‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 291 sur 306 · PERFORATION DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

PERFORATION DE L'ESTOMAC

Il est peu de maladies qui aient été l'objet de plus de travaux particuliers que la perforation de l'estomac. Se rattachant à des questions importantes de médecine légale, elle a attiré l'attention d'une manière spéciale. Mais les faits étant difficiles à observer, de nature variable, et donnant lieu à des interprétations diverses, plus on a cherché à discuter les questions qu'elle soulève, plus on a introduit de confusion dans l'histoire de la maladie. On a voulu embrasser dans une seule et même théorie des faits qui se rapportent à des causes organiques différentes, et les opinions émises, asssez souvent vraies pour quelques points particuliers, sont devenues presque toujours fausses par leur généralité.

§ I. — Considérations générales, division.

Pour bien comprendre l'histoire de la perforation de l'estomac, il faut d'abord se rappeler ce que nous avons dit plus haut. Xous avons constaté, en effet, qu'il y avait des perforations dues à un travail pathologique, et notamment à l'ulcère cancéreux et à l'ulcère simple perforant, tandis que d'autres étaient dues à un phénomène purement cadavérique ; et plus loin nous verrons qu'il faut également admettre une véritable rupture de l'estomac, dont il existe aujourd'hui un assez grand nombre de faits dans la science. Je mets de côté, pour le moment, les perforations dues à l'action d'un poison corrosif sur lesparois de l'estomac ; car il ne saurait en être question qu'au chapitre consacré aux empoisonnements.

Si l'on avait eu soin d'établir ainsi une distinction préalable, si l'on avait eu égard, non pas à quelques faits particuliers, mais à tous les faits, on n'aurait pas saus doute tant discuté sur la cause des perforations et sur la nature des lésions qui la produisent.

M. Lefèvre, chirurgien de la marine, à qui nous devons un travail intéressant sur cette question, a exposé avec d'assez grands détails les diverses opinions émises surtout depuis le commencement de ce siècle. Je me bornerai à un très court résumé de cet historique.

Je ne parlerai pas ici des idées de Galien, de Cselius Aurelianus ; de Boerhaave et d'Hoffmann, parce qu'elles ne sont pas fondées sur l'élude de faits posjlifs. Je ne ferai que rappeler les expériences de Hunter (1), de Spallanzani, et surtout de M. Carswcll, sur lesquelles j'ai insisté plus haut. Elles prouvent, comme nous

(1) Œuvres de Hunier, trad. par G. Richelot. Paris, 1843, t. I, p. 59 ; t. IV, p. 189.

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