‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 24 sur 306 · ASTHME. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

ASTHME. — TRAITEMENT

dont il est très difficile d'apprécier la valeur. Fr. Hoffmann (1) recommande les purgatifs légers; mais il proscrit avec énergie les purgatifs drastiques, tels que la gomme-gutte, la coloquinte, le jalap. Il regarde comme un moyen très efficace Yémê tique à doses réfractées.

Un grand nombre d'auteurs ont préconisé l'emploi des dérivatifs, tels que les sinapismes aux extrémités, les manuhwes et les pédiluves sinapisés; mais il n'y a rien dans l'emploi de ces moyens qui soit particulier à l'affection qui nous occupe. On dit dans Sprengel (2) qu'Hérodote conseillait les brins de sable chaud; c'est dans le même but qu'on pratique les filetions sèches. M. Lefèvre a remarqué que le soin de faire bassiner son lit, ou l'action d'un feu ardent avant de se coucher l'ont souvent préservé d'un accès dont il ressentait déjà les avant-coureurs.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit des narcotiques à l'article Emphysème; nous nous bornerons à remarquer que M. Lefèvre, ayant fumé le datura stramonium, en a éprouvé les heureux effets indiqués parles médecins anglais. Le docteur Luigi Colledani (â) conseille la salsepareille fumée dans de longues pipes à tête large et un peu recouverte. M. Michéa a cité des cas d'asthme soulagé par la phellandrie (U) sous forme de sirop, à la dose de 2 à U cuillerées par jour. Il lui préfère cependant la lobelia inflata, qu'il donne en teinture à la dose de 20 ou 30 gouttes dans 5 grammes d'eau distillée deux ou trois fois par jour (5)

Nous nous contenterons de mentionner, parmi les moyens conseillés le copahu et la menthastre {mentha rotundi folio). Ce dernier médicament est donné en infusion (feuilles et fleurs) plusieurs fois par jour (6).

Nous ne nous étendrons pas davantage sur le traitement par la lobelia inÛata vantée par le docteur Tott (7), parce qu'il faudrait, pour le juger, des faits plus nombreux et plus concluants. y

M. Debreyne (8) a vanté l'infusion de camphrée de Montpellier; mais en lisant le fait qu il cite, on voit bientôt qu'il s'agit seulement d'un emphysème pulmonZe accompagne d une bronchite avec expectoration pituiteuse. (Voy art Emphys/mp Î Quelques auteurs conseillent la saignée; d'autres, au contraire, la Tegarden comme toujours nuisible. Ce qu'il y a de certain, c'est que la saignée n'est utite

Ker " C°mPliqUéS' ^ ^ ^ C°nSéqUem CG n'CSt P" « le tu 1 Floyer (9) nous apprend qu'il se sentait très soulagé après avoir h„ *hnnA

SrlhTt^ ^ * laqUe"e U aj°Utait un Peu de nitrate de poTafsZ à hydrochlorate d ammoniaque. Un autre asthmatique se trouvait trèVht,, ? prendre en très grande quantité des boissons chaudeSq tandis que chez d Tant moyens n'avaient pas le même résultat. 9 d aUtl es ces

(1) Opéra omnia (Genevœ, 1798): De asihm. conv., sect. 2, cap u 2 fhsi de laméd., trad. par A.-J.-L. Jourdan. Paris, 1815, t T p on

^Z^itsT^^ l'aSthm6 SPaMiqUe ^P^re

(4) Bulletin de thérap., décembre 1847.

(5) Bulletin gén. de thérap., 15 juillet 1850

(6 Bulletin méd. du Midi, et Journ. de méd. et de chir. vrai 1840 (7) Neuemedic. chir.Zeitung. P ' 849,

S I°y'- Bullelin9én. de thérap., 30 mars 1851. (y) Iraité de l'asthme. Paris, 1761.

MALADIES DES VOJliS RESPIRATOIRES.

Dans un cas cité par le docteur Nicole Frisi (1), les accès furent constamment arrêtés par des fumigations faites avec un papier épais et poreux plongé à deux reprises dans une forle solution de nitrate de potasse, puis séché. Jl faut faire brûler ce papier dans la chambre du malade, ou le lui faire fumer dans une pipe.

M. le docteur Favrot (2) a mis en usage le même moyen ; seulement il se sert A'amadou imbibé d'une solution saturée de nitrate de potasse, au lieu de papier. Les rédacteurs du Bulletin de thérapeutique ont employé deux fois ce moyen sans •juccès.

M. le docteur Huss (3) a communiqué à la Société des médecins suédois deux cas d'asthme nerveux, dont les accès ont disparu après l'administration du chlorure de platine à la dose de 25 milligrammes d'abord, quatre fois par jour, puis à des doses plus élevées jusqu'à un dé ci gramme quatre fois par jour. Dans le premier cas, le médicament causa d'abord un spasme de la poitrine qui se renouvela toutes les fois qu'on augmenta les doses ; dans le second, il produisit d'abord des nausées. Ces accidents n'eurent pas de suite.

Nous n'insisterons pas davantage sur lesdiversmoyens mis en usage contre l'asthme. Il est évident que, pour en parler avec connaissance de cause, il faut attendre que des recherches bien faites viennent dissiper les ténèbres qui environnent cette maladie. Passons donc immédiatement aux moyens hygiéniques, qui sont les seuls dans lesquels M. Lefèvrc ait une véritable confiance.

Moyens hygiéniques. — Suivant Baglivi, les asthmatiques doivent respirer l'air de la campagne ; mais cette recommandation est trop générale, puisque nous avons vu des malades éprouver des accès par la seule impression d'un air trop vif. Pour rendre les malades moins sensibles au froid, le docteur de Grozant (4) conseille les bains d'eau froide. Autant que possible, les sujets doivent habiter un pays où il n'existe pas de grandes variations de température, et où surtout le froid ne devient pas très violent. Il faut qu'ils évitent de marcher contre le vent et de s'exposer à des courants d'air; ils doivent éviter également les grands efforts de la voix, l'inspiration de poussières irritantes, etc. Quant au régime, il doit être, eu général, doux et léger; les boissons alcooliques seront surtout proscrites. M. Amédée Lefèvre cite Medicus et le docteur Mongellaz, pour prouver que dans certains cas où l'intermittence paraissait avoir un caractère de périodicité , le quinquina a réussi; mais il faudrait pouvoir apprécier convenablement les observations. Celles de M. Max Simon, que nous avons citées plus haut, sont beaucoup plus concluantes.

Telle est l'histoire de l'asthme essentiel. Si nous l'avons présentée d'une manière aussi succincte, ce n'est pas qu'il ne nous eût été facile d'entrer dans de nombreux détails; mais nous ne croyons pas qu'il soit utile pour la pratique de présenter ainsi des opinions théoriques ou des faits isolés, sans pouvoir en déterminer la valeur.

S IX^^t méd.,hi,, I 5 ma, 1852, et Ga, des h6PU novembre , 851. (3) Hygtca, jour»- de méd. de Bruxelles, et Bulletin gen. de therap., 30 septembre 1851. (A) De l'asthme. Paris, 1851.

COQUELUCHE

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