CONCRÉTIONS POT.YPIFORMES DU COEUR
nature de la maladie, a lieu d'autant plus facilement que l'agonie a déprimé toutes Jes fonctions tant animales qu'organiques.
Ou n'a point proposé de traitement contre ces productions morbides, et en fût-il autrement, on conçoit bien que nous ne nous y arrêterions pas, puisque pour nous la production des caillots polypiformes est le résultat de l'état très grave dans lequel se trouve le malade, et non la cause de cet état lui-même.
§ II. — Concrétions polypiformes adhérentes,
Les concrétions de cette espèce sont de toute évidence produites pendant la vie; leur adhérence, et nous entendons par ces mots la fusion de leur base ou de leur pédicule avec la membrane interne du cœur, ne peut laisser aucun doute à cet égard. Depuis que les anatomo-pathologistes se sont occupés de ce sujet, on en a cité des cas remarquables. Senac, Borsieri, Kreysig, Corvisart, Laennec, plus récemment M. Legroux (1) et M. Bouillaud (2), en présentent d'assez nombreux exemples dans leurs ouvrages.
En pareil cas, comment ces concrétions sanguines se sont-elles formées? Suivant les auteurs, elles se produisent de deux manières : tantôt une inflammation partielle de la surface interne du cœur donne lieu à une agglomération des molécules sanguines qui produit un caillot, lequel, à la manière des fausses membranes qui revêtent les séreuses, finit par adhérer fortement et par s'organiser; tantôt, et Laennec en a cité des exemples, une concrétion polypiforme contracte, par suite d'un contact prolongé, des adhérences semblables, et s'organise également.
Les symptômes auxquels, suivant les auteurs, et d'après les observations qu'ils ont rapportées, ces concrétions ont donné heu pendant la vie, sont une oppression considérable, une vive anxiété, parfois des lipothymies; la force, Y étendue, Y irrégularité des battements du cœur, les congestions veineuses, la petitesse du pouls, le refroidissement des extrémités, et, suivant M. Bouillaud, un bruit de souffle, tantôt simple, tantôt sibilant. Il est vrai qu'on trouve dans les observations citées les symptômes qui viennent d'être indiqués; mais, outre qu'ils ne sont pas constants, il y a dans la maladie principale des raisons souvent suffisantes pour expliquer ces accidents; aussi, sans vouloir dire que ces signes n'appartiennent pas aux concrétions polypiformes du cœur, nous devons faire remarquer que l'observation n'a pas mis leur importance suffisamment hors de doute, et qu'il reste encore beaucoup à faire sur ce point. Nous pourrions reproduire ici ce que nous avons dit plus haut à, propos des faits cités par M. S. Kirkes.
Dans leurs observations, plusieurs auteurs ont fait remonter à une époque assez éloignée la formation des concrétions polypiformes; mais les signes qu'ils ont donnés du début sont trop vagues pour qu'on puisse leur accorder une entière confiance.
Les concrétions polypiformes de cette espèce présentent quelquefois des dimensions énormes. Nous avons sous les yeux plusieurs observations où toute une oreillette, et quelquefois en même temps tout un ventricule, se trouvaient remplis par
uii/parisfJS^ k$ C°nCréli0nS mn^incs dit°s Polypiformes, développées pendant la (2) Traité clinique des maladies du cœur. Paris, 1841, t. II, p. 710.
un > corps de cette nature, avec des prolongements dans les vaisseaux; mais il n'est
LTére,:?n,m6 q,,C; (l-',S C6S C3S' radhéreûGe du CaiU°l ^ « Point b en léelle, ci I on serait plutôt autorisé à les ranger dans la première catégorie
I) autres fois, au contraire, ces concrétions, d'une médiocre étendue, siègent aux ouvrons d un des orifice, sur lesquels elles peuvent parfois s'abaisser, constituant alors ces végétations mobiles dont parle Corvisart. Elles adhèrent d'une manière évidente par un pédicule plus ou moins large, de telle sorte qu'on ne peut les arracher en laissant intacte la membrane interne du cœur. En pareil cas, on voit quelquefois dans le tissu de nouvelle formation des traînées vasculaires. M. Massimiliano Rigacçi en cite un exemple (1), et M. Vernois a fait voir à la Société anatomique des injections qui avaient pénétré jusque dans ces productions morbides
Quelquefois ces concrétions polypiformes sont comme infiltrées de sérosité, et quelquefois aussi elles contiennent une matière purulente qui, suivant M. Bouillaud, pourrait avoir été sécrétée par elles après leur organisation. On conçoit qu'alors elles puissent prendre une couleur particulière, jaune ou rosée, une dureté plus considérable, et être prises, comme elles l'ont été, en effet, par quelques auteurs, pour des polypes sarcomateux (2).
D'après ce que nous avons dit plus haut du peu de constance des signes et des symptômes généraux, il est certain que le diagnostic est environné de la plus grande obscurité. Quant aux effets produits par la présence de ces corps de nouvelle formation, on est naturellement porté à admettre qu'ils doivent être graves, puisqu'ils peuvent évidemment, dans certaines positions, apporter un grand obstacle à la circulation. C'est là une nouvelle cause de maladies organiques du cœur, d'obstruction des orifices, et, par suite, de dilatation et d'hypertrophie qui finissent par causer la mort.
Que dire du traitement des concrétions polypiformes? C'est un sujet trop obscur pour qu'on puisse s'exprimer avec précision, môme à l'égard des moyens palliatifs. Les émissions sanguines constituent le principal moyen recommandé par M. Bouillaud, et M. Legroux, ayant égard à la tendance qu'a le sang à se coaguler, a pensé qu'il serait utile d'administrer les sels de potasse et de soude comme dissolvants du sang. Ces moyens ne pourraient être véritablement utiles que dans les cas où il ne se serait pas formé une adhérence organique; car, s'il en était ainsi, il ne s'agirait plus de faire dissoudre un caillot, mais bien de faire fondre un tissu nouveau.
Nous n'insistons pas davantage sur des lésions que le praticien doit connaître, afin de ne pas les confondre avec d'autres, mais qui n'ont pas pour lui de plus grand intérêt.
(1) Anthologia, février 1828.
(2) Dans des cas très rares, il peut exister des polypes entièrement cliarnus. On en trouve un exemple dans le recueil de M. Pigné (Annales de l'analomie et de la physiologie pathologique). Quelle est l'origine de cette production? C'est ce qu'il est impossible de dire. On sent qu'avec si peu d'éléments, il serait inutile de la rechercher. Dans le cas que je viens de citer, il y avait des symptômes d'un rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche.
APOPLEXIE DU COEUU.
— CAUDITE.