FUMIGATIONS CINABRÉES A L'AIDE DU TABAC MERCURIEL
Roulez dans du cinabre porphyrisé des feuilles de sauge imprégnées d'une eau fortement gommée. Lorsqu'elles seront bien chargées de sulfure de mercure, faitesles dessécher à Pair libre; puis, faites fumer au malade, chaque jour, deux pipes chargées de ce tabac : augmentez ce nombre d'une pipe tous les trois ou quatre jours jusqu'à ce qu'U soit arrivé à fumer à peu près 2 grammes de cinabre dans la journée. Après chaque pipe, le malade se gargarisera avec une décoction d'eau d'orge miellée.
M. Venot, qui a employé ce moyen dans un cas où le sirop de Larrey, les frictions mercurielles , divers gargarismes et collyres avaient été vainement mis en usage, observa, au bout de huit jours, une amélioration sensible dans les ulcérations profondes qui siégeaient sur les tonsilles, et vit disparaître tous les symptômes en un mois. Ce moyen doit donc être recommandé aux praticiens, et il serait à désirer que ses effets fussent de nouveau constatés.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur le traitement local, pour lequel les indications précédentes suffisent, et nous dirons un mot du traitement général, qui offre encore bien moins de particularités applicables au cas dont nous nous occupons.
Traitement général. — Il est rare qu'on puisse se dispenser d'employer immédiatement un traitement général propre à combattre les symptômes de syphilis constitutionnelle. Presque toujours il faut se hâter d'y avoir recours, afin de ne pas laisser prendre à la maladie une extension trop grande, avant que le médicament ait pu agir sur la constitution. C'est ici que les divers moyens se présentent en nombre infini. Nous nous bornerons à en indiquer quelques-uns, parce que,
PHARYNGITE ULCÉREUSIi SYPHILITIQUE. — - TRAITEMENT. 6f|3
uc «'appliquant pais exclusivement à la maladie qui nous occupe, ils ont été passés en revue à l'occasion de la syphilis constitutionnelle, où on les trouvera exposés avec les détails nécessaires.
Sudori figues. — Les sudorifiques sont généralement employés en pareil cas. On sait que la salsepareille, le gaïac, entrent principalement dans la composition de ces médicaments. La salsepareille, entre autres, est particulièrement prescrite; elle fait partie des décoctions d'Abernethy, de Pollini, de Zittmann, etc. Sam. Cooper a donné, sous le titre de décoction composée de salsepareille, la formule suivante qui peut être facilement employée :
K acine de réglisse 30 gram.
Essence de racine de mézéroum. . 12 gram.
If Décoct. simplede salsepareille. 2 kilog.
Racine de sassafras )
t> • j •• > aa 30 ffram.
Bois de gaiac , j &
Faites bouillir le tout ensemble pendant un quart d'heure, et passez. Dose : de 120 à 240 grammes par jour.
Manghan (1) avait une grande confiance dans la salsepareille, qu'il administrait en poudre à la close de h grammes, trois fois par jour. Scion lui, cette substance est aussi efficace que le mercure lui-même; mais, comme on Je pense bien, il n'apporte point de preuves suffisantes de la vérité de cette assertion.
Mercuriaux. — Le plus souvent on est obligé d'avoir recours à une préparation mercurielle; la liqueur de Van Swietèn ou bien la formule d'Bundertmark (tome II, p. 327), pourront être prescrites. M. Rayer (tome II, p. 333), préfère les pilules de Sêdillot, dont il a un peu modifié la formule.
Le protoiodure de mercure était employé de préférence par Biett, à la dose de 0,025 gram. à 0,05 gram. par jour eu pilules. Le sirop de Larrey, tes pilules de Dupuytren, de Cullerier ; en un mot, les diverses préparations mcrcurielles auxquelles chaque auteur a accordé une préférence non motivée ont été mis en usage et toutes avec succès. 11 en résulte que la principale indication est d'introduire lé mercure dans l'économie sous une forme quelconque. Cependant on conçoit facilement combien il serait important d'avoir des recherches exactes qui nous apprendraient quelle est la substance qui procurerait le plus promptement, et avec le moins d'inconvénients, la guérison de ces graves accidents syphilitiques
Frictions mercurielles. - Quelques auteurs donnent la préférence aux frictions mercurielles. On sait quelle était sur ce point l'opinion de Cirillo (tome II, p um. Nous nous contentons de mentionner ici ce traitement, qui trouvera mieux sa place ailleurs. 1
Iodure de potassium —11 nous suffit également de rappeler les expériences qui ont été fanes dans ces derniers temps sur l'emploi de Viodure de potassium. Darts 1 article Stomatite ulcéreuse, nous avons indiqué les effets de ce médicament et la manière de 1 employer. Nous n'avons rien a en dire de particulier ici
Moyens divers. - Enfin il est des cas où ces moyens restent sans effet : c'est alors que la tisane de Feltz, celle V Arnaud, les décoctions de Zittmann, de I ollim, et enfin les arsenicaux, qui ont réussi quelquefois dans des cas semblables entre les mains de M. Cazenave, doivent être employés, pour ainsi dire en désespoir de cause.
(I) Disserl. devin, rad. talsaparil. wiiUyphili, 1803.
C/t4 MALADIES DES VOIES DIGEST1VES.
Nous nous bornerons à présenter ici la décoction de Pollini, telle qu'elle a été donnée par M. Bouchardat. Celle dcZittmann et la tisane de Fellz ont été indiquées dans le premier volume.
Décoction de Pollini.
'2f Salsepareille coupée. • • • j
Squine .• ââ Ci gram.
Pierre ponce pulvérisée. )
Sulfure d'antimoine 125 gram.
Brou de noix sec 373 gram.
Mettez le sulfate d'antimoine dans un nouel de linge, et faites bouillir lentement dans :
Eau 7500 gram.
Jusqu'à réduction de 4500 grammes. Passez, laissez reposer, et décantez. A prendre un demi-verre toutes les heures.
Quant aux préparations arsenicales, elles demandent beaucoup de prudence dans leur administration. Voici, d'après Sam. Cooper, celle qui est mise en usage à l'hôpital Saint-Bartliélemy de Londres :
Qfi Arséniate de potasse. . . 0,50 gram. j Alcool aifaibli 30 gram*
Eau de menthe 120 gram.)
Mêlez et passez. A prendre à la dose de S grammes, trois fois par jour.
11 sera prudent de ne commencer que par la moitié de cette dose, qu'on élèvera ensuite graduellement jusqu'à celle qui est prescrite par Sam. Cooper.