DU MÊME AUTEUR
L’Éducation physique en Suède, avec planches
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Physiologie artistique, album de chromophotographies .. 4 fr. »
Plan d’un enseignement supérieur de l’éducation physique. ..1 fr. »
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Les bases scientifiques de l’Éducation physique, avec 198 figures . .. 6 fr. »
Mécanisme et éducation des mouvements, avec
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A Monsieur BEDOREZ
Directeur de l’Enseig-nement primaire du département de la Seine.
Ce petit ouvrage n’a peut-être que le mérite d’avoir été longuement médité et d’être écrit avec conviction.
En vous le dédiant, je l’adresse à un ami dévoué de l’enfance et à un ancien camarade de ma jeunesse.
Ce sont des titres précieux qui lui feront trouver certainement auprès de vous un bienveillant accueil..
Votre appui moral sera pour moi un encouragement dont j’ai besoin pour faire de nouveaux efforts dans la voie que je me suis tracée.
AVANT-PROPOS
La Commission de révision des programmes d’enseignement, instituée en 1887 et dont nous avions l’honneur d’être le rapporteur, avait élaboré un ^ Manuel complet d’exercices et de jeux scolaires qui fut publié sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique.
Dans notre pensée et dans celle des Membres de la Commission, ce Manuel devait être accompagné d’un guide destiné à faciliter la tâche du professeur, à lui donner la clef du choix des exercices et le moyen de composer des leçons complètes variées et graduées.
Ce guide n’ayant pas été publié, le présent recueil n’a pas d’autre but que de combler cette lacune.
On y trouvera deux intentions bien définies :
D’abord celle de grouper, autant que cela est possible, les exercices cités dans le manuel officiel, suivant les effets principaux que l’on doit en attendre, et de les classer par ordre de difficnlté et d’intensité croissantes.
C’est ensuite d’établir les leçons sur un type unique, répondant à tous les besoins de l’enseignement et qui assure à celui-ci une efficacité réelle. Nous n’avons pas voulu faire une théorie militaire que l’on suit littéralement, nous n’avons eu que l’hygiène pour objectif;
AVANT PROPOS
il est bon de laisser de l’initiative au personnel enseignant, et de le convaincre qu’il peut rester fidèle à un plan rigoureux en variant cependant les détails d’une infinité de manières différentes.
Cela est nécessaire lorsqu’on s’adresse à de jeunes élèves.
Une suite de mouvements secs, constamment répétés, dégoûte l’enfant et n’amène pas chez lui cet état cérébral heureux que la joie seule peut produire. 11 s’en suit une dépense insuffisante d’énergie et un effet hygiénique à peu près nul.
Aussi mêlons-nous les jeux scolaires aux exercices gymnastiques et ne conservons-nous même de ces derniers, à l'École, que ceux dont le but est bien défini et qui sont d’une application pratique.
Nous avons attaché la plus grande importance aux attitudes dans lesquelles sont exécutés les mouvements, et nous avons donné un développement nouveau aux exercices du tronc en utilisant comme résistance le poids du corps sous différentes inclinaisons.
C’est au cours de missions à l’étranger et principalement en Suède, en 1891, que nous avojis été frappé des résultats obtenus par ce moyen.
On est ainsi assuré que l’élève n’élude pas l’effort qu’on lui demande ; le maître peut graduer cet effort à sa volonté sans dépasser les forces de l’élève. Il n’a pour cela qu’à faire varier l’inclinaison du tronc, à combiner les exercices avec des mouvements de bras, et à maintenir les attitudes un temps plus ou moins prolongé.
La course, les jeux de plein air, l’escrime, le vélocipède demandent une grande dépense de travail musculaire, c’est pour cette raison qu’ils ont un effet hygiénique marqué sur les grandes fonctions de la vie.
AVANT-PROPOS
Mais ils n’exigent pas les bonnes attitudes du corps, ils peuvent même, si l’on n’y prend garde, exagérer des vices de conformation.
Inversement, les mouvements d’ensemble usités dans les écoles et appelés mouvements d’assouplissement dépensent si peu de travail musculaire, comparativement aux exercices précédents, qu’il ne faut pas en attendre grand’chose au point de vue hygiénique proprement dit.
Cependant, ces mouvements peuvent avoir un grand effet sur la forme du corps si on les choisit et si on les exécute de façon à fortifier les parties faibles,en vue de rétablir l’harmonie.
Les enfants chétifs ont un vice de conformation presque général, ils ont le dos voûté, les épaules portées en avant, les omoplates mal fixées au thorax.
Ils conservent plus tard cette déplorable tenue que l’on observe si fréquemment et que les appareils de grimper ne font qu’exagérer au lieu d’y porter remède.
Cet état de faiblesse ne peut que s’aggraver et entraîner avec lui la gêne du poumon, du cœur et des gros vaisseaux, c’est-à-dire des fonctions circulatoire et respiratoire.
La caractéristique de la vieillesse, n’est-ce pas l’affaissement du corps sous son propre poids. On peut arrêter et empêcher même cet effondrement sénile en fortifiant le corps par l’exercice général et surtout en portant spécialement la nutrition sur des muscles utiles au redressement deTa colonne vertébrale et à la solidité de l’épaule. On agit ainsi par ce moyen sur laçage thoracique en Ta déployant dans des attitudes bien choisies.
Nous n’avons pas cherché à innover, le nombre des exercices connus est déjà assez grand. Le perfection-
AVANT PROPOS
nement de l’Éducation Physique ne dépend pas de l’invention d’une machine nouvelle, il est la conséquence de l’ordre et de la méthode avec laquelle on classe ce qui existe, et du parti que l’on sait en tirer.
C’est dans l’intelligence et dans le savoir du professeur, que réside tout le succès. Aussi, est-ce à lui que nous nous adressons, heureux si nous lui communiquons un peu de l’amour que nous avons pour des études qui touchent de si près à l’avenir de notre pays, et que vingt-cinq années de travail n’ont pas amoindri.
L’amélioration morale des hommes est liée à leur état physique. L’Éducation physique, en définitive, se propose d’augmenter le rendement de chacun en travail et d’utiliser au mieux cette dépense d’énergie, elle est donc pour toute nation une question économique de la plus grande importance.
Ainsi compris, le rôle de l’Éducateur est prépondérant; sa tâche deviendra moins ingrate dès que ces vérités auront été comprises ; les hommes qui gouvernent doivent s’en pénétrer, et, dans une société bien organisée, chacun, dans la mesure de son savoir et de ses forces, a pour devoir de mettre la science au service du bien général.
Juillet 1898.