‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 41 sur 306 · BRUITS DU COEUR · texte numérisé non relu

BRUITS DU COEUR

donc chercher une autre explication de ces bruits. On en présenta un grand nombre ; le lecteur trouvera dans l'excellent ouvrage de MM. Barth et Roger (1) un tableau où sont exposées les diverses théories proposées dans ces dernières années; nous nous contenterons de citer les principales.

Nous trouvons d'abord celle du professeur Corrlgan, qui attribue le premier bruit au choc du sang contre les parois ventriculaires dans la diastole, et le second à la coulraction ventriculaire. En fixant la diastole au premier temps, comme M. Beau, cette explication du premier bruit peut s'accorder avec la théorie des mouvements; mais il n'en est pas de même si l'on partage l'opinion générale, puisque, dans cette manière de voir, la diastole survient immédiatement après la contraction ventriculaire avec laquelle coïncide le premier bruit. Une réflexion semblable s'applique à la théorie du second bruit.

M. d'Espine (2) attribuait le premier bruit à la contraction du ventricule, et le second à sa dilatation; mais, d'après ce que nous avons vu plus haut relativement aux mouvements du cœur, l'explication du second bruit ne peut être admise.

Hope trouve la cause du premier bruit dans la tension des valvules auriculo-vcnti'îculalres, l'extension musculaire du ventricule et le bruit rotatoire dû à la contraction des fibres, bruit déjà signalé par Laennec. Quant au second bruit, il serait produit, suivant Hope, par le claquement des valvules sigmoïdes.

Cette théorie ne diffère pas sensiblement de celle qui a été proposée par M. Rouanet (3), d'après d'ingénieuses expériences, et qui a été admise par M. Bouillaud ûvec quelques additions. Dans cette théorie, le premier bruit est dû au claquement des valvules auriculo-ventriculaires dans la systole, et le second au claquement des Valvuves sigmoïdes dans la diastole. Tout récemment M. Monneret, dans un mémoire lu à la Société médicale des hôpitaux, a placé également les bruits du cœur exclusivement dans le claquement des valvules. M. Bouillaud y a ajouté l'abaissement brusque des valvules sigmoïdes pendant la systole, et l'abaissement des valvules auriculo-ventriculaires pendant la diastole.

Suivant Magendie, les bruits sont dus uniquement aux chocs du cœur contre les parois du thorax; au choc de la poiute pour le premier bruit , et au choc de la face antérieure pour le second.

M. Beau n'admet qu'une seule cause des bruits, c'est le choc du sang contre les parois des cavités du cœur pendant Leur dilatation. Aussi, dans sa théorie , le premier bruit est-il causé par le choc de l'ondée sanguine lancée par l'oreillette sur la surface interne du ventricule, et le second par le choc du sang frappant brusquement les parois auriculaires.

M. Williams admet deux causes diverses pour les deux bruits : la contraction thusculaire des ventricules produisant le premier , et le choc du sang contre les valvules sigmoïdes donnant lieu au second. La théorie du comité de Dublin est là Même, sauf qu'au premier bruit il faut ajouter le frottement du sang sur les parois Ventriculaires, et au second la brusque tension des valvules semi-lunaires.

Telles sont, parmi les nombreuses théories émises sur ce sujet, celles qui se disputent les opinions des médecins. Comment se prononcer dans un tel conflit d'ex-

(1) Traité d'auscultation, 5e édition. Paris, 1858.

(2) Archives gén. de méd., f« série, t. XXVI.

(3) Thèse. Paris, 1832, n" 252.

plications diverses ? En ayant égard à ce qui a été dit plus haut sur les mouvements du cœur, ou peut exclure, en tout on en partie, certaines théories que nous avons déjà indiquées. Mais il en est d'autres, telles que celles de Hope, de MM. Rouanet, Beau, Williams, etc., qui s'accordent très bien avec la théorie' des mouvements que nous avons admise et qui est fondée sur l'expérience. Il est très difficile d'avoir une opinion bien arrêtée sur elles, ce qui dépend de ce que les faits sont très complexes, les expérimentateurs n'ayant pas pu placer les sujets de leurs expériences dans les conditions nécessaires pour arriver à un résultat bien positif.

MM. Barlh et Roger, trouvant clans les expériences des divers auteurs plusieurs points qui leur paraissent démontrés, ont cru devoir rassembler les diverses causes fondées sur ces expériences pour en former les causes complexes des deux bruits du cœur. Ainsi ils admettent comme causes du premier bruit : ln la contraction musculaire des ventricules; 2° l'impulsion du cœur contre le thorax; 3n la tension brusque des valvules mitrale et tricuspide, la collision du sang contre ces valvules, le choc réciproque de leurs faces correspondantes; k" la collision moléculaire du liquide sanguin, comprimé et poussé vers les orifices ; 5° le frottement du sang contre les parois ventriculaires, surtout au niveau des ouvertures qu'il traverse. Et, comme causes du second bruit, ils reconnaissent : 1° la dilatation ventriculaire et la collision du sang qui afflue dans les ventricules; 2° la tension brusque des valvules sigmoïdes ; '6° le choc en retour sur leur face supérieure des colonnes de sang lancées dans les artères aorte et pulmonaire. Toutefois ces deux auteurs se hâtent de reconnaître que ces divers éléments ne concourent pas dans la même proportion à la production des bruits.

Les expériences de MM. Chameau et Faivre sont entièrement favorables, à la théorie de M. Rouanet.

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