‹ Guide du médecin praticien, ou, Résumé général de pathologie interne et de thérapeutique appliquées [electronic resource]Chapitre 89 sur 306 · DÉGÉNÉRESCENCES DU COEUR · texte numérisé non relu

DÉGÉNÉRESCENCES DU COEUR

Les diverses lésions de ce genre n'offrent guère, plus que la précédente, d'intérêt bien grand pour le praticien, et pour le même motif, nous glisserons très rapidement sur leur description.

§ I. — Dégénérescence graisseuse du cœur.

On trouve assez fréquemment le cœur non-seulement environné, mais encore pénétré d'une quantité plus ou moins considérable de graisse. La couche musculaire paraît amincie, et quelquefois d'une manière très remarquable. M. Bizot a rencontré assez souvent l'état graisseux du cœur, mais bien plus rarement chez l'homme que chez la femme. Cet état est surtout remarquable chez les phthisiques, et coïncide, ainsi que l'a dit M. Louis (1), avec l'état gras du foie Laennec a trouvé cette infiltration graisseuse chez des sujets morts de diverses maladies; mais il n'a jamais observé, non plus que Corvisart, aucun symptôme qui pût être rapporté à cette lésion. Cependant M. Cruveilhier pense que la dégénérescence graisseuse peut être la cause de la rupture du cœur; un cas observé par M. Grateloup vient seul à l'appui de cette manière de voir, qui par conséquent a besoin de nouvelles preuves. N'insistons donc pas sur une lésion qui n'a jusqu'à présent d'intérêt que sous le point de vue de l'anatomic pathologique.

§ IL — Induration cartilagineuse ou osseuse du tissu propre du cœur.

Cette lésion est beaucoup plus rare que la précédente. J. Frank, sous le nom de hthiasis du cœur, a décrit en même temps l'ossilication des membranes qui . entrent dans la composition de cet organe et celle de son tissu propre. Laennec n'a jamais rencontré cette dernière; mais d'autres auteurs en ont cité des exemples

(I) lkchmhos sur lu phthisic, 2° édit. Paris, 1S 43, art. Cquur.

iyîS MALADll-S DES VOIES CIRCULATOIRES.

très remarquables. On les Irouve rapportés dans tous les auteurs qui se sont occupés des maladies du cœur: Haller, Burns, Kreysig, Berlin, Renauldin, Broussais, ont trouvé des cœurs ossifiés ou cartilagineux dans une grande étendue.' Cette induration se rencontre plus souvent dans les ventricules que dans les oreillettes. Elle se montre plus fréquemment chez les vieillards que chez les jeunes sujets, ce qui doit nous faire admettre que dans un bon nombre de cas elle est le résultat des progrès de l'âge. Mais c'en est assez sur cette lésion dont on n'a constaté l'existence qu'après la mort.

S III. — Tubercules du cœur.

Les tubercules du cœur sont fort rares. M. Louis, qui a poussé les investigations si loin à ce sujet, n'en a rencontré aucun exemple. Laennec n'en a vu qu'un très petit nombre de cas, auxquels le docteur ïowsend (1 ) et M. Saussier (2) sont venus en joindre de très intéressants. Enfin, M. Aran (3) en a mentionné dans un mémoire important, dans lequel il a réuni les faits les plus authentiques des diverses dégénérescences des oreillettes. Mais comme on n'a trouvé absolument aucun symptôme qui se rapportât à celte lésion, nous passerons outre.

§ IV. — Cancer du cœur.

Ce n'est guère encore que sous le rapport de l'anatomie pathologique que le cancer du cœur a été étudié. Il était, en effet, impossible, dans les divers cas qui ont élé rapportés depuis le docteur Carcassonne (U) jusqu'aux auteurs récents, d'assigner quelques symptômes particuliers à celte espèce de dégénérescence. Dans un bon nombre de ces cas, les malades ayant succombé à des maladies tout à fait étrangères, on ne s'était pas même douté de l'existence de l'affeclion du cœur. Dans les autres, il y avait eu quelques symptômes du côté de cet organe, mais rien ne les distinguait de ceux de toute autre affection ayant le même siège, et, chose remarquable, dans aucun il n'est question des douleurs particulières que l'on observe souvent dans le cancer.

On ne connaît qu'un petit nombre d'exemples de cancer de l'endocarde. Les principaux sont dus à MM. Rokitansky (5), Cruveilhier (6), Sims (7), Prescott- Ilewett (8), et Latham-Ormerod (9).

Les signes en sont très obscurs. Dans le cas cilé par M. Latham-Ormerod, il y avait un murmure sysloliquc presque musical à la pointe du cœur; un bruit de souffle doux sur le trajet de l'aorte et de l'artère pulmonaire; propagation des bruits du cœur jusque sous les clavicules: absence presque complète du murmure

(1) Journal des sciences chim. el méd. de Dublin, 1833.

(2) Thèse de Paris, 1834.

(3) Recherches sur les tumeurs et les dégénér. du cœur {Archives de medeeme, V série, 1846, t. XI, p. 172, 274).

(4) Mémoires delà Société de médecine. Pans, 1777-78, pag. 2o2.

(5) Handbuchdcr palhologischm Analomie, 2e édit. Vienne, t. II, 1860.

(6) Analomic pathologique du corps humain, in-fol. avec pl. eolor.

(7) Med.-chir. Trans., t. XVIII.

(8) London médical Gazelle, t. XXXVIII.

(9) Med.-chir. Transactions. London, l. XXXI, 1847.

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