‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 77 sur 306 · C AH DITE. — DIAGNOSTIC. 16 S · texte numérisé non relu

C AH DITE. — DIAGNOSTIC. 16 S

égard à toutes les circonstances qui environnent leur apparition, qu'on pourra avoir des soupçons sur l'existence de l'inflammation du (issu propre au cœur. .

Si, chez un sujet, principalement dans le cours d'une affection fébrile, il survient, à la l égion du cœur, Une douleur vive, avec anxiété ; si en même temps la circulation s'embarrasse, si le pouls devient faible, intermittent; si la dyspnée est considérable, et si l'on n'observe point de bruits anormaux correspondants aux battements du cœur, on pourra supposer l'existence d'une cardite, mais sans en avoir toutefois la certitude. Suivant Hope, il faudrait joindre à ces signes un désaccord plus ou moins marqué entre les battements du cœur et les pulsations artérielles.

Serait-il possible maintenant de diagnostiquer l'espèce de lésion qui existe dans le tissu du cœur? Ce que nous avons dit plus haut, en décrivant les symptômes, nous force à reconnaître qu'il n'en peut être ainsi. Seulement, lorsque l'intermittence et la faiblesse du pouls sont portés à un degré extrême, on peut penser qu'il existe un ramollissement plus ou moins considérable, avec ou sans infiltration purulente. On voit, au reste, que ces signes ne diffèrent pas très sensiblement de ceux qui ont été énumérés à l'article Endocardite, en sorte que ces deux affections, ainsi que M. Bouillaud l'a fait remarquer, ne peuvent pas, dans l'état actuel de la science, être distinguées d'une manière positive.

On peut arriver plus facilement, par voie d'exclusion, à la distinguer de quelques autres affections du cœur. Ainsi on ne la confondra point avec la pcricardite, parce qu'elle n'offre pas une matité étendue, une voussure, des battements du cœur t rès éloignés de l'oreille, comme l'inflammation du péricarde donnant lieu à un épan chement notable, et ne présente pas de bruits anormaux comme la péricardite sèche.

Ce dernier signe la fera distinguer de toutes les affections du cœur avec altération des orifices. En un mot, en ayant égard aux signes caractéristiques des autres affections qui manquent dans celle-ci, on ne laissera de confusion possible qu'entre elle et l'endocardite. Nous ne voulons point, au reste, dissimuler toute la difficulté de ce diagnostic, qui doit fixer l'attention des médecins, et qu'il serait très utile de connaître, puisque cette affection est une de celles qu'on pourrait espérer de traiter avec quelque succès. Nous ne donnerons point ici de tableau synoptique du diagnostic, n'ayant point de renseignements assez précis à fournir.

Pronostic — Pour se convaincre que le pronostic de la cardite est très grave, il suffit de se rappeler que, dans les cas bien avérés où nous l'avons rencontrée elle s'est terminée par la mort, et que, dans un assez bon nombre, elle a occasionné la rupture du cœur : cause de mort subite. Cependant on a cité, comme nous l'avons dit plus haut, quelques cas d'induration dans lesquels il paraît avoir existé primitivement une inflammation du cœur qui se serait ainsi terminée d'une manière chronique. Mais ces faits ne sont pas parfaitement concluants, et de plus ils ne dim.nuent pas très notablement la gravité de l'affection, puisque cette induration est ordinairement elle-même une lésion grave.

Y a-t-il eu quelques cas de guérison complète, radicale? On ne peut que former des conjectures à ce sujet, car, de l'avis de tous les auteurs, le dlagnos ic de cette ffoction n'offre aucune certitude. Par la voie du raisonnement, on pourrai. ?

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$ VU, — Traitement.

Nous ne possédons que très peu de recherches sur le traitement de la cardite et on le conçoit sans peine, puisqu'on ne peut établir que très imparfaitement son diagnostic. Les auteurs qui ont le plus insisté sur ce point, comme Krevsig, ne distinguaient l'inflammation du tissu propre du cœur, ni de l'endocardite, ni de la pericardite. Sous le nom d'inflammation de cet organe, ils décrivaient tout ce qui avait rapport aux phlegmasies de son tissu propre et des parties adjacentes. Comment auraient-ils pu parler du traitement avec quelque précision? Voici ce que l'observation nous apprend de plus positif.

Émissions sanguines. — Depuis très longtemps les médecins ont regardé comme très efficaces, dans les affections du cœur, les saignées très abondantes. Kreysig cite Trécourt qui, lorsqu'il supposait l'existence d'une inflammation du cœur, faisait, le premier jour, une saignée toutes les deux heures, et qui, dans un cas, enleva à une femme deux kilogrammes et demi de sang en soixante-douze heures. Kreysig approuve cette manière de procéder, et veut que l'on pousse les saignées, et surtout la première, jusqu'à produire la lipothymie. Nous n'avons rien à dire sur cette médication énergique, à l'appui de laquelle on n'a pas cité de relevés de laits exacts. Dans les cas particuliers rapportés par Kreysig, on ne trouve même point de symptômes suffisants pour faire diagnostiquer , non pas d'une manière positive, mais seulement avec quelque probabilité, l'existence d'une cardite. Les sangsues et les ventouses scarifiées ont été également recommandées. S'il faut en croire Kreysig, ou ne doit les appliquer qu'après les saignées générales et lorsque la lièvre commence à s'apaiser. Mais rien ne prouve qu'il soit fondé dans cette assertion.

Digitale , opiacés. — La digitale est proposée par la plupart des auteurs ; mais on voit, en lisant leurs observations , que c'est principalement dans les cas de palpitations chroniques qu'ils l'ont employée. Quelques-uns craignent que, s'il y a ramollissement, la digitale ne produise de mauvais cffels en enlevant aux parois du cœur leur énergie et en les soumettant à une distension contre laquelle elles ne peuvent pas réagir. On peut en dire autant des opiacés que Kreysig prescrivait dans les cas de palpitations tumultueuses, mais avec modération, de peur d'occasionner une paralysie de l'organe.

Calomel. — Le calomel a été particulièrement vanté par cet auteur, qui ne l'administrait qu'au moment où les symptômes avaient perdu un peu de leur intensité. Voici sa formule composée :

')£ Calomel 0,80 gram. Magnésie d'Édimbourg ) 4

Kermès minéral 0,20 gram. Sucre \

Nitrate de potasse 4 gram.

Mêlez et divisez en huit paquets égaux, dont on donne un toutes les deux heures.

Enfin, on a prescrit des antispasmodiques, des diurétiques, et même quelquefois des toniques, lorsque la faiblesse du pouls et des battements du cœur annonçait que cet organe avait perdu presque toute sa force.

Révulsifs. — Pendant qu'on administre ces remèdes à l'intérieur, on emploie à

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