OESOPIIAGISME, OU SPASME DE L'OESOPHAGE. — TRAITEMENT
Boissons froides, glace. — Les auteurs ont encore cité des cas où la déglutition a été rétablie par l'administration de boissons froidcs(l), et de la glace tenue dans la bouche. Nous avons vu plus haut, dans l'exposition des symptômes, que quelquefois les malades n'éprouvaient de la difficulté dans la déglutition que quand ils voulaient avaler des boissons chaudes; c'est surtout chez eux qu'on doit, selon les probabilités, attendre d'heureux résultats de ces moyens; mais le contraire arrive quelquefois, et alors il est tout naturel de regarder la glace et les boissons froides comme contre-indiquées.
Cathétérisme de l'œsophage. — On sait que dans les rétrécissements spasmodiques de l'urèthre, on a obtenu souvent un prompt succès en introduisant une sonde, et en forçant l'obstacle dû à la simple contraction du canal ; c'est ce qui a engagé à employer le même moyen dans le traitement du spasme de l'œsophage. Les cas de succès à l'aide du cathétérisme sont assez nombreux. M. Mondière cite les principaux qu'il a empruntés à Gerbezius (2), Ev. Home, Autenrieth, etc. Ces divers cas sont très concluants ; car, immédiatement après le cathétérisme, la déglutition s'est reproduite, pour ne plus être empêchée. Ainsi, dans celui qui a été observé par Gerbezius, dès qu'un stylet, muni d'une éponge à son extrémité, eut franchi le pomt où existait la constriction, tout rentra dans l'ordre. Un fait cité par le docteur Stevenson n'est pas moins concluant; il présente de plus cette particularité, qu'il y avait deux obstacles spasmodiques, l'un à la partie supérieure de l'œsophage, l'autre h la partie inférieure.
On voit maintenant comment M. Mondière a expliqué la guérison rapide obtenue par l'introduction des doigts dans la gorge et le replacement des cartilages dans la prétendue luxation ou diastase des appendices de l'hyoïde. La constriction existait à la réunion du pharynx et de l'œsophage ; il a suffi, pour la faire cesser, de l'introduction des doigts et de la dilatation qui en est résultée.
Lors de l'introduction de la sonde dans l'œsophage affecté de contractions spasmodiques, il faut se rappeler une particularité notée principalement par Dupuytren et par Lisfranc, à l'occasion des rétrécissements spasmodiques de l'urèthre : au moment où l'extrémité de la sonde arrive sur le point spasmodiquement rétréci, la constriction augmente et l'obstacle paraît insurmontable ; mais si on laisse un instant le cathéter en contact avec le point malade, le spasme cesse et l'obstacle est bientôt franchi.
On a conseillé, dans les rétrécissements spasmodiques de l'urèthre que la sonde a trop de peine à franchir, enduire l'instrument d'extrait de belladone. M. Mondière fait remarquer qu'on pourrait employer le même moyen avec succès dans le rétrécissement spasmodique de l'œsophage.
On voit, d'après ce que nous venons de dire, que l'emploi des sondes est le moyen qui s'est montré le plus efficace dans le plus grand nombre des cas : aussi est-ce celui que l'on doit le plus vivement recommander, lorsqu'il est bien démontré qu'il existe un véritable spasme du conduit alimentaire.
Enfin, il importe de signaler le fait indiqué par Boyer, et qui montre comment
UÏ^JWS?*0' med-prat- 1,afniœ'1729- - Mon^t, llisloiro de l'Académie royale (2) Miscell. nat. cur., dcc. III, nnn, 3, p. G.
on peut agir sur les malades dont l'imagination est frappée. Il s'agil d'une femme hystérique qui, ayant ressenti des picotements et de la douleur en avalant, n'osait plus prendre d'aliments solides, de peur d'être étranglée. Boyer ne nia pas la possibilité de l'accident, mais assistant pendant un mois au repas de la malade, il lui lit comprendre qu'il lui porterait promptement des secours efficaces. Peu à peu elle revint sans accident à ses habitudes ordinaires.