GASTRITE CHRONIQUE SIMPLE. — DIAGNOSTIC
plus ou moins complète ; que ces symptômes, accompagnés, précédés ou suivis de douleurs à l'épigastre, se montraient dans tous les cas ; que jamais les nausées et l'anorexie n'avaient manqué; que l'épigaslralgie avait été observée onze fois sur douze, etc.
» Nous venons de voir que ces symptômes persistaient avec des rémissions plus ou moins longues jusqu'à la mort; que, dans presque tous les cas, la maladie était lente. Nous avons en outre remarqué qu'elle se manifestait dans le cours des affections chroniques, et plus ordinairement dans la phlhisie pulmonaire , qu'elle précède rarement.
» Toutes les fois donc que nous rencontrerons chez des personnes atteintes d'affections chroniques, et ayant eu pendant longtemps des digestions difficiles, avec diminution de l'appétit, les symptômes indiqués, nous devrons , quand ils auront existé quelque temps, vingt jours, un mois, six semaines, par exemple, soupçonner l'existence du ramollissement avec amincissement de la membrane muqueuse de l'estomac (1). Dans les cas où ces symptômes viendraient à se déclarer sans altérations préalables des fonctions digestives, sans diminution de plus ou moins longue durée de l'appétit, et chez des sujets exempts de maladies chroniques, les soupçons seraient sans doute moins fondés. Cependant, comme ces suppositions se trouvent en partie réunies chez les sujets des VIIe, Xe et XIe observations, nous pensons que si les symptômes indiqués avaient duré six semaines ou deux mois, on devrait être à peu près certain de la maladie.
» Dans le cas où ces symptômes seraient peu prononcés, s'il-n'y avait que des nausées sans vomissements, un simple embarras ou une douleur obtuse à l'épigastre, si surtout le dépérissement était lent et si le malade conservait ses forces, le diagnostic serait nécessairement incertain ; car on pourrait penser avoir affaire à un cancer de l'estomac qui marche d'une manière très chronique , et l'absence d'une tumeur très sensible à l'épigastre est loin, comme on sait, de pouvoir lever tous les doutes.
» Nous ne prétendons pas d'ailleurs que les symptômes que nous avons indiqués soient les seuls existants, que le diagnostic de la maladie ne puisse reposer que sur eux seuls ; nos conclusions ne sont que l'expression des faits que nous avons observés, et nous ne doutons pas que les observations nouvelles ne conduisent à de nouveaux signes, ou ne modifient d'une manière quelconque ceux que nous venons d'indiquer. Rappelons-nous enfin que la maladie 'est quelquefois latente, et que les symptômes venant à manquer, le diagnostic en est absolument impossible. »
Pronostic. — Les cas de guérison cités plus haut prouvent que la maladie n'a pas par elle-même un degré de gravité extrême. Elle vient ordinairement s'ajouter, comme nous l'avons dit, aux lésions de la maladie préexistante, pour hâter la mort; mais, seule, elle ne donne pas lieu à cette issue funeste. On doit donc, dans les cas où elle survient chez des sujets dont la santé n'est pas déjà altérée, avoir le plus grand espoir de la voir se terminer d'une manière favorable.
(1) N'oublions pas que la description de ce ramollissement se confond avec celle de la gastrite chronique simple.
§ VI. — Traitement
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usions sanquines. — On n'est nnrrô >, ,,„>;.. .. gnines, dans la gaLite chronique, ^Z^T T
un certain degré d'intensité, se rapprochent de ceux de S cas de ce genre, des sangsues appliquées à l'épigastre enkfèm ,1 k mentles douleurs (Louis) : résulté assez ^ZT^To^X^
C\™ZÏ Pendr M- L°UiS fak' àP-P- ^ ce cas, la remarqué Sue « Toutefois nous observerons, par rapport au traitement de la première noie' que les analogiques ont été employés assez largement chez un deToTmSe ' dans cette même période, sans empêcher la lésion de la membrane Zq eu e 1 estomac de marcher comme dans les autres cas » aqueuse de
Vèsicatoires et autres topiques irritants. - Les vésicatoires faisant quelquefois cesser avec une grande rapidité des vomissements opiniâtres, on apropo é d'v avoir recours dans la gastrite chronique. Mais lorsqu'on les a employés avec uccès, avait-on affaire a une véritable inflammation? C'est ce qu'il est mpossible de dire. Ils ont été appliqués dans quelques-uns des cas observés par M. Loui mai sans résultat notable. On ne devra donc avoir en eux qu'une confiance limitée et en diriger surtout l'application contre les douleurs et le vomissement. Les mêmes reflexions s appliquent à l'emploi des sinaptsmes, des cautères, des moxas, des frictions avec I huile de croton tiglium, des emplâtres saupoudrés avec Vémétique, de la pommade d Autenrielh. 1
Narcotiques. - Les narcotiques sont habituellement mis en usage pour calmer les douleurs et arrêter les vomissements ; on doit les regarder comme faisant partie du traitement palliatif, qui peut rendre les symptômes plus supportables au début, mais qui, selon la remarque de M. Louis, n'a aucun succès à une époque avancée de la maladie. Les extraits d'opium, de datura, de jusquiame, seront prescrits à la dose de 0,03 ou 0,05 gramme, ou mieux encore on administrera des lavements d eau de guimauve avec addition de dix ou douze gouttes de laudanum de Sydenham. Des cataplasmes fortement laudanisés seront encore appliqués sur la région épigaslrique.
Antivomitifs. — La fréquence et la persistance des vomissements peuvent engager à prescrire la potion de Rivière, Veau de Seltz ou tout autre antiémétique ; mais si le symptôme est dû à une exaspération de l'inflammation chronique, on est généralement sobre de ces moyens.
Vomitifs. — Il semble que les vomitifs doivent, dans une maladie semblable, exaspérer considérablement les symptômes : cependant on voit, dans plusieurs observations de M. Louis, qu'ils n'ont nullement produit cet effet; mais, d'un autre côté, ils n'ont pas procuré d'amélioration notable, en sorte que, à moins de circonstances particulières, ou ne doit pas les mettre en usage ; et si, après les avoir administrés, on n'observe pas d'amendement sensible dans les symptômes, on doit y renoncer promptement.
Purgatifs. — Nous avons vu que, dans la plupart des cas où la gastrite chronique vient compliquer une autre affection, il y a une diarrhée qui n'est qu'un symptôme de cette dernière. En pareil cas, les purgatifs sont évidemment inutiles;