieur, caractérisent la maladie. C'est ce que l'on observa dans le cas cité par M. Londe, et dans celui qui a été recueilli par M. Méandre Dassit (2).
Enfin, dans le troisième, on observe la suffocation extrême, les efforts pénibles de la respiration, l'inspiration sifflante, des phénomènes d'asphyxie, en un mot des signes d'œdème de la glotte si marqués, que les nombreuses erreurs de diagnostic auxquelles ils ont donné lieu se comprennent facilement.
C'est dans ce cas que l'on doit procéder à une exploration très altentive de la cavité pharyngienne. 11 faut, après avoir ouvert mécaniquement la bouche, à l'aide d'un cohi de bois placé entre les dents, porter profondément le doigt vers la paroi postérieure du pharynx, et surtout vers la partie inférieure de cette cavité, que les regards ne peuvent point atteindre. On recherche alors la fluctuation, qui, si l'on peut atteindre la tumeur, est assez facile à reconnaître. Il faut surtout avoir soin de constater l'état de 1 epiglotte et du larynx ; car si l'on peut parvenir à toucher l'ouverture de la glotte et à constater son intégrité en écartant la tumeur, on découvrira faciiement la cause des graves symptômes qui se manifestent du côté des voies respiratoires.
Telle est la description de cette espèce de pharyngite, qui aurait besoin d'être étudiée avec plus de soin.
Marche, durée, terminaison. — Dans les cas où la maladie est simple, sa marche est celle qui a été signalée dans l'angine gutturale. Si l'affection se termine par suppuration, on voit, après des symptômes qui n'avaient rien de caractéristique, survenir rapidement soit la gêne très grande de la déglutition, soit les signes de l'envahissement du tissu cellulaire environnant par une abondante suppuration, soit enfin des symptômes semblables à ceux de l'œdème de la glotte.
La durée de l'affection est variable suivant ces cas. Dans la pharyngite simple, elle n'est souvent que de quatre ou cinq jours ; rarement elle dépasse le premier septénaire. Dans la pharyngite suppurée, au contraire, elle peut être d'une durée assez longue, et qui dépend beaucoup de la gravité des accidents auxquels on peut attribuer la mort. Chez le sujet observé par V. Ballot, la terminaison funeste
(1) Monlhly Journal, octobre 1847.
(2) Thèse. Montpellier, 1818, n° 936.
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n'eut lion qu'au bout de douze jouis, et, dans le cas cité par M. Priou, l'affection a duré au moins quatorze ou quinze jours.
Lésions anatomiques. — Dans l'inflammation simple, les lésions anatomiques sont celles qui ont été indiquées à l'occasion de la pharyngite gutturale. Dans la pharyngite supputée, on trouve, outre les altérations de la muqueuse, des collections purulentes plus ou moins considérables qui soulèvent cette membrane et donnent lieu à une tumeur très molle, ou bien qui fusent à une plus ou moins grande distance. M. Louis, dans des cas où la maladie s'était déclarée au milieu d'une fièvre grave, a vu le pus infiltré plus ou moins largement dans le tissu sous-muqueux.
Diagnostic, pronostic. — Le diagnostic de la pharyngite simple, lorsque cette affection est fixée à la partie supérieure du pharynx, ne présente pas de grandes difficultés. Une douleur à la partie postérieure de la cavité pharyngienne, la déglutition plus douloureuse que difficile, et, par-dessus tout, l'inspection des parties qui en fait reconnaître les lésions inflammatoires, suffisent pour éloigner toute cause d'erreur.
Il n'en est pas tout à fait de même de la pharyngite fixée à la partie inférieure de la cavité. Ici, la douleur qui a son siège au niveau ou un peu au-dessus de la partie supérieure du larynx, le rejet des boissons par le nez, qui s'est montré dans quelques cas où l'affection était très intense, la toux gutturale, une légère altération de la voix, due sans doute à une extension de l'inflammation à la partie supérieure du larynx, pourraient faire croire a L'existence d'une laryngite aiguë. Mais il faut remarquer que, dans la pharyngite, la douleur est surtout notable au moment de la déglutition ; que le rejet des boissons par le nez est un phénomène rare, dont les auteurs qui ont admis son existence n'ont point donné d'observations détaillées; que la toux gutturale et l'altération de la voix sont beaucoup moins intenses que dans la laryngite, où l'enrouement est rapidement porté au plus haut degré; et que, même lorsque ces symptômes existent, on doit croire que l'inflammation a gagné la partie supérieure du larynx.
Dans les cas où l'inflammation se termine par suppuration, le diagnostic est beaucoup plus difficile; mais, encore ici, faut-il distinguer la pharyngite de la partie supérieure de celle de la partie inférieure. Dans le premier cas, on peut voir la tumeur au fond de la gorge, et porter assez facilement le doigt sur elle pour y reconnaître la fluctuation. Dans le second, l'état des parties peut être soustrait à la vue, et la sensation de la tumeur touchée par le doigt peut faire croire à l'existence de bourrelets œdémateux qui existent sur les côtés du larynx, dans l'œdème de la glotte.
Ces circonstances peuvent d'autant plus facilement donner lieu à une erreur de diagnostic que l'on observe en même temps, ainsi que nous l'avons dit plus haut, les principaux signes de la laryngite œdémateuse; or, on ne peut avoir recours, pour éviter cette erreur, qu'à l'exploration attentive de la partie malade. Pour cela, il faut pratiquer le loucher. Si, d'une part, on constate l'existence d une tumeur molle fluctuante, et de l'autre l'intégrité de la partie supérieure du arynx on ^attribuer la suffocation à la compression exercée par un abcès développe dans les nar ta du Pharynx. Il ne faut donc pas s'arrêter à cette exploration au moment où Ci Stence d'un bourrelet mou, il faut encore rechercher la partie supérieure d la glotte. Si la compression portait, non-seulement sur 1 ouverture delà g otte mataencore sur l'épig.otte elle-même, on aurait un signe de d.agnosu.
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de plus; car, dans les cas de laryngite œdémateuse, l'épiglolte est relevée, et on la sent tout d'abord au moment où l'on pratique le toucher : c'est ce qu'on pourrait faire dans le cas qui nous occupe.
TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC
1° Signes distinctifs de la pharyngite simple profonde et de la laryngite aiguë.
PHARYNGITE SIMPLE LÉGÈRE.
Douleur augmentée dans la déglutition.
Toux gutturale légère, à moins de complication.
Voix peu altérée, nasillarde.