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ASTHME

CAUSES. 65

de i'orthopnée parce (pic celle-ci est une maladie aiguë, ou devait admettre dixhuit espèces d'asthmes, toutes décrites par différents auteurs; nous nous contenterons de citer pour exemple V asthme humide de Rivière, Yasthme convuhif de Willis , hystérique de Baglivi , arthritique de Murgrave, exanthématique de Fr. Hoffmann, des 6oss?/sd'Ilippocrate, etc. Aujourd'hui ces divisions n'ont plus aucune importance, même en les réduisant à un plus petit nombre, ainsi que l'a fait Borsieri (1). Nous allons donc, saus nous arrêter davantage à des recherches historiques qui ne pourraient nous conduire à aucun résultat, examiner quelques cas présentés comme des exemples d'asthme nerveux essentiel.

Laennec (2) admet l'existence d'un asthme spasmodique, qu'il cherche à établir par un grand nombre de considérations, tirées principalement d'une observation dont nous allons dire un mot. 11 s'agit d'un homme de quatre-vingt-deux ans, qui, ayant eu habituellement la respiration un peu courte, présentait, depuis l'âge de cinquante ans, des attaques d'asthme toutes les fois qu'on fermait la porte de sa chambre à coucher et qu'on éteignait la lumière. Chez ce sujet, Laennec ne trouva que les signes d'un catarrhe pituiteux. Dans un autre cas qui lui a été rapporté par un médecin, un accès de dyspnée survenait lorsque le sujet éprouvait l'action du grand air.

Plus récemment, M. le docteur Amédée Lefèvre a publié un mémoire (3) datis lequel il rapporte sa propre histoire. On y voit qu'il était sujet à des accès très violents de dyspnée, qui arrivaient tout à coup, surtout pendant la nuit, et lorsqu'il était absent de chez lui. Dans l'intervalle de ces accès, le calme se rétablissait complètement. Le même auteur cite une observation à peu près semblable, communiquée par un de ses collègues, qui en est aussi le sujet. Dans les divers cas que nous venons d'indiquer, et dans plusieurs autres que nous ne mentionnerons pas, parce que les observations ne sont point aussi détaillées, on n'a, à l'aide de l'auscultation et de la percussion, rien trouvé qui pût expliquer ces accès de dyspnée si considérables. On est donc autorisé, jusqu'à la preuve du contraire, à regarder cette affection comme purement spasmodique, et à admettre l'existence d'un asthme essentiel. Mais les cas de ce genre sont extrêmement rares : on en est convaincu lorsqu'on remarque que, dans nos hôpitaux, où l'on étudie avec tant de soin les maladies de poitrine, on n'en observe presque jamais d'exemples. Aussi allons-nous nous bor- • ner à une très courte description de cette maladie.

Causes. — Nous ne connaissons pas la cause de l'asthme lui-même, mais on a pu saisir assez souvent la cause des accès. C'est tantôt l'occlusion de l'appartement occupé par le malade, l'obscurité, l'impression de l'air, les odeurs, les variations barométriques, etc. ; tantôt une cause morale, comme une vive contrariété, un accès de colère; tantôt des circonstances particulières, comme le séjour loin de sa demeure (Amédée Lefèvre), etc., etc. Quant aux causes organiques (lésions des poumons, du cœur, des vaisseaux, du système nerveux), indiquées par quelques auteurs {k), il est évident que nous ne devons pas nous en occuper ici, car en pareil cas d ne s'agit évidemment que d'une simple dyspnée symptomalique.

(1) Inslituliones med. pract. Lipsue, 1798, l. IV, p. 181.

(2) Traité de l'auscultation médiate, l. II, p. i>03.

3) liccherches sur la nature cl le traitement de V asthme. Paris, 1817, in-8. <•) Voy. Nonat, Thèse de l'agrégation. Paris, 183o, Vau.kix, r «lit. m.

Début. — Ces accès se déclarent quelquefois toul à coup ; d'autre* fois ils sont annoncés par des pandicùlations, des éructations, une pesanteur à lepigastre, en un mol par des symptômes nerveux assez semblables à rein (pion observe au début des attaques d'hystérie. Quelquefois même on a observé des mouvements convulsilsêi un dégagement extraoftîinaire de gai dans l'intestin (Lacnnec).

•^.'/'"/ 'tomes. L'accès une lois déclaré, la dyspnée devient très grande ; il se produit a chaque inspiration un sifflement qui s'entend à une assez grande dislance, tandis que l'expiration est ordinairement silencieuse ou très peu bruyante. Les malades sont obligés de se cramponner à un corps solide pour respirer ; iï y a congestion de la face, expression d'effroi, et tous les signes de suffocation que nous avons déjà eu l'occasion de décrire plusieurs fois. L'accès se termine par certains phénomènes particuliers, dont les plus fréquents sont une expectoration d'une matière plus ou moins épaisse, et quelquefois filante comme dans la coqueluche, ou bien des urines abondantes et limpides, comme à la fin d'une attaque d'hystérie. Nous ne décrirons pas les diverses sensations qu'éprouvent les sujets, dans le cou, au niveau du larynx et dans la poitrine. Elles sont très variées, mais en général elles se rapprochent d'un sentiment de strangulation et de resserrement incommode.

Marche, durée, terminaison. — L'asthme essentiel est remarquable par sa marche, qui forme un de ses principaux caractères; ce sont des accès bien tranchés et séparés par des Intervalles dans lesquels la santé et la liberté de la respiralion se rétablissent beaucoup plus complètement que dans toute autre espèce de dyspnée. La durée de la maladie est indéfinie. Généralement l'asthme se prolonge jusqu'à la lin de l'exisicnce. (Juant au retour de$ actès, il varie beaucoup, non-seulement che/. les divers sujets, mais encore chez le même individu. Quelquefois les intervalles sont de plusieurs mois, d'autres Ibis ils sont rapprochés. M. le docteur Maxime Simon (I) rapporte plusieurs exemples d'asthmes revenant tous les jours, et dont les accès fui ent coupés par le sulfaté de quinine.

Déjà Galeazzi et BOUlton, cités par Vlibert dans son Traité des fièvres intermittentes pernicieuses, avaient rapporté des cas semblables. Ce qu'il y a surtout de remarquable dans ces cas, c'est qu'ils revenaient principalement la nuit.

11 n'existe point de lésions anatomifjucs propres à l'asthme qui vient d'être décrit : celles qu'on lui avait attribuées jusqu'à présent appartiennent à d'autres maladies.

Tour établir le diagnostic de celle affection, il faut constater d'une manière bien positive l'absence de toutes les lésions organiques qui pourraient donner lieu à la dyspnée, ce qui malheureusement n'a pas souvent été fait. Dans un cas où l'on voyait survenir tout à coup pendant la nuit un accès qui durait environ une heure, et qui ne se reproduisaii qu'à de très longs intervalles (six mois, un an et plus), nous avons pu conlater l'intégrité parfaite de tous les organes, et de plus, des symptômes nerveux qui avaient lieu dans les intervalles m'ont porté à regarder cette affection comme étant de nature hystérique.

Le traitement de l'asthme a beaucoup varié, suivant que les auteurs ont envisagé la maladie comme le résultat d'une lésion organique ou simplement comme une affection nerveuse. La plupart ont indiqué des moyens très nombreux, mais

(i; Journal des connaissances méd.-chir., juin 1842.

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