DANS UN CAS DE PHARYNGITE TONSTLLA1RE LÉGÈRE SANS MOUVEMENT FÉBRILE
1° Pour tisane, infusion de mauve et de violette édulcorée avec le sirop de mûres.
2° Un gargarisme avec l'eau de guimauve, la décoction de figues grasses, etc. 3° Si la sécheresse de la gorge est considérable, ce qui est rare , diriger vers le pharynx des vapeurs émollientes.
h° Entretenir le ventre libre.
5° Éviter le froid et l'humidité. Diète pendant deux ou trois jours , ou , dans les cas très légers, alimentation peu abondante et légère.
IIe Ordonnance.
DANS UN CAS DE PHARYNGITE TONSILL AIRE ASSEZ INTENSE AVEC MOUVEMENT FÉBRILE.
1» Pour tisane, légère décoction de racine de guimauve sèche, édulcorée avec
16 ™ Une ou deux saignées générales de 300 à MO grammes. Chez les enfants , application de deux à huit sangsues, suivant l'âge, à la base de la mâchoire.
3° Fumigations vers la gorge avec une infusion de datura.
% 0,05 gram. de tartre stibié, a prendre dans un demi-verre d'eau; favoriser 1p vomissement en buvant de l'eau tiède. . » Lavements émolhents ou rendus légèrement laxatifs par l'add.tion de 30 grammes de miel de mercuriale, ou simplement de quatre ou cinq cuillerées dl.mle.
d> Un des gargarismes acidulés ou astringents précédemment indiqués (voyez p. 582 et si), lorsque les symptômes inflammatoires ne sont pas très violent, 7° Diète et repos au lit.
III Ordonnance.
OANS m CAS DE PHARYNGITE TONSILL AIRE OUI SE TERMINE PAR SUPPURATION.
1» Mêmes moyens que dans l'ordonnance précédente
2» Si la fluctuation est évidente, et s. l'on aperçoit su. I amyDoaie I
PHARYNGITE PROFONDE Â.TG-UE. — SYMPTÔMES. 5<).r5
jauniîirc oi saillant, presser sur la glande, dans le but (l'on déterminer la rupture.
3° Si ce moyen ne suffit pas, donner l'émétique à dose vomitive.
W Si l'abcès n'est pas rompu, l'ouvrir avec le bistouri (voy. p. 591).
5° Si le gonflement causé par des abcès disséminés est énorme et la suffocation imminente, scarifications.
6" Incision prompte de l'amygdale, sans attendre la fluctuation évidente, lorsque l'abcès menace de s'étendre au loin.
RÉSUMÉ SOMMAIRE DU TRAITEMENT
Émissions sanguines, scarifications, lacération de l'amygdale; adoucissants, émollients; acidulés, acides; alun, borax, ammoniaque; vomitifs, purgatifs; dérivatifs ; pyrothonide ; traitement des abcès.
TROISIÈME ESPÈCE : Pharyngite aiguë des parties reculées du pharynx (pharyngite profonde, angine pharyngée).
nette espèce de pharyngite n'a été étudiée que d'une manière générale, et il faut chercher dans les observations particulières pour trouver quelques détails originaux. Quoique moins intéressante, dans la grande majorité des cas, que celle dont nous venons de donner la description, elle mérite cependant d'arrêter notre attention, parce que quelquefois elle donne lieu à des accidents fort graves, et nécessite des moyens particuliers.
On a divisé cette maladie en deux variétés, suivant le siège précis de l'inflammation. Ainsi on a décrit l'angine pharyngée de la partie supérieure du pharynx, et celle de la partie inférieure de cette cavité. On verra plus loin qu'on pourrait facilement en établir une troisième, qui serait la pharyngite profonde suppurée.
Les causes de cette affection ne diffèrent pas (du moins suivant les descriptions que nous possédons) de celles des deux précédentes espèces ; mais les recherches ne sont pas assez précises pour qu'on puisse regarder ce fait comme parfaitement démontré. Nous ajoutons que, relativement à la pharyngite suppurée, il résulte des principales observations recueillies à ce sujet que, dans le plus grand nombre des cas, elle se développe dans le cours d'une autre maladie, surtout d'une maladie aiguë; c'est ce qui lui a fait donner par quelques auteurs, et en particulier par J. Frank, le nom A'angina accessoria. C'est surtout dans les fièvres graves que se montre cette espèce de pharyngite.
D'autres fois il semble, d'après des observations trop peu détaillées, qu'un abcès s'est primitivement formé dans le tissu cellulaire qui sépare le pharynx des parties voisines, et alors on peut se demander s'il existe une véritable pharyngite. Toutefois les faits se liant d'une manière assez intime à ceux dans lesquels il est évident que l'inflammation suppurative a eu son point de départ dans la muqueuse pharyngienne, nous les comprendrons dans la description qui va suivre. On a désigné ces abcès sous le nom d'abcès rétro-pharyngiens.
Symptômes. — Pharyngite de la partie supérieure de la cavité. Dans le cas Où la pharyngite occupe la partie supérieure de la cavité, les symptômes sont, sui- Vau.kix, 4e érlit. — HT. 3S
594 MALADIES DES VOTES l>[<; KST1 VKS.
vaut MM. Chôme! et Blache (1), les mêmes, au siège près, que dans l'angine gutturale. Us consisteni en mie sensation de chaleur et de sécheresse dans la gorge, et une gêne plus ou moins marquée de In déglutition.
L'inspection du pharynx fan" voir sa paroi postérieure rouge, luisante, sèche dans les premiers jours, et plus lard couverte, dans une plus ou moins grande étendue, d'un mucus visqueux, grisâtre, qui s'étale eu nappe sur celte puni]. Suivant les auteurs que nous venons de citer, il ne serait pas rare de voir la muqueuse sèche pendant tout le cours de la maladie; mais cette assertion aurait besoin de preuves. Selon eux encore, la déglutition est plus douloureuse que difficile, la voix peu altérée ; la respiration reste libre. La toux, quand elle existe , est gutturale, et alors La respiration est laborieuse. Dans le plus grand nombre des cas , il n'y a point de symptômes généraux.
Pharyngite de la partie inférieure de la cavité. — Dans la pharyngite de la partie inférieure de la cavité, qui s'observe beaucoup moins souvent , on a noté les symptômes suivants : Gène de la déglutition; douleur qui se fait sentir à la hauteur du larynx, passage du bol alimentaire dilïicile et douloureux dans le même point. La pression exercée sur les parties latérales du cou augmente la douleur, et parfois il y a une rougeur obscure et un peu de gonflement dans cette partie. La voix est parfaitement libre, on n'observe point de symptômes généraux. A l'inspection, on ne découvre rien d'apparent sur la muqueuse pharyngienne.
Nous avons indiqué très rapidement ces symptômes , parce qu'aucun travail n'ayant été fait sur cette maladie, nous n'avions que des renseignements fort vagues. Nous allons maintenant, d'après quelques observations, indiquer ce qui se passe dans la pharyngite suppurée, dans les abcès du phai ynx.
Abcès du pharynx. — Dans les affections lébriles intenses, il arrive quelquefois, avons-nous dit, qu'une inflammation secondaire (angina accessoria) se développe dans le pharynx. Lorsque c'est pendant le cours du délire que celte lésion a pris naissance, elle ne se manifeste ordinairement par aucun symptôme. M. Louis (2) en a rapporté un exemple très remarquable. Dans le cas contraire, la douleur et la difficulté de la déglutition, quelquefois très marquées, annoncent le début de la maladie, et si la collection purulente est assez considérable, on constate les symptômes suivants :
Tantôt , comme dans une observation rapportée par M. Priou (de Nantes), la tumeur formée par l'abcès reste fixée à la paroi postérieure du pharynx ; tantôt le pus fuse vers la poitrine; tantôt enfin, même quand elle a son point de départ sur les parties latérales, l'abcès peut se porter vers la partie supérieure du larynx el comprimer la glotte.
Tel est le cas rapporté par M. le docteur Ballot (3). Celui qui a été publié par Carmichael {k) était à peu près du même genre.
M. Besserer (5) a observé aussi, chez un enfant de quatre mois, un abcès rétroj pharyngien qui fit périr le petit malade par suffocation, et que l'on prit pour un
(1) Dictionnaire de médecine, art. Angine simple.
(2) Recherches sur la fièvre typhoïde. Paris, 1841, 2 vol. in-8.
(3) Phlegmon rétro-œsophagien ayant fait croire à l'existence d'une angine laryngée œdémateuse {Areh. gén. de méd., 3< série, 1841, t. XII, p. 257).
(4) Edinburgh med.-chir. Trans., 1820.
(r>) Rein. und. irestf. Correspondenzblatt, 1844.