RAMOLLISSEMENT GÉLATINIFORME DE L'ESTOMAC
à nous, nous devons dire que, dans l'espace de trois ans passés aux Enfants trouvés, nous n'en avons pas rencontré un seul exemple bien déterminé, et, d'un autre côté, M. Louis n'en a jamais vu chez l'adulte, quoiqu'il ait examiné l'estomac dans tant de maladies diverses; ce qui prouve que si cette affection n'est pas très rare, du moins elle ne se montre pas indifféremment dans toutes les circonstances. Ce sont, au reste, des questions sur lesquelles nous reviendrons plus loin.
Causes. — M. Cruveilhier nous apprend que la maladie se montra d'abord a son observation sous forme épidémique, et régna durant les plus fortes chaleurs de l'été. Cet auteur ne regarde comme démontrées ni l'influence de l'éruption des dents, ni celle de la présence des vers dans le tube digestif, Il accorde une grande importance à certaines affections fébriles, et surtout aux affections cutanées, comme la scarlatine et la variole.
Telles sont les principales circonstances dans lesquelles, suivant cet auteur, se produit le ramollissement gélatiniforme. Quant aux causes qui favorisent son apparition, ce sont toutes celles qui irritent violemment l'estomac, et en particulier les amers et les purgatifs violents.
Dans les observations que nous connaissons, ce ramollissement s'est montré constamment comme lésion secondaire. Chez les sujets observés par Billard, c'était dans le cours du muguet qu'apparaissaient les symptômes gastriques. M. Cruveilhier, ainsi que nous l'avons vu, a rencontré la maladie dans le cours d'autres affections, et nous-même nous n'avons vu un ramollissement qui se rapprochât un peu de celui dont il est ici question que dans un cas de muguet intense. Sous ce rapport, par conséquent, le ramollissement gélatiniforme ne diffère pas sensiblement de celui que nous venons de décrire dans l'article précédent.
Symptômes. — Ce sont Billard et M. Cruveilhier qui ont décrit avec le plus de soin les symptômes de celte affection ; c'est à eux par conséquent que nous empruntons la description suivante.
D'après M. Cruveilhier, il y a d'abord une première période pendant laquelle se développent les phénomènes dont voici le tableau : La digestion se trouble; l'enfant est pris d'un dévoiement qui augmente rapidement; il dépérit à vue d'œil, devient difficile, capricieux, morose, veut toujours avoir le mamelon à la bouche s'il tette encore, et repousse les aliments qu'il recherchait le plus. Il a une soif très vive, ce que l'on reconnaît à l'avidité avec laquelle il saisit le vase qu'on lui présente. Cette première période peut durer depuis huit jours jusqu'à deux mois, et suivant l'auteur que nous citons, le dévoiement et les symptômes qui l'accompagnent ressemblent' tellement à d'autres maladies peu dangereuses, qu'il faut être sur ses gardes pour ne pas prendre le change.
La seconde période est la seule à laquelle Billard ait donné son attention; voici comment il la décrit : La maladie débute ordinairement par les symptômes d'une gastrite violente : tels sont la tension de l'épigastre, dont la région est douloureuse au toucher, et des vomissements, non-seulement du lait et des boissons, mais encore de matières jaunes ou vertes ; ces vomissements surviennent à chaque moment, soit immédiatement, soit longtemps après que l'enfant a bu ou mangé.
Nous connaissons en particulier U' mémoire de M. Iselin, de Mulheim, traduit dans los Archives de médecine [V série, 1810, t. VIII, p. 204). Mais plusieurs états divers étant confondus dans its travaux, il y aurait plus d'inconvénients que d'aA-antages à s'en servir.
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• Relativement à ces symptômes, M. Cruveilhier fait remarquer que l'affection de estomac peut aussi Chuter par des nausées précédant ée^orlemenVcZ 0t q" y a °n °Utre U,ie t0UX a»ec rotation, comme dans la coque-
Il y a quelquefois, ajoute Billard, de la diarrhée, et celte diarrhée varie suivant les sujets ; elle revient après avoir cessé un ou deux jours. Les matières du dévoiementsont très souvent vertes comme celles du vomissement
M Cruveilhier insiste sur cette couleur verte des déjections alvines Les selles d,t-i , sont vertes et semblable, à de l'herbe hachée. De plus, il ajoute qu'elle; exhalent une odeur pvtride. Mais continuons la description donnée par Billard •
Lzpeau, dit cet auteur, esl froide aux extrémités. Le poids, ordinairement irreguher, présente peu de caractères constants. La physionomie exprime naturellement la douleur; la face reste ridée, comme si l'enfant criait. Son cri est pénible sa respiration saccadée, et l'agitation générale est telle, qu'on serait porté à croire à I existence d'une affection cérébrale.
A ces premiers symptômes succède un état général de prostration et d'insensibilité, dont quelques réveils de douleurs viennent de temps en temps tirer l'enfant pour faire renaître l'agitation qui s'élait montrée au début de la maladie. Enfin, au bout de six, huit ou quinze jours, et quelquefois au bout d'un temps plus long encore, le malade succombe, épuisé par Yiusomme, les vomissements continuels et la douleur. Chez les enfants fort jeunes, il se manifeste à peine un peu de fièvre au milieu de ce désordre. Lorsque la maladie est chronique, la marche des accidents est plus lente.
M. Cruveilhier a insisté sur la plupart de ces symptômes, et notamment sur la grande agitation des malades. Il indique en outre le grincement des dents, l'état des yeux, qui sont à demi fermés el tournés en haut, quelquefois largement ouverts et immobiles; l'expression de la face, qui est cadavéreuse, et une émaciation, qui est portée au plus haut degré dans l'espace de vingt-quatre ou quarante-huit heures.
Tels sont les symptômes exposés par ces auteurs, qui les ont décrits méthodiquement. Si maintenant nous les examinons sous un point de vue critique, nous verrons qu'il n'est point parfaitement démontré que l'on doive les rapporter tous à la lésion de l'estomac. Prenons, en particulier, les observai ions de Billard. N'est-il pas un bon nombre de ces phénomènes qui paraissent appartenir bien plutôt à la maladie principale, c'est-à-dire au muguet, qu'à une lésinn de l'estomac que nous avons vue, plus haut, donner presque uniquement lien à des symptômes locaux? Qu'on se rappelle, en effet, la description que nous avons donnée du Muguet (voy. p. 432 et suiv.), et l'on verra que l'agitation venant interrompre un calme plus ou moins profond, la soif, le collapsus dans lequel tombent les malades, J 'émaciation, li diarrhée verte, sont des symptômes de cette maladie : nouvelle raison de cro' equck ollissement gélatiniforme de l'estomac n'est, dans la grande majorité des et. qu'une lésion secondaire due à une maladie fébrile antécédente. C'est ce qui nous explique la manière de voir contradictoire de plusieurs auteurs; caries uns n'ont eu égard qu'aux symptômes de la maladie principale, el les autres n'ont porté leur attention que sur les symptômes locaux, il n'est même pas démontré que les OmissemeBts si remarquables, observés dans les cas recueillis par