‹ Guide du mécanicien conducteur de machines locomotivesChapitre 1 sur 98 · RUE DE LA MADELEINE · texte numérisé non relu

RUE DE LA MADELEINE

Le but de ce livre est d’apprendre aux conducteurs de machines locomotives la théorie et la pratique de leur profession. •

l^a théorie qui leur est nécessaire se borne aux notions sur l’emploi du combustible à la génération de la vapeur dans les conditions propres aux foyers et aux chaudières des machines locomotives; sur l’emploi de la vapeur à haute pression, et sur les règles mécaniques de sa distribution dans les cylindres ; sur le travail auquel sont soumises les pièce.s qui servent à la transmission des forces et du mouvement; sur les rapports qui existent entre les machines et le chemin de fer sur lequel elles fonctionnent.

La pratique d’une théorie aussi peu étendue est facile à acquérir; elle n’exige que de l’intelligence et de l’attention ; moins d’habitude et d'expérience , à défaut d’instruction , que les connaissances de métier telles que celles d’ajusteur-mécanicien et de forgeron.

Bien qu’il soit plus facile aux ouvriers qui connaissent l’ajustement et le montage des machines d’entretenir les machines locomotives dans leurs assemblages, et par conséquent de tenir leur mécanisme en bon état d’entretien , toujours est-il que cette plus grande facilité qu’ils peuvent avoir à apprendre , à entretenir et

à conduire les machines, ne doit les engager à abandonner leur profession pour prendre celle de conducteurs de machines locomotives, qu’autant qu’ils manqueraient dans leur état des connaissances suffisantes pour arriver à gagner un salaire élevé.

En France, la généralité des ouvriers manque d’éducation professionnelle ; c’est bien rarement que l’on en voit quelques-uns obtenir , au moyen d’efforts inouïs et dans un âge trop mûr, les connaissances que leur enfance aurait reçues avec facilité. Ceux-là sortent de la classe commune, et bientôt le prix élevé de leur salaire devient la juste rémunération des peines qu’ils se sont données pour s’élever à quelques notions théoriques.

Les autres atteignent, suivant leur adresse, leur assiduité et leur conduite régulière, un salaire au-delà duquel ils ne peuvent plus prétendre à aucune amélioration dans leur position.

Nous conseillerions à ces derniers d’embrasser la profession de conducteurs de machines locomotives, s’ils étaient susceptibles de se plier aux habitudes régulières et assidues que cette profession exige ; s’ils étaient capables de comprendre la persévérance docile et patiente, le dévouement au devoir qui doit animer les conducteurs de machines locomotives.

Mais, il faut bien le dire, le manque d’instruction a eu la plus triste, la plus fâcheuse influence sur le moral des ouvriers qui travaillent le fer dans les ateliers de construction.

L’habitude de changer souvent d’atelier, de consacrer un jour par semaine à dépenser le fruit du travail

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