‹ Guide du médecin praticien (volume 2)Chapitre 128 sur 494 · VII. — îraitement · texte numérisé non relu

VII. — îraitement

Andry et Auvity commencent par les fomentations et les fumigations émollientes. Pour l’application des premières, on entoure l’enfant de flanelles trempées dans de l’eau de guimauve ou de mauve bien chaude. Les fumigations sont appliquées a tout le corps, soit en faisant arriver la vapeur sous les couvertures d’un petit lit dans lequel est placé l’enfant, soit à l’aide d’une petite boite fumigatoire.

Aux fomentations émollientes on fait succéder les lotions chaudes de sauge et de camomille ; puis on passe aux lotions faites avec l 'alcool, ou avec une solution de sel marin , savon , etc.; en un mot à des lotions avec un liquide excitant.

Ces premiers moyens ont pour but de ramollir la peau et d’exciter la transpiration.

Le traitement est terminé par l’application de vésicatoires aux jambes, qui ont une double action : 1° celle de dériver la congestion cérébrale; 2° celle de faire

écouler la sérosité que les autres moyens ont rendu liquide.

Ce traitement est fondé sur cette idée que la maladie est due à un arrêt de la transpiration et à la coagulation des sucs séreux. Nous avons fait voir plus haut qu elle n est pas fondée. Il n en faut pas conclure, d’une manière absolue, que les lotions, et surtout les lotions excitantes, n’ont aucun effet favorable. Elles peuvent, au contraire, être utiles en relevant la température et en excitant les fonctions en- I : gourdies; mais nous ne connaissons pas de faits hors de toute contestation dans lesquels elles aient réussi d’une manière évidente, et y en eût-il, il faudrait encore recheichet quels sont ces faits ; car on verra qu’il est des cas si légers, que de leur : guéi ison on ne peut lien conclure relativement à l’ellicacité du traitement.

Iroccon, qui ci oyait a 1 existence d’une pneumonie, a notamment conseillé il application d une ou deux sangsues à la base de la poitrine. Ce moyen a une uti—

MALADIES DU TISSU CELLULAIRE

lité incontestable, mais ce n’est pas en combattant la pneumonie qu’il agit favorablement; car, dans tous les cas connus où une pneumonie est venue réellement compliquer l’affection, les sujets ont succombé. Léger et Dugès ont employé les émissions sanguines de la môme manière que Troccon.

De plus, le dernier de ces auteurs conseille les bains de vapeur , qui ont été préconisés par plusieurs autres médecins, et qu’on a crus si utiles à une certaine époque, qu’on avait, aux Enfants assistés de Paris, disposé un appareil uniquement destiné à donner des bains de vapeur aux nouveau-nés œdématiés. Des accidents graves, tels que des congestions cérébrales, des apoplexies cérébrales et méningées, en furent, suivant ceux qui les essayèrent, la fâcheuse conséquence. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’on les abandonna bientôt et qu’on n’y a plus recours aujourd’hui. D’ailleurs n’oublions pas que c’est presque toujours parce qu’on a cru que la sérosité est épaissie et môme coagulée qu’on a employé, pour la liquéfier, le moyen dont nous venons de parler. C’était là le but que se proposaient Andry et Auvity, et c’était aussi celui que voulait atteindre Marzaré (1), qui, encore en 1826, recommandait de réchauffer par ce moyen les parties malades, afin de les ramollir. Les bains de vapeur, si l’on s’en rapporte aux renseignements peu précis qui nous ont été fournis de vive voix, ne doivent être employés qu’avec précaution, et leur utilité n’est pas plus grande que celle des moyens précédents.

Suivant Billard, il suffit d 'envelopper les enfants de vêtements de laine , pour voir une vapeur épaisse s’échapper des langes et du corps des petits malades, et cette transpiration exagérée procurer la guérison. Nous avons vu envelopper beaucoup de nouveau-nés œdémateux dans d’épaisses couvertures de laine, et toujours leur peau restait sèche. Billard aura fait mention de cas exceptionnels.

Denis, qui croyait à l’existence d’une gastrite, conseillait l’ application d'une ou deux sangsues à l'épigastre et l’usage interne des mucilagineux. C’était le traitement ordinaire de la gastrite mise en usage, dans tant de cas divers, à l’époque où écrivait l’auteur. Il suffit de mentionner cette médication.

Déplétion sanguine. — Cette médication a pour but principal de désemplir les vaisseaux énormément distendus par suite de la stase du sang, et de rendre par là une assez grande énergie à la circulation entravée.

L’application des sangsues, précédemment indiquée, a eu le résultat dont il est question, quel que soit d’ailleurs le but que les auteurs se proposaient d’atteindre; mais ils ont rapporté le succès, lorsqu’ils l’ont obtenu, non à la déplétion sanguine, mais à la disparition d’une prétendue inflammation qui n’existe pas, ou qui n’est que secondaire. Palletta employait plus hardiment les émissions sanguines. Ce médecin, attribuant la maladie à une forte congestion du foie, appliquait les sangsues dans l’unique but de dégager cet organe; mais il ne pouvait le faire sans faire cesser l’engorgement sanguin général, et de là ses succès, qui, si tous les faits ont été bien rigoureusement observés, sont des plus remarquables ; car il rapporte que, sur A3 malades, il en a guéri A2. Ce résultat est extraordinaire. Après Palletta, personne n’en a obtenu de semblable, et la mortalité a continué à être très-grande, même dans les cas où l’on a eu recours à l’application des sangsues. Peut-être Palletta a-t-il eu affaire principalement à des cas très-légers qui guérissent presque sans aucun traitement, ainsi que nous le verrons plus loin.

(!) Marzaré, Upciic médical?, 1826.

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