AVANCE DU TIROIR. — TUYAU D’ÉCHAPPEMENT CHEMINÉE ET CONDUITS DE FUMÉE
Dans une noie précédente nous avons présenté sous forme de tableaux les quantités de travail que des machines locomotives dont nous avons donné les dimensions sont en état d'effectuer.
Nous n’avons tenu compte que des résistances inhérentes au mécanisme; nous avons négligé toutes celles qui tiennent au mouvement de la vapeur et de la fumée.
En supposant dans nos calculs une réduction du quart de la quantité de vapeur produite, nous avons entendu tenir compte, par cette hypothèse, des résistances que nous ne calculions pas ; en sorte que les quantités de travail que nous avons indiquées pour chaque machine sont à-peu-prés égales à celles que donne l’expérience.
Dans celle note nous rechercherons les diverses résistances que produit le mouvemenlde la vapeur et de la fumée, et uous les apprécierons ; nous ferons facilement ressortir les raisons qui s’opposent à ce que les machines actuelles dépassent certaines vitesses maximum, et à quel prix on obtient ces grandes
vitesses.
L’importance de ces questions, jusqu’à présent très peu étudiées, aurait demandé plus de place que nous ne pouvons en consacrer à la fin de cet ouvrage; on ne sera donc pas étonné si nous n’entrons pas dans autant de détails que nous l’eussions désiré et que le sujet le comporte d'ailleurs. Du reste nous conserverons les mêmes méthodes de calcul que précédemment ; c’est-à-dire, rejetant toute formule, nous tirerons nos conclusions d’après une série de tableaux et de résultats dont la composition peut être facilement comprise : mais si cette méthode est à la portée de tout le monde , elle est aussi plus restreinte.
Nous avons été souvent obligés, pour arriver à une conclusion, de passer par une série de suppositions dont l’exactitude ne se vérifiait que plus lard , successivement et les unes par les autres.
D’autres fois nous avons cru pouvoir non- appuyersur des faits admis pour
les machiues fixes, mais qui peuvent u’étre pas rigoureusement exacts pour les machines locomotives.
Cependant les indications que nous avons tirées de ces calcul^ seront au moins proportionnelles et pourront ainsi éclairer la question.
Nous diviserons celle note en quatre sections , savoir :
§ 1". Du mouvement de la vapeur par les conduits , robinets et lumières.
§ II. Mouvement de la vapeur dans le tiroir, et disposition de celui-ci ; avance du tiroir, etc.
§ III. Du tuyau d’échappement et de la pression moyenne qu’il maintient contre le piston.
§ IV. Mouvement de l'air dans les tubes conducteurs de fumée, par la grille et dans la cheminée.
Nous terminerons enfin en déterminant les proportions qui nous paraissent les plus convenables à donner aux diverses parties de la machine pour tout ce qui regarde le mouvement de la vapeur et de la fumée.
Afin de simplifier les considérations dans lesquelles nous allons entrer, nous commencerons par admettre sans démonstration aucune que les vitesses d’écoulement de la vapeur et des gaz, en général, sont exactement celles qui sont indiquées par les formules d'écoulement des liquides, c’est-à-dire que les vitesses sont dues à une hauteur génératrice égale à celle d’une colonne de gaz d’une même densité qui ferait équilibre à la pression effective ou à la différence de pression entre les deux milieux.
Des vitesses de vapeur de près de fioo m. par t " se développent à chaque coup de piston dans la marche des machines locomotives ; très souvent il y a des écoulemens constans de vapeur à la vitesse de 53o m. par i
L’imagination a peine à suivre de pareils faits , que l’on pourrait mettre en doute si l’infaillibilité du calcul, sous ce rapport, n’était pas confirmcepar l’expérience. Eu effet, nous verrons par la suite quelle pression notable nous obtenons encore malgré ces vitesses si considérables ; de telle sorte que si elles n’étaient pas aussi fortes que nous le supposons, les résistances sc perpétuant davantage entraveraient encore plus les machines et les empêcheraient d’effectuer leur travail ordinaire. Quoiqu’il semble extraordinaire de partir de vitesses de vapeur près de deux fois aussi graudes que la vitesse des ondes sonores dans l’atmosphère 1 , on est forcé d’admettre complètement ces données, qui sont déjà énoncées dans la première note(pages 207 et 208), et dont nous faisons un fréquent usage aussi bien que des poids et volumes de la vapeur aux diverses tensions données dans le tableau ( page 201).
1 La vitesse de ton dans l'atmosphère est do 333 m. par 1" : ainsi, un coup de canon tiré à 4000 m. n’est entendu à cette distante que 13’* après que la lumière a paru ; tandis qu’un jet de vapeur à 5 atm. s’écoulant dans l’atmosphère a une vitesse telle (569 m.) , qu’il lui suffirait île 7" pour parcourir le même espace.
-Ni§244§tN-
SECTION 1. — Dü MOUVEMENT DE LA VAPEUR PAR LES ROBINETS , CONDUITS ET