‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 8 sur 306 · PLEURÉSIE A1GUE. — DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

PLEURÉSIE A1GUE. — DIAGNOSTIC

MM Nelter (1), Barthez et RiUiet (2) et par la plupart des autres observateurs. Le retentissement de la voix, dans ce cas, donne lieu au chevrotement ou égophome, bruit causé, suivant M. Nctter, par le mélange de la bronchophonie simple avec le souffle bronchique éclatant, tandis que dans la pneumonie il n'y a qu'une bronchophonie ordinaire. Enfin la voix paraît traverser directement les parois de la poitrine, sans les faire vibrer comme dans la pneumonie. On voit déjà que, lorsqu'il en est ainsi, le diagnostic, même dans ces cas difficiles, acquiert un haut degré de précision ; nous ajoutons que. si, en pareille circonstance, on faisait varier les phénomènes 4en changeant la position du malade, tous les doutes seraient levés; mais il est au moins très rai e qu'on obtienne ce changement.

Il est des cas où la respiration bronchique est très étendue, où elle est superficielle, intense, et ne change pas suivant la position des malades. Alors le diagnostic devient plus difficile. Cependant, avec quelque attention, on peut l'établir d'une manière positive. On aura égard, pour y parvenir, au peu de rapport qui existe généralement entre l'étendue des symptômes locaux et l'intensité des symptômes généraux. En auscultant attentivement, on trouvera presque toujours un point à la partie inférieure où la respiration paraîtra plus lointaine, et enfin la marche de la maladie, les caractères de l'expectoration, viendront confirmer un diagnostic qui offrait déjà de grandes probabilités.

Mais si la pleurésie peut présenter la respiration bronchique, et prendre par là les caractères de la pneumonie, celle-ci, à son tour, peut offrir une absence complète du bruit respiratoire, et simuler par conséquent la pleurésie. En pareil cas, la mensuration de la poitrine, l'effacement des espaces intercostaux, l'absence des crachats caractéristiques, le peu d'intensité du mouvement fébrile relativement à l'étendue de la lésion locale, feront reconnaître la pleurésie.

Tels sont les signes distinctifs de la pleurésie aiguë avec épanchement ; mais il est quelques variétés qui demandent de nouveaux détails. On a observé, avons-nous dit, des cas de pleurésie sèche, c'est-à-dire avec simple exsudation de quelques fausses membranes minces. En pareil cas, la matité n'existe pas, et il n'y a point d'altération sensible de la respiration. Le point de côté étant presque toute la maladie, on pourrait croire à l'existence d'une simple pleurodynie. On évitera cette erreur en recherchant le frottement pleurétique et en notant le mouvement fébrile, qui appartient bien plus à la pleurésie qu'à la pleurodynie simple.

Nous ajoutons que M. Roy (3), médecin de l'Hôtel-Dieu de Lyon, dit avoir trouvé le moyen de reconnaître un épanchement pleurétique, quelque petit qu'il soit. Ce moyen est le suivant : On applique la main gauche sur le côté de la poitrine affecté, puis on percute les côtes avec la pulpe des doigts de la main droite; et chaque percussion donne lieu à une fluctuation que perçoit très distinctement la main placée à la base de la poitrine.

Les pleurésies partielles, telles que la pleurésie diaphragmatique et médiastine, sont d'un diagnostic très difficile, attendu qu'elles ne donnent lieu à aucun signe particulier de percussion et d'auscultation. On n'a donc, pour se guider, que la douleur, la gêne de la respiration et les symptômes généraux.

(1) Gazelle médicale, janvier 1843.

(2) Traité des maladies des enfants. 2' édition. Paris, 1855, \ Ie', p. 554, t3) Revue médicale, avril 1851 ,

Quant à la pleurésie double, elle pourrait être confondue avec un simple hydrothnrna: Voici comment on distinguera ces deux affections . L'hydrothorax est une maladie qui vient en compliquer une autre; répanchement a lieu en même temps des deux côtés; il n'existe point de douleurs dans le thorax, ou, s'il en exisle, elles sont légères. La marche de la maladie est chronique dans le plus grand nombre des cas Les symptômes généraux sont ceux de la maladie principale. Or nous avons vu que la pleurésie simple aiguë, dans les cas rares où elle est double, envahit les deux côtés de la poitrine successivement; qu'elle n'a lieu que dans des cas où la maladie a un haut degré de violence et où sa marche est très aiguë; que le point de côté se fait violemment sentir, et qu'enfin les symptômes généraux sont graves.

rsous no croyons pas devoir pousser plus loin ce diagnostic , attendu que les autres affections, telles que la bronchite, Yemphysème pulmonaire, e'c, qui ont quelques rapports avec la pleurésie, présentent des différences si tranchées, qu'on ne peut pas supposer l'erreur possible, et quant aux cas où la respiration caverneuse ou amphorique, le gargouillement, la pecloriloquie, ont pu faire croire a l'existence d'une caverne tuberculeuse, ils sont trop exceptionnels pour qu'il ne suffise pas de les mentionner comme nous l'avons fait dans la description des symptômes.

TABLEAU SYNOPTIQUE DU DIAGNOSTIC

1° Signes positifs de la pleurésie aiguë. Malilè complète à la base de la poitrine, avec absence d'élasticité sous le doi,t

%mTlcméme point, respiration faible, nulle ou lointaine.

SS^w *rn> « 61 la colonne verlébrale dans u"

èsp 'ce limité.

t^^TZtX^^ on tait prend,, au malade une autre P°îou*'peu violente, sèche, ou avec expectoration muqueuse.

V Signes distinctifs de la pleurésie commençante et de la pneumonie.

PNEUMONIE

Page 1