OESOPHAGISME, OU SPASME DE L'OESOPHAGE. - TRAITEMENT
If Feuilles de sauge \
— de véronique. . . jàâ une poignée Sommités de millefeuille. ;
Formule d'Hoffmann.
Fleurs de camomille une poignée.
Semences de fenouil.. j ^ g gram.
— d'auis étoile.
Faites infuser dans suffisante quantité d'eau. A boire par tasses.
Antispasmodiques à l'extérieur. -Fr. Hoffmann a encore insisté sur l'usage extérieur des antispasmodiques qu'il appliquait principalement sur la bouche et le pharynx. Ainsi il voulait qu'on mît une certaine quantité de thenaque sous la langue, qu'on fit parvenir lentement dans le pharynx et l'œsophage le castoréum, le camphre, le safran, quelques gouttes de liqueur anodine, de manière à agir sur le point affecté. N'est-il pas à craindre que les efforts de déglutition ne soient, en pareil cas, plus nuisibles qu'utiles.
Thomas Percival', cité par M. Mondièrc, réussit à faire disparaître un spasme de l'œsophage en faisant arriver dans ce conduit des vapeurs tVasa fœtida dissoute dans une infusion de plantes aromatiques. Pour mettre ce moyen en usage, on pourrait adopter la préparation suivante :
y Asa fœtida 10 Srnm-
Dissolvez dans :
Infusion bouillante de sauge et de romarin 300 gram.
Pour une fumigation trois fois par jour.
Recommander au malade de faire quelques mouvements de déglutition pendant la fumigation.
Narcotiques. — Les narcotiques comptent des succès plus évidents. Jourdan (1) cite un fait dans lequel le spasme de l'œsophage, qui était très violent, céda à l'administration de quinze gouttes de teinture d'opium, toutes les quatre heures. Il disparut après la sixième prise, de sorte que le sujet avait pris quatre-vingt-dix gouttes de teinture en vingt-quatre heures. Cette dose paraîtra énorme, et l'on comprend quels sont les accideuts qui pourraient résulter de cette administration dans tous les cas.
La jusquiame et la belladone ont été également administrées ; mais comme rien ne prouve que ces substances aient une action plus avantageuse que l'opium, il serait inutile d'y avoir d'abord recours.
C'est à l'extérieur surtout que les narcotiques ont été appliqués. Chambon de Montaut, cité par M. Mondière, rapporte qu'il guérit promptemenl un spasme de l'œsophage en couvrant le cou de cataplasmes faits avec la jusquiame et la ciguë. M. Suchet (2) fit faire dans un cas semblable des frictions sur les régions thoracique, trachéale, frontale et temporale, avec une mixtion où entraient ïèther acétique et l'opium de Rousseau. On pourrait employer, dans ce but, la préparation suivante :
(1) Dictionnaire des sciences médicales, t. X.
(2) Journal complet des sciences médicales, t. XV.
Vm.i.kix, 4e édit. — 111. A(i
l~- MALADIES DES VOIES DJGESTIVES.
Infusion de jusquiame. .. . 200 gram.
Éther aeétiçfue 4 gram.
Laudanum de Rousseau 30 gouttes.
Mais il n'est point do cas qui présente un succès plus frappant que celui oui a été cité par le docteur Omboni, et dans lequel on employa la morphine par ia méthode endermique. Un petit vésicatoirc ayant été placé à la partie antérieure et inférieure du cou, on appliqua sur la peau dénudée 0,025 gram. de sulfate de morphine, et quelques heures après cette application, la dysphagie, qui était très violente cessa pour ne plus se reproduire. Le docteur Eug. Bodin (1) a raouorté un cas du même genre qui n'est pas moins remarquable. Chez un sujet qui fut pris tout a coup d impossibilité d'avaler, et qui présemait à peine quelques traces d irritation dans le pharynx, ce médecin, après avoir employé inutilement, pendant six jours, les sangsues, les cataplasmes émollients, les fumigations vers la gorge lespediluves sinapisés, eut recours à l'application de la morphine sur un vésicatoire placé à la partie antérieure du cou, et, dès le lendemain, la déglutition se rétablit en partie. Il est à désirer que cette pratique soit renouvelée.
Huile de cajeput, balsamiques. — Jos. Frank recommande encore l'application extérieure de médicaments divers : ainsi, d'après Thunberg (2), il nous dit que des frictions faites sur le dos et le cou avec Vhuile de cajeput sont utiles dans cette maladie; et il recommande encore les fumigations sèches et balsamiques, dirigées vers la partie supérieure de la poitrine. Les substances dont on peut se servir pour pratiquer ces fumigations sont le succin, le benjoin et la myrrhe. Il est encore plus simple de recevoir la vapeur de ces substances sur un morceau de flanelle et d'en frictionner la partie inférieure du cou.
Préparations mercuriellcs. — Les préparations mercurielles ont été employées par Ev. Home, Abernethy, M. Trucy (3), et, suivant ces auteurs, avec succès. C'est en frictions que l'on administre ordinairement ces préparations, et c'est Yonguent mercuriel qui sert à ces frictions. On a cherché, dans les cas où ces médicaments ont été mis en usage, à déterminer une légère salivation. Sans niella possibilité de ces succès, je dois dire que le diagnostic aurait dû être établi, dans ces cas, d'une manière très précise. Nous avons vu, en effet, que les ulcères de l'œsophage déterminent la régurgitation spasmodique. Or il faudrait savoir si, en pareil cas, il n'existait pas des accidents consécutifs de syphilis.
Strychnine. — Dans un cas de spasme de l'œsophage lié à un élat hystérique, M. Mathieu (k), voyant que le malade ne pouvait avaler que des liquides, et avec beaucoup de peine, fit usage de la strychnine qu'il porta progressivement jusqu'à la dose de 2 centigrammes. Après six semaines de ce traitement, tous les symptômes du côté de l'œsophage avaient disparu.
Electricité. — On a aussi mis en usage l'électricité, et l'on cite plusieurs cas dans lesquels des décharges électriques, dirigées vers l'arrière-gorge, ont rétabli la déglutition devenue très difficile ou impossible. Si l'on voulait avoir recours à ce moyen, on pourrait employer Y électro-magnétisme, et se servir de l'instrument de Clarke ou de Breton.
(1) Journal de médecineet de chirurgie pratiques, t. V, p. 373.
(2) Disserl. de oleo cajep. Upsal, 1797.
(3) Société de médecine de Marseille, -1817.
(4) Gazelle médicale de Lyon, et Bulletin général de thérapeutique, 15 août 1852.