‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 88 sur 306 · ATROPHIE DU COEUR · texte numérisé non relu

ATROPHIE DU COEUR

L'atrophie du cœur n'intéresse qu'à un degré médiocre le praticien. Nous ne possédons à ce sujet que des observations fort incomplètes, et dans lesquelles la petitesse plus ou moins marquée du cœur et la ténuité de ses divers tissus ont été seules convenablement décrites.

Kreysig rapporte un certain nombre de cas où le cœur avait un très petit volume. Ainsi chez des adultes, qui d'ailleurs ne présentaient pas un degré d'émaciation extrême, cet organe égalait à peine en grosseur celui des jeunes enfants. Cette atrophie' était-elle congénitale? C'est ce qu'il est permis de penser. Le docteur Squibb (1) rapporte l'observation d'un homme robuste qui, après avoir éprouvé un refroidissement, ressentit du malaise, de la faiblesse et un sentiment de défaillance dans la région précordiale; le pouls était faible et intermittent. Trois semâmes après au moment où l'amendement était très notable, le malade périt subitement. A l'autopsie, on trouva une atrophie du cœur : les parois des oreillettes étaient si amincies, qu'il fallut prendre de très grandes précautions pour ne pas les déchirer. On a cité un assez bon nombre d'autres exemples d'atrophie du cœur qui doivent être regardés comme de simples amaigrissements; car on les trouve chez les sujets affectés d'une maladie chronique ancienne et fortement; émaciés.

D'après le docteur Walson (2) il y a deux formes d'atrophie : l'une dans laquelle l'organe diminue de volume; l'antre, mal connue, dans laquelle le muscle subit une dégénérescence graisseuse.

Suivant m Paget (3), le cœur conserve sa forme; mais il y a de 1 empâtement, il manque d'élasticité et de consistance. On dirait qu'il y a un commencement de

(l) Gazelle médicale de Montpellier, 15 octobre 185 1.

12) The InsUlule, décembre 1850, et Union médicale, 23 oclob1C 1851.

(3) Ibid,

DÉGÉNÉRESCENCES DU COEUR. li"

décomposition, sans que l'organe ait été atteint de rigidité cadavérique. Ni sa surface, ni son intérieur, n'offrent celte couleur rouge brun d'un cœur sain qui ressemble à un muscle puissant de la vie animale. Dans l'atrophie, le cœur est d'un brun sale, moins foncé: il offre ça et là des lâches irrégulières et d'un fauve pâle.

Cette affection a-t-elle quelques signes qui la fassent reconnaître? D'après M. Bouillaud, ces signes sont : l'absence ou la très petite étendue de la matité à la région précordiale, la petite étendue des battements du cœur, la faiblesse des bruits et des chocs, enfui la petitesse du pouls, ou au moins sa mollesse et sa faiblesse. Dans les cas cités par Kreysig, il y avait, au contraire, des palpitations assez fortes sur lesquelles cet auteur a insisté. Ces différences ne tiennent-elles pas à la distinction établie plus haut, c'est-à-dire à ce que, chez les sujets observés par Kreysig, la maladie était congénitale, tandis qu'elle était accidentelle dans les cas indiqués par M. Bouillaud? Mais nous n'insisterons pas davantage sur une lésion qui ne nous offre aucune application pratique importante.

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