‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 287 sur 306 · HYPERTROPHIE SIMPLE · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE SIMPLE

r.ésistance et tuméfaction diffuse à la région épigastrique.

Ce signe n'existe pas.

Sonorité limitée et permanente à la percussion.

Vomissements à jeun ou immédiatement après les repas.

Durée longue .

[La maladie avec laquelle il convient surtout de comparer le cancer de l'estomac est l'ulcère simple de cet organe. Rien n'est plus facile que la confusion entre ces deux maladies; ce qui le prouve le mieux, c'est que l'ulcère simple est bien connu depuis peu, ayant été jusqu'à nos jours à peine distingué du cancer. Un auteur, auquel nous avons emprunté en partie la description de l'ulcère simple de l'estomac (voy. cet article), le docteur Brinton, indique les signes suivants comme devant servir à distinguer l'une de l'autre les deux maladies. En général, les symptômes du cancer de l'estomac n'apparaissent qu'à une époque relativement avancée de la maladie, alors que la tumeur existe et peut être sentie par le palper. Avant cette époque, il n'existe que peu de douleur, ou bien il y a une douleur lancinante, qui apparaît plutôt à la fin de la digestion qu'au moment où les aliments viennent

(l) Zeitschrift fur [ration, 'Med., Bd. Vllf, ot Archives générales de médecine, mai

MALADIES DliS VOIKS DIGLSTIVKS.

d'être ingérés. La matière des vomissements peut éclairer le diagnostic, parce qu'elle contient souvent des éléments épilhéliaux déformés, de ceux que l'on a appelés cellules cancéreuses. L'hémorrhagic, dans le cas de cancer de l'estomac, est rarement excessive, ei apparaît surtout dans les derniers temps, alors que l'ulcération s'est formée. Enfin, la durée différente des deux maladies, l'âge du malade, son aspect cachectique, sont des données qui aident au diagnostic]

Pronostic. — Ce que nous avons dit plus haut de la terminaison constamment funeste du cancer de l'estomac semble nous dispenser de parler du pronostic. Mais sans revenir sur cetle proposition générale, et en admettant que la maladie est nécessairement mortelle, on peut rechercher s'il est quelques signes qui annoncent une terminaison promptement funeste. Lorsque les vomissements se produisent tous les jours, et à plus forte raison plusieurs fois par jour, lorsque les douleurs épigastriques deviennent très vives, lorsqu'il survient un œdème des extrémités et surtout du tronc, on .doit s'attendre à une mort prochaine. Les vomissements noirs annoncent également que la mort est peu éloignée; car ce n'est qu'après une grande durée de la maladie que nous les avons vus apparaître.

§ VII. — Traitement.

11 n'est pas inutile de connaître les moyens qui ont été mis en usage; car s'ils n'ont pas sur la maladie une influence curative évidente, ils peuvent être employés comme palliatifs, et dans ces maladies douloureuses et de longue durée, on sait combien il est important de savoir comment on peut rendre supportahle l'état des malades. Exposons les diverses médications mises en usage, et apprécions-en, chemin faisant, la valeur.

Émissions sanguines, émollients, diète. — L'expérience a prouvé que les sangsues appliquées au creux de l'épigastre, la saignée, les boissons émollientes, n'ont pas eu les heureux résultats qu'on en attendait. Il est rare que les émissions san- "■uincs soient utiles comme palliatifs, et le dépérissement, l'état de cachexie des malades forcent bientôt à y renoncer. Quant aux simples émollicnts, ils peuvent, dans les premiers temps, paraître avoir quelques effels avantageux, puisqu'on les associe à une diète plus ou moins rigoureuse, et que les symptômes consistent principalement alors dans des troubles plus ou moins marqués de la digestion ; mais ce dépérissement dont nous parlions tout à l'heure oblige bientôt le médecin à se relâcher de cette diète sévère, qui n'empêche pas d'ailleurs la maladie de faire des progrès. Nous verrons, au reste, à l'article liégime, comment il faut diriger l'alimentation.

Traitement curalif. — Presque tous les autres auteurs ont cherché dans la matière médicale un assez grand nombre de remèdes qu'ils ont regardés comme spécifiques. On a surtout vanté les narcotiques, que nous allons passer rapidement en revue.

Narcotiques. — En première ligne il faut placer h ciguë, qui a joui d'une si grande réputation, surtout depuis que Stoerk (1) l'a préconisée comme un spécifique dans le traitement du cancer. La plupart des auteurs qui se sont occupés de

(1) Tractalus quo tlemomtralur cicuta non solw/n usuinler., etc. Vienne, 1 760.

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