PLEURÉSIE AIGUË. — DIAGNOSTIC
plus ou moins chargée de flocons albumineux, d'autres fois par un liquide purulent, et parfois il participe de ces deux états, la sérosité étant mêlée d'une plus ou moins grande quantité de pus. Nous avons cité plus haut des cas où la sérosité était chargée d'une petite quantité de sang, et auxquels les auteurs ont donné à tort, suivant nous, le nom de pleurésies hémorrhagiques.
Les fausses membranes que l'on trouve dans la pleurésie aiguë sont ordinairement minces, peu consistantes, d'un blanc grisâtre, quelquefois jaunes ou légèrement colorées de rouge, et faciles à détacher de la plèvre sous-jacenle. Elles ne commencent à s'organiser et à acquérir une assez grande consistance que dans les cas où la durée de la maladie se prolonge. Elles sont ordinairement rugueuses. Enveloppant le poumon dans une plus ou moins grande étendue, recoin rant la plèvre costale , envoyant des prolongements du poumon aux parois thoraciques et d'une épaisseur très diverse, elles présentent des formes très variées. Au-dessous d'elles, la plèvre paraît quelquefois plus ou moins profondément ; Itérée. On la trouve épaissie, rouge, injectée; mais ce n'est point la plèvre elle-même qui présente ces altérations, c'est le tissu sous séreux auquel l'inflammation se communique. Quelquefois cette membrane est comme chagrinée sur le poumon, par Suite ie la rétractiou de cet organe. Mais une lésion plus importante, c'est Y ulcération de la plèvre consécutive à l'épanchement. On trouve, en effet, dans quelques cas, une perforation du poumon et une ulcération correspondante de la plèvre costale ïu niveau même du point occupé par le liquide : la perforation du poumon peut même, dans ces cas, donner lieu, pendant la vie, à l'expectoration abondante du iquide contenu dans la plèvre. On se demande naturellement si celte perforation n'a point eu lieu avant la pleurésie, et si celle-ci n'en était point une conséquence. Mais on ne peut guère s'arrêter à cette opinion, lorsqu'on remarque que le pounon ne présente aucune des lésions organiques qui produisent sa perforation, et pie l'ulcération de la plèvre existe aussi bien sur la paroi thoracique que sur 'orgaue lui-même. On peut se demander encore si cette ulcération est causée par a violence de l'inflammation ou par la présence d'un liquide irritant. I a réponse ?st plus difficile. Cependant la constance avec laquelle la lésion se fait au niveau pu liquide semble prouver que la seconde supposition est la véritable. M. Beau i trouvé le névrilème des nerfs intercostaux enflammé au-dessous des fausses membranes.
Nous avons déjà dit que le poumon et les organes voisins étaient repoussés dans les cas d'épanchements très considérables. Le cœur peut être transporté à droite, le diaphragme est abaissé et les viscères de la région supérieure de l'abdomen refoulés en bas. Telles sont les lésions observées dans la pleurésie aiguë, lésions bien connues aujourd'hui, et sur lesquelles il est inutile d'insister plus longtemps.
S VI. — Diagnostic, pronostic.
H semble, au premier ab ,rd, que rien n'est plus facile que le diagnostic do la pleurésie; mais quand on entre dans les détails, on s'aperco t bientôt fi.fi! n'en est pas toujours ainsi. Cela tient à ce que les phénomènes observés peuvent varier n> n- Nement suivant les cas, mais encore suivant les diverses époques de la maladie. 1 eu résulte qu on ne saurait rien dire d'absolument applicable à tous les cas
et c'est ce qui a donné lieu à quelques discussions intéressantes. Laennec luimême, qui a tant fait pour le diagnostic des maladies de poitrine, a introduit un peu de confusion dans celui de la pleurésie, parce qu'il n'avait pas pu se rendre parfaitement compte de plusieurs phénomènes particuliers. Les recherches récentes, et surtout celles de M. Hirtz (1), sont venues donner un plus haut degré de précision à ce point important de la pathologie des voies respiratoires. Recherchons, d'après ces documents, comment le diagnostic doit être établi, principalement dans les cas difficiles.
S'il existe dans un côté de la poitrine une matité étendue, complète, avec absence d'élasticité sous le doigt qui percute; si, dans le même point, la respiration est faible nulle ou lointaine; si les vibrations de la poitrine sont anéanties lorsque le malade parle ou tousse; si la respiration est conservée seulement entre la colonne vertébrale et le bord interne de l'omoplate, dans un espace limité ; s il y a de 1 égophonie dans un point voisin, on ne peut guère douter de l'existence d'une pleurésie. Cette existence est démontrée, si la maladie a débuté par un violent point de cote, si la fièvre n'a eu qu'une intensité médiocre, si la toux a été rare et l'expectoration nulle ou simplement muqueuse. C'est là le cas le plus simple. Voyons maintenant ce nui peut arriver dans d'autres circonstances.
Relativement à l'ancienneté de la maladie, nous voyons que les choses peuvent être très différentes. Quelquefois la matité s'étend très rapidement et occupe presque tout le poumon; puis, par le mouvement indiqué par RI. Hirtz, le liquuk s ^accumulant à la base, laisse libres les parties supérieures. Ce cas, déjà entrevu pai fennec qui avai attribué ces phénomènes à une suffocation du poumon dans es Sers' moments (2), n'offre pas de difficultés plus sérieuses, puisque les choses S^Î^J oi-i nue dans la pleurésie; il sert plutôt, au contraire, a con-
flTi s ™f ntcette précipitation du liquide vers les parties déclives ait eu lieu Mais avant que cent jm j considérable, le carac-
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