TRAITEMENT DE M. BOU1LLAUD
La méthode d'Albertini et de Valsalva ne doit être mise en usage que quand l'hypertrophie est énonlie; il est impossible d'indiquer d'une manière précise le nombre et la quantité des saignées que l'on doit pratiquer. Chez un adulte de force moyenne, affecté d'une hypertrophie d'étendue également moyenne, trois ou quatre saignées du bras, de 350 à 500 grammes, pourront être pratiquées dans le cours du traitement, et l'on y joindra une ou deux applications de ventouses scarifiées sur la région précordiale, à la dose de 240 à 300 grammes de sang chacune. La digitale, sans être bannie du traitement interne, sera appliquée avec beaucoup d'avantages par la méthode endermique. On placera un vésicatoire sur la région précordiale, et chaque jour on recouvrira sa surface de poudre de digitale, à la dose croissante de trente à soixante-quinze centigrammes; enfin, le régime sera le même que dans les traitements précédents.
On voit que dans ces traitements il n'y a rien de précis et de positif. Les auteurs ont évidemment écrit sous des impressions plus ou moins générales, et quelquefois d'après leurs idées théoriques. C'est au praticien à choisir dans ces médications celle qui lui paraîtra la plus appropriée, en observant avec soin les effets des moyens qu'il mettra en usage. Toutefois il faut remarquer cet accord des auteurs pour l'utilité de la saignée, de la digitale et de la diète, qui sont les principaux moyens dirigés contre l'hypertrophie.
Je pourrais maintenant exposer quelques autres traitements fondés sur des idées différentes : ainsi Corvisart, Kreysig, et les auteurs qui les ont précédés, avaient grand soin de mettre en œuvre ce que l'on appelle la médecine des indications. Pans ce traitement il faut rechercher s'il y a eu suppression d'un flux, afin de le rappeler; s'informer s'il n'y aurait pas répercussion d'une maladie cutanée, afin d'employer les moyens appropriés; rechercher l'existence des vices scrofuleux, arthritique, de Vinfection vénérienne, afin de les combattre. Mais s'il est vrai que nous avons la plus grande difficulté à reconnaître l'existence de ces causes; si l'existence même de plusieurs d'entre elles est très hypothétique ; si l'expérience n'a nullement prononcé sur la valeur de ces indications; s'il n'y a point de faits concluants qui parlent en leur faveur, comment préconiser ces traitements fondés sur de pures théories? Toutefois, si l'on trouvait à la maladie une cause évidente, de violentes émotions, par exemple, ou si l'on avait quelque raison de noire que la suppression d'un flux quelconque est pour quelque cliosc dans sa production, on devrait fixer avec soin son attention sur ce point.
(1) Traité clinique îles maladies du cœur. Tarif, 1S41.
11YPKRTK0PIIIE DU CGEUR. — TRAITEMENT. 195
Quant à certains médicaments particuliers, comme le sulfate de quinine, les tnercuriàux, etc., je ne crois pas devoir en parler, puisque je n'aurais rien de précis à en dire.
Résumé, ordonnances. — Il résulte des développements dans lesquels je viens d'entrer, que le traitement de l'hypertrophie du cœur est à peu près le même, sauf quelques différences dans l'énergie des moyens, dans les cas simples et dans les cas compliqués; c'est pourquoi je me bornerai à donner un petit nombre d'ordonnances pour les cas principaux.
I™ Ordonnance.
HYPERTROPHIE SIMPLE, CHEZ UN SUJET JEUNE ET VIGOUREUX, DONT LA CIRCULATION PRÉSENTE