HÉMORRHAGIE DU VAGIN
§ I. — Définition.
Quelques faits, dont les principaux sont rapportés par Gendrin (1), par Dugès et par Mmc Boiviu(2), prouvent qu’une quantité assez notable de sang peut suinter à la surface du vagin ; mais ces hémorrhagies ne sont pas assez abondantes pour faire craindre pour les jours de la malade. Cette abondance peut considérablement
augmenter et rendre la maladie sérieuse. Il faut être prévenu de la possibilité du fait.
Dans le cas rapporté par Dugès et IVl,nc Boivin, et emprunté à M,ne Lachapelle,
(1) Gendrin, Traité philos, de médecine pratique. Paris, 1839, t. II, p. 10.
® 1 Boi\in, traité des maladies de l’utérus et de ses annexes. Paris, 1835, t. II,
MALADIES DES FEMMES
l’écoulement de sang était accompagné d’une douleur assez vive; mais ce n’est pas le cas le plus ordinaire.
§ IL — Diagnostic.
On pourrait confondre celle hémorrhagie avec une hématurie, parce que le sang se trouve mêlé aux urines; mais si l’on introduit une sonde dans la vessie, on voit celles-ci sortir claires, ce qui dissipe l’erreur. On reconnaît la source du sang en employant le spéculum et en examinant le vagin immédiatement après l’avoir nettoyé à l’aide d’une injection. C’est à sa partie supérieure que se fait ordinairement le suintement. Dans les cas cités par Gendrin, l’hémorrhagie vaginale coïncidait avec un écoulement de sang par l’utérus, et l’on voyait ce liquide sourdre de toute la surface du museau de tanche et de la partie supérieure du vagin.
§ III. — Traitement.
Si la perte de sang était assez abondante ou d’assez longue durée pour causer des inquiétudes, il faudrait diriger contre elle les moyens indiqués à propos des autres hémorrhagies, et principalement de Y épistaxis (1) ; car le traitement de l’hémorrhagie vaginale ne présente rien de particulier. On mettrait surtout en usage les injections froides et astringentes, et l’on aurait recours, s’il le fallait, au tamponnement, dont l’application, en pareil cas, serait nécessairement des plus faciles et des plus efficaces.
ARTICLE 11
VAGINITE SIMPLE AIGUË.
S’il est démontré que rien dans les lésions, dans les symptômes, dans la marche delà maladie, ne peut faire distinguer une vaginite vénérienne (vov. tome IV) d’une vaginite simple, il ne reste plus qu’à dire quelques mots des causes qui peuvent produire cette dernière, causes dont la connaissance peut seule servir de base au jugement du médecin.
§ I. — Causes.
Les causes sont toutes les irritations violentes ou de longue durée qui portent leur action sur le vagin. Or, comme il est rare que des causes de celle nature agissent avec un suffisant degré d’intensité sur les parois du vagin, il en résulte que la vaginite simple aiguë, la vaginite non vénérienne, est une affection très-rare, beaucoup plus rare que la vulvite de même nature, par la raison que la vulve est presque uniquement exposée aux violences, et que dans les cas même où l’action se porte sur le vagin, celui-ci, plus extensible, leur échappe plus facilement. De toutes les irritations produites sur le vagin, il n’en est pas qui donnent plus fréquemment lieu à une vaginite de quelque intensité que l’introduction des pessaires, et surtout le long séjour de ces corps étrangers dans le conduit.
§ II. — Symptômes.
Les symptômes sont les mêmes que ceux de la blennorrhagie; seulement on
(1) Voyez tome II, p. 227.
VAGINITE GRANULEUSE. — CAUSES. 2o
admet généralement que, toutes choses égales d’ailleurs, ils sont moins violents, et que la maladie à une durée moins longue.
§ III.— Traitement.
L’affection cède plus facilement aux moyens simples, comme les émollients, les Jmns, et un régime doux; cependant c’est encore là un sujet de recherches qui ne doit pas être négligé. Les moyens mis en usage, lorsque l’affection a une certaine intensité, sont les mêmes que ceux que l’on oppose à la blennorrhagie.
( Dans un grand nombre de cas, on s’est encore trouvé bien de l’emploi du glycé-
rolé suivant :
Glycérine.. 80 gram. | Tannin 20 gram.
Imbiber des tampons de charpie que l’on maintient dans le vagin. (Demarquay, A. Richard.)]
ARTICLE II L
VAGINITE CHRONIQUE. — VAGINITE GRANULEUSE.
Mous n’avons rien à dire de particulierde la vaginite chronique simple, la vaginite granuleuse seule présente quelques particularités intéressantes.
Vaginite granuleuse. — Déjà Ricord avait signalé sous le nom de psorélytrie , l’existence de granulations sur les parois du vagin dans le cours de la blennorrhagie (1). Blatin et Nivct en ont également fait mention ; mais ce n’étaient là que des indications assez vagues. Deville a, au contraire, tracé d’une manière complète la description de cette forme de vaginite chronique (2).
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
La vaginite granuleuse est une maladie du vagin de forme essentiellement chronique chez les femmes enceintes, mais pouvant exister chez d’autres femmes; caractérisée par le développement sur le vagin de granulations rouges, en général assez volumineuses, indolentes, tantôt éparses et isolées, tantôt, et presque toujours, confluentes, occupant soit une partie limitée, soit la totalité du vagin, depuis les caroncules myrtiformes jusqu’au col utérin qu’elles envahissent môme parfois, accompagnées d’un écoulement vaginal purulent, abondant, plus ou moins verdâtre. Ces granulations paraissent identiques avec celles qui existent assez souvent d’une manière isolée sur le col utérin, et nommées par Dugès et Mme Boivin métrite granuleuse; seulement, sur le vagin, elles acquièrent d’habitude plus de volume. (Deville.)
§ II. — Causes.
Elles sont très-obscures. Parmi les malades observées par Deville, les femmes enceintes étaient dans la proportion des deux tiers environ, et dans la plupart des cas du moins, 1 affection n’avait rien de syphilitique.
(1) Voyez tome IV, chap. vi, art. ii, Blennorrhagie chez la femme.
(2) Deville, De la vaginite granuleuse ( Arch . génér. de méd ., juillet et août 1844).
MALADIES I ES FEMMES
§ III. — Symptômes.
La vaginite granuleuse est indolente; parfois seulement on observe quelques démangeaisons ou quelques cuissons; mais la facilité avec laquelle se dissipent ces symptômes sousd’induencc du repos et des lotions simples, prouve que si la marche, la fatigue, le défaut de soins de propreté, suffisent pour les produire, on ne peut pas néanmoins les regarder comme appartenant en propre à la maladie.
L'écoulement ne manque jamais; la matière sécrétée est ordinairement abondante, mais son abondance varie notablement, suivant les cas. Elle n’est pas visqueuse; elle est assez épaisse, se rapprochant de la consistance crémeuse, et d’une couleur jaune et verdâtre. Dans les cas où cette vaginite apparaît chez des femmes affectées déjà de (lueurs blanches, cet aspect de l’écoulement en indique le début.
Si, à l’aide du spéculum, on examine le vagin, on voit à la surface : «de petites saillies rougeâtres ou d’un rouge vif, d’un diamètre qui varie entre un demi-millimètre et 2 millimètres. Leur forme est, le plus souvent, celle d’une demi-sphère adhérente par la base; mais quelquefois elles acquièrent un développement bien plus grand, elles s’allongent et prennent la forme de petits cylindres... La vaginite présente alors le degré le plus élevé quelle puisse atteindre. » (Deville.)
Os granulations sont ordinairement très-nombreuses dans le vagin; elles peuvent même envahir le col de l’utérus. Jamais Deville ne les a vues s’ulcérer.
On peut les sentir à l’aide du toucher. « Le doigt introduit dans le vagin glisse entre deux parois dures, rugueuses, chagrinées... sensation qu’on n’éprouve que dans les cas de vaginite granuleuse. » (Deville.)
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
La maladie a une murène tellement chronique, que, s’il ne s’opérait pas dans l’écoulement des femmes affectées de (lueurs blanches les changements indiqués plus haut, elles ne s’apercevraient pas de son apparition.
La durée de la maladie est, dans quelques cas, limitée par l’accouchement luimême; dans d’autres, l’accouchement ne fait pas disparaître la vaginite qui s’est développée sous l’influence de la grossesse, et dès lors la durée est illimitée.
Sauf les cas où l’accouchement vient mettre un terme à la maladie, on ne la voit pas disparaître spontanément; mais, sous l'influence d’un traitement convenable, sa terminaison est promptement heureuse.
§ V. — Diagnostic, pronostic.
Diagnostic. — Pourrait-on, d’après les caractères seuls de l’écoulement, dire s’il s'agit d’une vaginite granuleuse, ou bien d’un catarrhe utérin, d’une vaginite simple; en un mot, d’un des autres étais décrits sous le nom générique d 'écoulements, de /lueurs blanches, de leucorrhée? Nous ne le pensons pas. Deville, il est vrai, a signalé les diverses nuances de ces écoulements, mais c’est en examinant les femmes à l’aide du spéculum qu’il les a constatées, et, en pareil cas, l’existence des granulations suffit pour déterminer le diagnostic, qui n’aurait de valeur réelle que tout autant qu’il pourrait être porté sans cet examen direct, et c’est dans les circonstances de ce genre qu ’il ne nous paraît pas possible.
Pronostic. — Le pronostic n’est pas grave, en ce sens que la maladie peut ne
VAGINITE GRANULEUSE. — TRAITEMENT.
pas altérer sensiblement la santé générale, et qu’elle cède facilement au traitement. Mais si l’écoulement est abondant, s’il persévère, il peut en résulter certains symptômes gastriques que nous ferons connaître à l’article LEUCORRHÉE ; symptômes qui peuvent devenir très-sérieux, parce que la maladie n’ayant pas de tendance à guérir spontanément, est une cause permanente de troubles digestifs.
Pour les auteurs qui pensent que la vaginite la plus simple peut communiquer une blennorrhagie, il n’est pas douteux que celle dont il s’agit ici puisse donner lieu au même résultat, et c’est ce que l’on trouve formellement exprimé dans le mémoire de Deville, mais le fait n’est nullement démontré. Il serait nécessaire, pour qu'on pût se prononcer à cet égard, qu’on citât des observations, et encore faudrait-il distinguer. La vaginite granuleuse succède parfois à une véritable blennorrhagie, ou plutôt n’est autre chose que celte blennorrhagie passée à l’état chronique : nul doute qu’en pareil cas la contagion n’ait lieu; mais en serait-il de même dans ceux où Userait bien prouvé que cette vaginite s’est développée spontanément ? C’est ce dont il est permis de douter.
On ne sait pas quel est le siège anatomique précis des granulations qui forment le principal caractère de cette affection. Deville a rassemblé plusieurs arguments qui tendent à prouver que ces granulations n’otcupent pas les follicules.
[Lebert (1) fait remarquer que déjà Giraldès et Kolliker avaient établi qu’il n’y avait pas de glandnles dans le vagin; et il se range à l’opinion de Deville, Mandl et Kiwisch, qui considèrent les granulations comme une hypertrophie papilliforme d’une multitude de points du vagin. Becquerel paraît croire encore à l’existence de ces glandules (2). ]
§ VI. — Traitement.
Les moyens à opposer à cette affection ne diffèrent pas de ceux que l’on emploie dans la blennorrhée chez la femme. Les injections avec une solution de nitrate d'argent ont parfaitement réussi dans tous les cas rapportés par Deville.
If Nitrate d’argent cristailisé. 5 centigram. | Eau distillée 30 grain.
Pour pratiquer une injection, les malades se tiennent tout simplement assises ou accroupies, et commencent par faire dans toute la hauteur du vagin une injection d'eau tiède , pour chasser, autant que possible, la matière de l’écoulement; puis elles injectent successivement deux seringues habituelles à injections vaginales, remplies avec la solution froide de nitrate d’argent. La seringue, tout le monde le sait, doit être de verre.
Ces injections sont pratiquées matin et soir. De plus, les malades prennent un bain entier tous les quatre jours environ, et fréquemment des bains de siège. On leur recommande la plus grande propreté, et on leur prescrit un régime substantiel, mais non excitant. (Voyez aussi, plus haut, p. 23, la formule du glycérolé de tannin recommandé par Demarquay et A. Richard. )
(1) Lebert, Traité d' anatomie pathologique générale et spéciale. Paris, 1800, I. Il, p. 410.
(2) Allred Becquerel, Traité clinique des maladies de l'utérus et de ses annexes. Paris, 1800, t. II, p. 70.
MA LA DJ ES DES FEMMES
ARTICLE IV
VAGINITE DIPHTHÉRITIQUE.
[Bien (|ue l inllammation diphthéritique de la vulve ait été sinon décrite, du moins indiquée par les auteurs, celle du vagin ne l’a pas été. Si l’on y a fait quelquefois allusion, c’est pour la considérer comme une simple localisation delà dipli— thérite générale et comme une dépendance du croup. Cela est vrai dans la majorité des cas, mais il en est d’autres où l’affection est essentiellement locale, soit à titre de lésion primitive, soit à titre de complication.
§ I. — Fréquence, causes.
L’inflammation diphthéritique et croupale de la muqueuse vaginale existant à elle seule comme affection primitive est assez rare. .Nous l’avons observée à la suite de lésions traumatiques, telles qu’elles ont lieu pendant l’exercice violent et trop fréquent du coït; quelquefois aussi nous avons vu la leucorrhée vaginale devenir une véritable inflammation croupeuse. Mais, dans le plus grand nombre des cas, cette affection' est secondaire et se développe pendant le cours de certaines maladies des organes avoisinant immédiatement le vagin. C’est ce qui arrive, par exemple, dans les dégénérescences cancéreuses de l’utérus qui produisent un écoulement abondant et corrosif, dans les fistules vésico- et uréthro-vaginales dans lesquelles le contact des urines entretient dans les parois du vagin un état d’irritation permanente, etc. Il en est de même lorsque des polypes de l’utérus volumineux et faisant saillie dans le vagin s’ulcèrent et sécrètent un pus sanieux ; en un mot, lorsqu’une affection quelconque des organes génitaux devient la source d’un écoulement abondant et corrosif dont le contact irrite la muqueuse vaginale. Quelquefois encore la diphthéiite du vagin est provoquée par la présence de corps étrangers, par exemple d'un pessaire très-dur ou putréfié par un long séjour. Enfin, cette affection est aussi fréquemment un symptôme d’une maladie constitutionnelle; il n’est pas rare de l’observer pendant le cours des métrites, des péritonites, des pyohémies puerpérales, dans les dernières périodes de la fièvre typhoïde, de la dysenterie (I); nous l’avons vue plusieurs fois se déclarer pendant le cours d’exanthèmes aigus, surtout pendant la variole et la rougeole.
§ II. — Symptômes.
La diphthérite vaginale peut s’étendre à toute la surface de la muqueuse, ou bien, ce qui est plus fréquent, elle reste bornée à certaines parties; c’est surtout le tiers inférieur de l’organe qui est attaqué le plus souvent et le plus violemment. La partie enflammée est d’un rouge vif, quelquefois écarlate, et couverte d’une couche plus ou moins épaisse d’une exsudation membraneuse jaune ou rougeâtre, souvent très -adhérente ; lorsqu’on l’éloigne, la partie mise à nu saigne facilement. Là où la muqueuse n’est pas recouverte de fausses membranes, ses papilles appa-
(1) Lebert dit qu’on observe quelquefois la vulvile diphthéritique dans le courant du choléra. — Chavanne a publié (Thèse, Paris, 1851) une relation intéressante de diphthèrites gangréneuses des parties génitales , survenues chez des nouvelles accouchées à l’hospice de la Charité de Lyon, en 1850, et trop souvent encore on en observe des exemples.
VAGINITE DIPHTHÉRITIQUE. — TRAITEMENT.
laissent sons la forme de points plus foncés et nettement circonscrits. La température du vagin est très-élevée, sa sensibilité considérablement augmentée; il est le siège de constrictions spasmodiques excessivement douloureuses ; à la plus haute période de la maladie la sécrétion de la muqueuse est diminuée ; plus tard, après la chute des membranes, elle devient très-abondante, c’est alors une leucorrhée muco-purulente. Dans certains cas, il y a pendant les premiers jours un faible écoulement sanguin ou sanguinolent, cela arrive surtout lorsque la maladie s’est déclarée peu avant les règles. Il n’est, du reste, pas rare que ces dernières soient modifiées par la vaginite. Nous les avons vues quelquefois être supprimées subitement, tandis que dans d’autres cas elles étaient extraordinairement abondantes et constituaient une véritable métrorrhagie. Fréquemment la diphthérite s’étend du vagin aux organes adjacents, aux parties génilales externes, à l’urèthre, à la vessie, à la matrice, quelquefois même au rectum et au péritoine ; on voit alors apparaître les phénomènes propres à ces inflammations. Les diphthérites partielles du vagin, telles qu’on les observe, par exemple, dans les fistules vésico-vaginales, durant le cours du cancer utérin, etc., ne sont ordinairement pas accompagnées de mouvements fébriles bien prononcés, tandis que Ja fièvre ne manque presque jamais lorsque le mal est primitif, se développe à la suite d’une lésion traumatique, d’une infection blennorrhagique, etc., et attaque les parois vaginales dans une étendue considérable.
§ III. — Traitement.
La diphthérite vaginale primitive cède en général, au bout de peu de temps, à un traitement convenable et même à un simple régime diététique; il en est de même lorsqu elle accompagne les maladies constitutionnelles que nous avons énumérées; mais lorsqu’elle reconnaît pour cause une fistule, ou une maladie utérine qui entretient un contact constant des parois vaginales avec des liquides corrosifs, c est alors un mal des plus opiniâtres et qui résiste à tous les moyens qu’on lui oppose. II est vrai que 1 on réussit le plus souvent à le modérer pour quelque temps par des soins minutieux de propreté : mais il revient toujours h son ancienne intensité dès qu ou cesse ces soins ou que seulement on les néglige. Dans ces circonstances, il n est pas rare de voir se former, dans la muqueuse, des ulcérations, subies de profondes pertes de substance, qui peuvent plus tard, par leur cicatrisation, amener des rétrécissements du canal vaginal. Cependant la terminaison la plus commune est le passage au catarrhe chronique, que l’on observe presque toutes les fois que la vaginite croupeuse n’a pas été traitée convenablement, ou que la malade, après sa guérison, a commis quelque faute de régime. Il est inutile d ajoulei qu au point de vue du pronostic les complications que nous avons mentionnées (uréthrites, cystites, péritonites, etc.) méritent considération.
Les diverses formes de la diphthérite vaginale primitive que nous avons distinguées plus haut, d après leurs causes, demandent en général un traitement anti P 1 V^ue- ^0,s m^me fiuet de nos jours, un médecin raisonnable ne peut pas avon k Ce de combattre cette maladie avec succès h l’aide de saignées générales, il est cependant des cas dans lesquels l’intensité des douleurs, la violence de la fièvre < t le dangci de la transmission de la maladie aux organes adjacents rendent nécessaiie une émission sanguine locale. La manière la plus convenable de la pratiquer
MALADIES DES FEMMES
est à l aide de six à lwiil sangsues appliquées sur la surface interne des grandes lèvres ; ce n'est que lorsque les circonstances dans lesquelles se trouve la malade ne permettent pas cette application, la meilleure de toutes, que l’on fera les émissions sanguines au périnée ou à la surface interne des cuisses, l a grande sensibilité des parois vaginales ne permet pas d’introduire un spéculum et de poser les sangsues dans le vagin même. A part les émissions sanguines, des injections, des bains tièdes entiers ou partiels, des fomentations émollientes sur Lhypogastre, rendront de bons services contre les douleurs ; les constrictions convulsives du vagin céderont promptement à un lavement à l’opium ou à la belladone, dont on combattra l’action constipante en administrant plusieurs jours de suite un léger purgatif. Dès que la sensibilité du vagin aura diminué, que la température se sera abaissée, que l’état de sécheresse de la muqueuse, qui manque rarement les premiers jours, aura fait place à une sécrétion puriforme, on passera aux injections intra-vaginales d’une solution un peu concentrée de nitrate d’argent. Si la leucorrhée ne cédait pas, on aurait recours aux divers moyens que nous avons indiqués en parlant du traitement du catarrhe chronique. Quant au régime à observer, nous ajouterons qu’un repos absolu, tant moral que physique, et l'abstinence de toute boisson et de toute nourriture excitante, sont des conditions indispensables à la guérison.
Les inflammations secondaires demandent avant tout l’éloignement des causes qui les ont produites. On ne pourra, par exemple, espérer aucun bon résultat du traitement tant qu’on n’aura pas extirpé le polype ulcéré, enlevé le pessaire qui irrite le vagin, ou guéri la fistule. Tant que les causes subsistent, le médecin casera réduit aux soins de propreté, consistant en bains de siège et injections d’eau tiède, de décoctions de camomille, de thé vert, de solution de chlorure de chaux, etc. Ces dernières sont surtout utiles lorsque l’écoulement est sanieux et fétide. Lorsque la vaginite membraneuse se déclare pendant le cours des maladies générales que nous avons énumérées, elle n’est plus que d’une importance secondaire et disparaît ordinairement d’elle-même avec l’affection qui l a causée; on aura soin seulement de maintenir le vagin dans la plus grande propreté. Souvent cependant il reste une leucorrhée chronique que l’on traitera d’après les règles que nous avons données plus haut (Scanzoni). ]
ARTICLE V
TUMEURS SANdUINES, OU THROMBUS DE LA VULVE ET DU VAL IN.
[ Bien que cette maladie soit particulièrement étudiée au point de vue de la grossesse et de l’accouchement, il nous semble important d’en dire ici quelques mots.
§ I. — Définition, causes.
Le système veineux et artériel annexé au vagin et aux parties génitales extérieures est extrêmement riche, ainsi qu’on le sait, et il est soumis à de fréquentes congestions, par suite de deux causes, la menstruation d’une part, la grossesse de l’autre. Tantôt la congestion est purement active et la réplétion des vaisseaux est facilitée par la laxité même du tissu cellulaire; tantôt il s’y joint une stase passive, déterminée par la gêne de la circulation en retour. Ces deux modes de congestion se traduisent même, chez quelques femmes, par la varicosité des veines profondes et