‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 64 sur 306 · INSUFFISANCE AORTIQUE. — LÉSIONS AN ATOMIQUES · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE AORTIQUE. — LÉSIONS AN ATOMIQUES

observée par MM. Henderson et Charcellay, sont de nouvelles causes de mort qui viennent hâter la terminaison fatale. Hope , et ensuite M. Charcellay , ont admis une insuffisance aiguë des valvules, due à une luméfaction, à une déformation momentanée, à la présence de fausses membranes récentes dans les cas d'endocardite aio-uë. Dans ces cas, dont l'existence avait été prévue par M. Guyot, on peut espérer la "uérison delà maladie; mais on n'a cité qu'un petit nombre d'exemples de ce genre, exemples qui sont douteux, vu la grande difficulté du diagnostic. Celui que 31. Charcellay a rapporté, en particulier, manque des détails les plus nécessaires pour donner une valeur réelle à l'observation.

§ V. — lésions anatomiques.

Les lésions anatomiques, soigneusement décrites par les auteurs, sont très variables. M. Corrigan a indiqué comme cause matérielle de l'insuffisance la transformation fibreuse, cartilagineuse et osseuse des valvules; la destruction du bord libre de ces valvules ; leur perforation, leur rupture, et enfin leurs végétations. C'est à ces lésions, dont il avait constaté l'existence , que M. Guyot a ajouté certaines hypérémies actives et circonscrites aux valvules aortiques. Enfin M. .Charcellay en a signalé de nouvelles qui sont dues à une adhérence entre les bords des valvules voisines ou opposées, et à la procidence ou prolapsus d'une ou plusieurs d'entre elles. On peut , sous ces divers chefs, décrire toutes les nuances d'altération notées par les observateurs.

La transformation fibreuse, cartilagineuse, osseuse, empêchant les valvules d'opérer complètement leurs mouvements, ne leur permet pas d'oblitérer suffisamment l'orifice, et de là reflux ou régurgitation. Les végétations , en s'opposant à ce que les bords voisins arrivent à une contiguïté parfaite , peuvent également laisser un permis par lequel repasse le sang. L'adhérence de deux valvules voisines ou opposées peut produire le môme effet, et c'est alors surtout que l'orifice aortique paraît obstrué par un diaphragme fibreux, au milieu duquel existe une ouverture irrégulière et à bords rigides; il y a dans ces cas insuffisance avec rétrécissement. La destruction du bord libre des valvules laisse nécessairement un passage au retour du sang.

Quant à la perforation , à la déchirure et à la rupture , elles méritent de nous arrêter un instant. C'est surtout dans ces cas, dont MM. Guyot, Aran, R. Quain, nous ont donné les principaux exemples , qu'on a vu les symptômes se produire tout à coup; ce que l'on conçoit facilement, car la lésion pouvant arriver instantanément, des accidents graves doivent se manifester de même. Tantôt la perforation est simple et irrégulière , tantôt elle est multiple et la base des valvules est criblée d'ouvertures qui lui donnent un aspect réticulé. La procidence ou le prolapsus d'une valvule a été constaté par M. Charcellay. Lorsque celte lésion existe un de ces opercules, au lieu de venir en contact immédiat avec les antres, est refoulé plus inférieurement par le sang, qui, glissant sur sa face supérieure, tend à rentrer dans le retrait des valvules dû à une inflammation antécédente ; car il est facile de s»' t.iire une idée Suffisante de ces lésions.

Mais il est un autre état de l'orifice aortique qui mérite d'être mentionné Ici l'insuffisance ne dépend pas de l'altération des valvules : elles sont mobiles, saines

MALADIES DES VOIES ClKCULATOlltES

l'attention sur ce point. Guj0t qui le Premier a ■««

S VI. Diagnostic, pronostic.

D'après ce qui a été dit plus haut, l'insuffisance des valvules, lorsqu'elle exisL. sans les.on concomitante d'un autre orifice, ne présente pas de g r2 d^ouS

pLeiur appelous eu peu de inots ies Sig"es ^ ^^ffiï

Bruit de souffle au second temps, quelquefois converti en murmure musical roucoulement, etc. , mais ordinairement ne donnant aucune sens don 7e Se'se prodmsant au niveau de la troisième côte, se continuant dans le t, ajet d ao V et souvent même dans les carotides et les axillaire, Pouls large, rég uli , vd' apide, très visdde surtout dans les membres supérieurs, lorsque 1 malade él e es bras; suivant M. Hende.son, intervalle notable entre le battement du cœu e la pulsanon d une artère éloignée ; enfin, parfois, llexuosités des artères souscutanées.

Voyons maintenant avec quelles affections on pourrait confondre celle qui donue lieu a de pareils signes. Nous avons déjà montré plus haut que le rétrécissement mural ne saurait être de ce nombre , quoique ce soit la maladie qui paraît avoir embarrassé le plus les auteurs, et en particulier M. Hende. son. Nous avons rappelé en effet, que le rétrécissement mitral donnait lieu à un bruit de souffle au premier et non au second temps, comme les auteurs l'ont si singulièrement avancé. Il nous suffira donc de rappeler ce diagnoslic dans le tableau synoptique.

Nous agirons de même, et pour le même motif, pour le rétrécissement aortique. Quant à l'insuffisance des valoulcs sigmoïdes de l'artère pulmonaire, nous n'avons point à nous eu occuper, puisqu'on ne trouve pas une seule observation convenablement recueillie qui fasse mention de cette lésion.

V insuffisance mitrale et tricuspide donne lieu également à un bruit de souffle au premier temps, et, pour les mêmes raisons, ne peut être confondue avec l'insuffisance aortique.

On le voit donc, il n'y a point de lésion organique des orifices qui puisse être prise pour celle qui nous occupe Dans les cas de complication, il existe, il est vrai, un mélange de bruits au premier et au second temps; mais le dernier est toujours le signe pathognomonique de l'insuffisance , et l'autre sert à faire reconnaître la complication.

Restent donc les cas Où il se produit des bruits de souffle sans lésion organique. Dans ces cas, en effet, on peut entendre, vers la base du cœur, un double bruit de souffle ; mais alors le second bruit anormal ne se produisant que dans les artères, puisque les valvules ferment exactement l'orifice aortique, il ne se prolonge pas vers la pointe du cœur, comme le fait le bruit anormal de l'insuffisance ; le second bruit normal n'est pas couvert à la base du cœur aussi exactement que dans le cas d'insuffisance; enfin, il y a toujours les signes généraux de la chlorose et de l'anémie qui viennent jeter leur jour sur le diagnostic.

Page 1