CAR DITE. — LÉSIONS ANATOMIQUES
31. Gueneau de Mussy (1), entre autres, en a cité deux exemples remarquables. La cardite a, par conséquent, deux espèces de terminaisons très différentes : dans l'une, les symptômes allant sans cesse en augmentant, il se déclare une grande dépression des forces , avec dyspnée, faiblesse des battements du cœur et du pouls , froid des extrémités, etc. ; puis le malade succombe avec des signes d'asphyxie, et quelque1fois clans de violents accès de suffocation ; dans l'autre, saisis tout à coup d'une vive anxiété et quelquefois poussant des cris violents, comme M. Hippolyte Cloquet (2) en a cité un exemple, les malades meurent subitement. Ces derniers cas sont ceux de rupture par ramollissement inflammatoire. Enfin, ce que nous avons dit plus haut relativement à Vinduration du cœur, suite d'une inflammation de son tissu propre, doit nous faire admettre que, dans quelques cas malheureusement mal déterminés, cette inflammation peut se dissiper, mais en laissant ordinairement après elle des lésions dont la gravité ne saurait être méconnue.
§ V. — lésions anatomiques.
C'est, comme nous venons de le signaler, principalement d'après les lésions anatomiques qu'on a établi des divisions trop nombreuses dans les altérations aiguës du tissu du cœur. Ce que nous avons dit dans cet article suffira pour la description de quelques-unes de ces espèces qui intéressent fort peu le praticien, telles que le ramollissement, l'induration, les abcès, l'infiltration purulente, les ulcérations et la gangrène. Quant aux ruptures, comme dans plusieurs cas elles ont été produites par d'autres causes, nous y reviendrons un peu plus loin.
Ramollissement. — Lorsqu'un sujet a succombé à une cardite aiguë, on trouve le tissu du cœur ramolli dans une plus ou moins grande partie de son étendue, se réduisant dans quelques points en bouillie, et se déchirant au moindre effort. C'est ordinairement dans la portion interne de l'épaisseur de ses parois que se trouve le ramollissement, et alors l'endocarde participe à un plus ou moins haut degré à l'altération du tissu musculaire. Nous avons vu plus haut que, dans les parties ramollies, on trouvait quelquefois une apoplexie par petits foyers isolés, semblable à l'apoplexie capillaire du c rveau; dans d'autres cas, il y a seulement une couleur rouge plus ou moins brune, qui diffère assez sensiblement de la couleur du tissu à son état normal : c'est là ce qu'on a nommé le ramollissement rouge; clans d'autres encore, le cœur est blanchâtre, il est infiltré d'une substance graisseuse; mais comme, dans ces cas, on trouve ordinairement des foyers purulents, il est probable que cet aspect graisseux du cœur était dû plusieurs fois à une infiltration purulente du tissu serré qui le constitue. C'est là le ramollissement blanc, qui diffère toutefois de cet autre ramollissement qu'on trouve dans les affections fébriles, et oui n'a point de caracière inflammatoire.
M. le docteur James Undran (3) a vu le cœur ramolli et ses fibres profondes déchirées chez un homme de soixante ans, mort subitement au milieu d'une parfaite santé. Il n y avait pas d'épanchement de sang dans le péricarde.
*ous avons dit plus haut tout ce qu'il était nécessaire de savoir sur Vinduration ;
(I ) ArcKvesgén. deméd 1" série, l. XXII, p. 258, cl t. XXVI, p. 257. 2 Bullelm de la Faculté de médecine de Paris. (3) Non h. Journ. ofmed., avril 1845.
Valleix, 4e édit. — m.
162 mmmm mes wm circulatoihks.
nous allons donc passer immédiatement à la description des abcès du cœur dont on a cite un assez grand nombre d'exemples.
à&eèà du co:ur. — Dans le plus grand nombre des cas, les abcès trouvés entre • les hbres musculaires étaient multiples, peu volumineux, tantôt siégeant clans la profondeur même des parois, tantôt dans un point rapproché soit de la surface in- : terne, so.t de la surface externe. Le pus qu'ils contiennent est ordinairement blanc et bien lié. Cependant, clans quelques cas, on le trouve, au contraire, sanieux et j comme putride. C'est ordinairement clans les parois du ventricule gauche que se fonhent ces abcès, dont on n'a trouvé la cause dans une phlébite qu'une seule fois chez les sujets dont nous avons pu consulter les observations. Toutefois nous avons vu, dans le cas cité par M. Bevili Peacock, que les oreillettes ne sont pas exemptes de celle altération. Mais c'en est assez sur une lésion qui ne fournit aucun signe particulier, pas même la douleur.
Ulcérations. — Les ulcérations du 'cœur, observées dans l'afTection qui nous occupe, diffèrent de celles qui ont été décrites à l'article Endocardite aiguë, en ce qu'elles sont le résultat de la rupture du foyer purulent, soit clans les cavités du cœur, soit dans h; péricarde, suivant que ce foyer est voisin de la surface interne ou de la surface externe. On se fait fac ilement une idée de ce que doivent être ces ulcérations ordinairement profondes, dans lesquelles on trouve le tissu musculaire déchiré, réduit, en bouillie, d'où résulte une cavité ordinairement irrogulièrc. Autour de ces ulcérations, comme autour des abcès, le tissu musculaire du cœur est ramolli dans une plus ou moins grande étendue.
Uuptdre. — Comme nous l'avons dit plus haut, la cardile peut se terminer par rupture, et alors on trouve une perforai ion soit d'une oreillette, soit d'un ventricule, soi I enîiii de la cloison inlcrvcntrirulaire. Il est remarquable que dans tous les cas que nous avons rassemblés, et dans lesquels la rupture pouvait être rapportée à une inflammation du tissu du cœur, c'est toujours dans les parois des cavités gauches que celle-ci a eu son siège. Cette rupture, de forme très irrégulière, se présente comme une déchirure à bords lacérés, lorqsue l'elfort du sang a produit seul l'ouverture de la paroi ramollie. Lorsqu'elle est le résultai d'une ulcération, comme dans un cas cité par M; Cuencau de !\lussy, elle peut présenter un aspect infundibuliforme, ou bien ressembler à deux cônes renversés se joignant par leur sommet, si deux ulcérations ont marché l'une vers l'autre en sens inverse.
(iiinr/rènc. — Enfin on a cité de très rares exemples de gangrène du tissu propre du en-iir. Pour ma part, nous n'en connaissons qu'un seul qui est rapporté par ME. Kennedy (1), eî où la maladie survint dans un cas d'affection ancienne de l'utérus, dont le tissu présentait lui-même les caractères de la gangrène; mais il intuile de s'appesantir davantage sur ce sujet.