‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 68 sur 306 · DES ALTÉRATIONS DES VALVULES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES ALTÉRATIONS DES VALVULES EN GÉNÉRAL

Nous avons dit plus haut que sous plusieurs rapports, et en particulier sous celui du traitement, les auteurs, vu sans doute la fréquence des complications et la nature presque toujours identique de la maladie, n'ont pas établi de distinctions suffisantes entre les diverses altérations des orifices du cœur. Il serait pourtant bien à désirer qu'il en fût ainsi; car rien ne prouve d'une manière absolue qu'on ne pût arriver à des résultats fort utiles, et nous en avons déjà une preuve dans le traitement particulier de l'insuffisance des valvules aortiques. Mais, dans l'état actuel de la science, il serait impossible de suppléer au silence des auteurs, et après avoir présenté toutes les particularités qu'il nous a été possible de signaler, nous devons envisager la question d'une manière un peu générale. Peut-être pensera-t-on qu'il eût mieux valu attendre, pour cette description, qu'on pût y faire entrer l'hypertrophie, qui est presque constante dans toutes ces maladies; mais il y a dans les lésions des orifices des circonstances indépendantes de l'hypertrophie elle-même, et qui méritent d'être considérées en particulier.

§ I. — Causes.

Nous avons vu que, pour les altérations'des orifices quels qu'ils soient, il n'existe que deux causes bien démontrées, qui sont : les progrès de l'âge et une inflammation le plus ordinairement secondaire, survenue dans le cours d'une maladie fébrile.

L'insuffisance des valvules semble seule reconnaître quelques causes qui lui sont propres, et qui ont élé mentionnées plus haut.

§ II. — Symptômes.

Plusieurs symptômes varient suivant la forme de la lésion qu'affecte l'orifice et suivant l'orifice lui-même. Ces signes distinctifs, nous les avons exposés, nous n'y reviendrons pas. Mais il en est d'autres qui sont communs à toutes ces affections; ce sont : la gêne de la circulation, les altérations du pouls, la gêne de la respiration, le malaise éprouvé à la région précordiale, et Vœdème plus ou moins étendu qui survient à une certaine époque de la maladie. C'est surtout contre ces symptômes qu'est dirigé le traitement général des lésions des valvules proposé par les auteurs. Plus donc ces symptômes sont intenses, plus les moyens qui vont être indiqués devront être employés avec rigueur et persévérance.

Nous avons vu que ces diverses affections se compliquaient très fréquemment entre elles. C'est ainsi que le rétrécissement mitral s'accompagne d'insuffisance aortique ; que celle-ci existe assez souvent avec un rétrécissement de l'orifice même ou on la rencontre ; que le rétrécissement aortique s'est montré, dans la moitié des cas au .noms avec un rétrécissement de l'orifice mitral, et enfin que les altérations des orifices du coté droit n'existent presque jamais sans qu'on en trouve de plus consulérables encore dans les valvules du côté gauche. Dès lors on sent qu'il " tre attentif à explorer les divers points du cœur, et ne pas cesser Te « ,"2 lorsqu on rencontre un certain nombre de signes physiques Auxquels d 2 ^

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l'ondrr des lésions suffisantes pour expliquer les principaux symptômes. On ne peut s empêcher de reconnaître aussi qu'eu pareil cas il n'est pas possible de donner des règles absolues pour le traitement, qui alors doit être nécessairement complexe.

g III. — Marche, durée, terminaison de la maladie.

La marche des alïeeiions des valu.les est, on général, d'autant plus rapide (iuc le sujet qui les présente est plus jeune, et qu'elles occupent un plus grand nombre de points a la lois. Les circonstances particulières viennent néanmoins assez souvent faire varier cette règle. Quant à la terminaison, nous avons vu, à propos de chaque lésion en particulier, qu'on n'avait point encore trouvé le moyen d'arrêter définitivement dans leur marche ces maladies qui ont une tendance invincible à taire sans cesse des progrès. Dans quelques cas seulement leurs progrès ont paru retardés par les moyens mis en usage.

S — Iiésions anatomïques.

Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit des lésions onutomiqi, es h propos de chacune de ces affections considérée séparément; nous ferons seulement remarquer que l'insuffisance des valvules aortiques est, de toutes ces altérations, celle qui présente les lésions les plus particulières.

§ V. - Diagnostic.

Le diagnostic général des altérations des orifices du cœur se lire principalement de la présence des bruits anormaux, sur lesquels nous avons dû longuement insister; cependant, et nous avons eu maintes fois occasion de le dire, il est des cas où des bruits anormaux très intenses existent sans aucune lésion des valvules. Lorsqu'il s'agira des bruits des artères, nous expliquerons comment ces phénomènes se produisent. Ou'il nous suffise de dire ici que les états morbides qui donnent lieu à ces bruits anormaux, avec intégrité des valvules, ont des symptômes généraux et des causes qui leur sont propres, en sorte qu'en y joignant les signes différentiels exposés dans les articles précédents, on arrive sans peine a ce diagnostic, dont l'importance est majeure, puisque le traitement en dépend. Les affections du péricarde donnent également lieu à des bruits anormaux qui pourraient être confondus avec ceux qui se passent dans l'intérieur du cœur. Mais c'est une question que nous traiterons à l'occasion des maladies de cette enveloppe séreuse.

§ VI. — Traitement.

Tous les auteurs sont unanimes pour conseiller les émissions sanguines; mais, Comme l'a fait Hopc, il faut avoir égard aux lésions accessoires et à l'étal dans lequel se trouve le malade. C'est, en effet, à tort que Lacnnec a recommandé d'une manière générale le traitement d'Alberlini et de Valsalva, que nous exposerons dans l'article consacré à l'hypertrophie. Les saignées excessives ne peuvent point, dit Hope, faire disparaître les lésions valvulalres; c'est donc réduire inutilement le malade à un état anémique, que de les pousser trop loin.

ALTÉRATIONS DES VALVULES EN ^GÉNÉRAL. — TRAITEMENT. Xkl

La saignée doit être employée plus hardiment dans les cas où il paraît exister encore quelques signes de l'état aigu, mais on doit s'en dispenser lorsque le malade est déjà anémique; car alors à une maladie du cœur on joindrait, à un degré plus haut, un état morbide qui indue sur cet organe d'une manière fâcheuse. Si, comme le fait encore remarquer Hope, au lieu d'une hypertrophie active, il y a une dilatation considérable des cavités du cœur; si les battements sont clairs, sans impulsion violente, on doit être sobre de la saignée, et, moins encore que dans le cas précédent, la pousser à l'excès; car alors les conséquences en seraient plus fâcheuses.

Ajoutons à ces considérations, empruntées aux auteurs, que le saignée est plus avantageuse dans les cas de rétrécissement considérable que dans toute autre affection organique partielle, et rappelons que, d'un avis unanime, on regarde l'insuffisance aortique comme la moins propre à être traitée par la saignée. Le lieu où il convient de pratiquer une émission sanguine a quelque importance : c'est principalement le bras que l'on choisit, quoique assez souvent la douleur et la gêne qui se font sentir à la région précordiale engagent à appliquer sur ce point des sangsues ou des ventouses scarifiées dont l'effet est assez efficace, ainsi que j'ai eu occasion de m'en assurer maintes fois. Si l'on constatait l'existence d'une de ces congestions sanguines du foie, qui se font souvent remarquer dans les maladies du cœur ou appliquerait les sangsues à l'anus, afin d'opérer le dégorgement; toutefois je dois dire que ce fait n'a pas fixé l'attention des auteurs ; bien qu'il soit important ils n'en font pas mention dans les observations. Au reste, nous voyons que dans cette appréciation des émissions sanguines il n'y a rien de précis et de positif : réflexion qui s'applique également aux autres moyens qui nous restent à examiner.

Après les saignées, les diurétiques constituent le moyen Je plus généralement employé. La facilité avec laquelle se produit l'œdème dans ces affections a dû naturellement conduire à cette médication, et c'est aussi dans les cas où cet œdème est considérable qu'il faut principalement insister. Mais, parmi les diurétiques, il en est qui doivent être plus particulièrement choisis suivant les cas. La digitale si fréquemment mise en usage, est surtout administrée lorsque avec un rétrécissement il existe une hypertrophie active des parois du cœur, et que les battements sont violents, rapides, tumultueux. Voici une formule, conseillée par Hope, dans lacruelle le mercure et la scille trouvent aussi leur place :

# Pilules bleues 0,15 gram. I Poudre de digitale. . . 0 03 ou n

Poudre de scille 0,05 gram. | ' '05 Sram-

F. s. a. une pilule. A prendre trois ou quatre fois par jour.

On peut employer la digitale seule, en la donnant en teinture éthérée à la dose de 8 a 20 gouttes progressivement, ou bien en poudre à la dose de 0 15 à OûO gram. par J0Ur, à prendre en trois ou quatre fois dans une cuillerée de' tisane

Le même motif qui a engagé lés auteurs à modérer l'emploi des saignées dans' les cas d «suffisance des valvules aorliques, les a empêchés d'user lar«emen Tl Z digitale. Ils ont vu qu'en affaiblissant l'action du cœur ils renda em h 1 , plus difficile, et jetaient le malade dans un état Z a lïn '^l IWnced'unè dilatation des parois avec aS^iSt mêmes motifs, se tenir dans la même réserve. ' P°Ul ,es

Le bitarlrate de potasse a été employé, et souvent à forte close. Hope assure eu avoir vu de très remarquables effets clans les cas d'oedème, surtout lorsqu'on le donnait à une close élevée, comme 15 grammes deux ou trois fois par jour, clans 500 grammes de tisane.

Les diurétiques salins à haute close, tels que Laennec les employait dans la pleurésie, peuvent aussi être mis en usage. Enfin on a employé la teinture de canthande, mais sans qu'il soit possible d'indiquer d'une manière positive quels en ont été les résultats. Ces diurétiques, dont nous retrouverons la prescription clans les autres maladies du cœur, n'ont aucun effet qui leur soit propre dans les cas de rétrécissement, et, comme la digitale, ils doivent être employés avec modération dans les cas d'insuffisance.

Les mêmes réflexions s'appliquent aux purgatifs, qui ont été administrés dans le même but que les diurétiques. Ce sont surtout les drastiques que l'on met usage : \ejalap, la gomme-gutte, Vélatérium, l'aloès. L'élatérium, suivant Hope, produit quelquefois des effets véritablement étonnants; mais il faut le donner avec beaucoup de précaution, ne commencer que par de faibles closes, et en outre ne l'administrer qu'aux sujets encore vigoureux. Voici la formule recommandée par cet auteur :

^ Poudre de capsicum annuum. 0,40 gram. j Calomel. Elatérium 0,03 gram. |

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