OEDÈME DES NOUVEAU-NÉS. — TRAITEMENT
Nous avons cité ailleurs (1) plusieurs cas dans lesquels des enfants fortement atteints ont été rendus à une santé parfaite par ce moyen. Mondière (2), ayant à traiter une petite fille chez laquelle l’oedème était survenu le lendemain de sa naissance, le vit disparaître promptement après l’application de quatre sangsues à la base de la poitrine. Enfin, étant chargé de l’inspection médicale des enfants à la Direction des nourrices, nous obtînmes la guérison complète d’un œdème assez considérable par l’application d’une seule sangsue à l’anus. Nous avons rapporté ce cas avec détail (3).
Henri Roger (4), ayant principalement égard au refroidissement remarquable que présentent les enfants, et considérant que, d’après les expériences de Chossat, de Genève (5), le défaut d’aliments est une des causes les plus puissantes de l’abaissement de la •température, a été porté à conseiller en première ligne une riche alimentation aidée parles moyens extérieurs de caloriiica'.ion. Avant de recourir à ce moyen, il faut mettre en usage la déplétion sanguine, qui, donnant à l’enfant une vigueur suffisante, le met en état de profiler de celte alimentation. Ce qui le prouve, c’est que l’on voit tous les jours, chez des enfants à qui l'on a donné du lait en abondance, le refroidissement et l’œdème persister. La meilleure alimentation qu’on puisse donner à ces enfants est le lait d’une bonne nourrice, car c’est là le seul aliment qu’ils puissent bien digérer.
[Massage. — Le massage méthodique, introduit dans la thérapeutique du sclérème par Legroux (6), a ensuite donné de très-bons résultats à ceux qui l’ont employé. <■ Je saisis à pleines mains, dit-il, les membres indurés, j’y exerce des pressions avec relAchements alternatifs; la pression est assez forle pour se faire sentir jusqu’aux fparlies les plus profondes, mais pas assez néanmoins pour déterminer l’atlrition des parties. Comme elle s’exerce sur une surface assez large, ses elTets sont toujours modérés. J’agis ainsi sur les membres inférieurs et supérieurs. Sur la face, le pubis, les parties génitales, je presse avec la pulpe des doigts; aux membres, j’exerce, autant que possible, la pression de bas en haut, afin de refouler les liquides dans ce sens et de favoriser le retour du sang veineux. En même temps, j’excite la respiration artificiellement par des pressions latérales sur les parois de la poitrine cl sur la région épigastrique en imitant les mouvements normaux de la respiration. L’influence connue des contractions musculaires sur le cours du sang veineux m’a conduit à joindre au massage une sorte de gymnastique artificielle, par la flexion et l’extension alternatives des membres, par des mouvements communiqués au tronc en divers sens; que l’on me passe cette expression vulgaire, je tripote l'enfant dans tous les sens. »
D’autres praticiens ont confirmé les avantages de cette méthode dont les effets s annoncent assez rapidement : la coloration cyaniquc de la peau est remplacée par une teinte rosée. La chaleur renaît avec la souplesse dans les parties indurées,
1 œdème disparaît sous la main pendant l’opération, qui doit durer de cinq à dix
(1) \alleix, Clinique des maladies des •enfants nouveau-nés.
(2) Mondière, Journal hebdomadaire de médecine, 1836, t. XIII, p. 240.
(3) Yalleix, Bulletin gén. de thérap., 1845, t. XXVIII, p. 408.
(4) II. Roger, Archives de médecine. Paris, 1844 et 1845, t. IV, V, VI, VII.
(5) Chossat, Recherches expérimentales sur l’inanition. Paris, 1843, in-4.
(6) Legroux, Bulletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris , nu 14, 1855.
MALADIES DU TISSU CELLULAIRE
minutes ou plus suivant les cas. La respiration s’active, les cris deviennent plus énergiques, l’enfant s’agite et ses forces reviennent.
Après l’opération on enveloppe le petit malade de linges chauds, on essaye de le faire teter, et si, après quelques massages, il cherche à prendre le sein, le pronostic est très-favorable. Le massage doit se répéter toutes les deux ou trois heures et pendant deux ou trois jours, après lesquels la guérison est ordinairement obtenue.]
Restent maintenant certains moyens qu’il suflil d’indiquer, parce que rien ne prouve qu’ils aient été appliqués à des cas bien déterminés, et qu’ils aient une grande elïicacité. Tel est d’abord l’emploi de la décoction de quinquina avec addition de quelques gouttes d 'acétate d' ammoniaque , conseillée par le docteur Cederschjœld (i). Nous citerons ensuite la potion cordiale recommandée par Chaussier (2), dans laquelle entrent l 'eau de menthe , Veau de mélisse et Veau de cannelle ; puis les frictions avec l'alcool térébenthine (Pritschaft), et les frictions mercurielles (3). Quant au sublimé corrosif, que recommande Feiler, il n’y a aucun motif pour l’administrer.
En résumé, l’application des sangsues, faite dans le but de déterminer une déplétion sanguine, [et le massage surtout sont les moyens les plus efficaces qu’on ait employés].
La chaleur extérieure, le séjour dans une salle bien chaude, sont des moyens adjuvants d’une grande utilité. On entourera l’enfant de laine, ou le frictionnera avec une flanelle chaude, etc. Quand on veut apprécier l’action d’un traitement quelconque, dans les cas très-légers, le séjour dans un lieu chaud suffit pour rendre aux enfants toute leur énergie , et pour faire disparaître tous les symptô mes. Si l’on faisait des expériences sur des cas semblables, on réussirait avec tous les moyens. N’y en avait-il pas un certain nombre de ce genre dans ceux qu’a rapportés Palletta? Tout se réunit pour prouver que l’élévation de la température par les moyens artificiels a une efficacité incontestable.
On veillera à ce que l’enfant ait une bonne alimentation, c’est-à-dire le lait d’une bonne nourrice.
Résumé. — Fomentations, fumigations émollientes, excitantes; vésicatoires aux jambes (Auvity); traitement antiphlogistique, bains de vapeur, chaleur, déplétion sanguine; riche alimentation, toniques, excitants; frictions térébenthinées, mercurielles, deutocblorure de mercure (Feiler), et surtout le massage (Legroux).]
ARTICLE II
AN A S'ARQUE.
On donne les noms d 'anasarque primitive ou idiopathique à l’infiltration presque toujours très-rapide de tout le corps, qui n’est la conséquence d’aucune autre
maladie.
(1) Cedersclvjœld, Ans Beraet . or sVencka Laek., etc. Stockholm, 1825.
(2) Chaussiez, Dictionnaire des sciences médicales, t. LV.
(3) A. G. Richter, Spec. Thérapie. Berlin, 1821, t. II.
ANASARQUE. — SYMPTÔMES. 399
Comme les autres espèces d’anasarque, cette affection a reçu les noms de leacoiphlegmnsie , hydropisie générale , hydroderma, hydrosarcu. Elle est très-rare, à ttel point qu’il est des médecins qui, dans une assez longue pratique, n’en ont j jamais vu d’exemple.
§ II. — Causes.
On a pris très-souvent pour des anasarques primitives des anasarques consécu- [ itives, et les progrès de la science tendent à restreindre de plus en plus l’anasarque [idiopathique. Les causes indiquées par les auteurs, plutôt d’après des idées théoritques que d’après l’étude des faits, sont les suivantes : l 'action du froid sur le ccorps couvert de sueur; l’exposition plus ou moins prolongée au froid et ci l'humiidité ; l'ingestion de boissons glacées , après un exercice actif, dans les grandes cchaleurs de l’été. [On voit que ces diverses causes n’en font en réalité qu’une seule (dont l’effet est la suppression de la transpiration. On a invoqué pour la production de cette anasarque l’existence d’un travail inflammatoire dans les aréoles du ttissu cellulaire, mais cette opinion n’a d’autre autorité que celle d’une hypothèse, ('difficile h soutenir aujourd’hui (Breschet, Bouillaud, Dorwal, Dance). Les travaux rmodernes ont tellement réduit le domaine de l’anasarque idiopathique que la plupart des auteurs contestent entièrement son existence. Rayer, Andral et Mialhe cont en effet constaté que dans ces hydropisies aiguës, survenant après l’impression (du froid, l’urine présentait des quantités notables d’albumine. Becquerel et Rodier cont confirmé le fait en indiquant une diminution de l’albumine du sang ; ces derrniers considèrent alors ces espèces d’anasarques comme dépendant d’une altération cdu liquide sanguin, quoique dans certains cas les urines ne soient plus albumiineuses. Mais alors dans ces circonstances, l’albuminurie aurait disparu et la proportion d’albumine dans le sang étant encore au-dessous de son chiffre normal, H’anasarque persisterait pendant un certain temps jusqu’à ce que le sang ait rrecouvré une suffisante quantité de matériaux albuminoïdes.
Cependant, de l’avis de certains auteurs, il y aurait quand même des anasarques (impossibles à expliquer par les altérations du liquide nourricier et par les obstacles (à la circulation veineuse. C’est à cette catégorie, destinée probablement à disparaître du cadre nosologique, qu’on peut conserver jusqu’à nouvel ordre le titre d’anasarque idiopathique. Fl. Churchill (1) fait jouer un rôle à la pléthore dans l’anasarque des femmes grosses.]
§ III. — Symptômes.
Début.— Le début de l’anasarque idiopathique est presque toujours très-rapide; ce point est important pour le diagnostic. Par cela seul, en effet, que l’œdème ^général se produit lentement, on peut déjà présumer qu’il est sous la dépendance d une lésion organique, et principalement d’une lésion du cœur ou des reins. <C est même une question qui n est pas résolue, que celle de savoir s’il peut exister tune anasarque idiopathique à marche lente.
Quelquefois 1 affection se manifeste sans aucun symptôme précurseur, de telle 'Sorte que le sujet se trouve tout à coup gêné dans ses vêtements, sans s’être en-
(1) Fl. Churchill, Traité pratique clés maladies des femmes. Paris, 1866, p. 812.
MALADIES DU TISSU CELLULAIRE
core tloiiié qu’il était malade. Plus souvent le malade éprouve pendant plusieurs heures, ou même quelques jours, des frissons plus ou moins intenses, plus ou moins fréquents, irréguliers, avec des alternatives de chaleur et de la céphalalgie. Souvent ainsi il a une soif inaccoutumée et de l’anorexie. Les urines sont rares, rouges, sédimentcuscs; il y a de la constipation. Suivant Abercrombic et le docteur Copland, la gêne de la respiration est ordinairement le plus remarquable des symptômes précurseurs, ou plutôt des premiers symptômes de la maladie, car la dyspnée dépend de l'oedème des poumons, qui est le commencement de l’anasarque.
Symptômes de la maladie confirmée. — 11 est rare qu’il y ait delà douleur dans l’anasarquc idiopathique, et lorsque les malades se plaignent de souffrir, ils accusent plutôt une tension incommode des parties promptement distendues qu'une véritable douleur.
Le gonflement que présentent les parties infiltrées peut être considérable, mais il le devient rarement autant que dans les cas où l’infiltration est duc à une cause organique. Ce gonflement est surtout considérable aux parties où se trouve un tissu cellulaire lâche: ainsi aux paupières, aux testicules, au prépuce.
La peau qui recouvre les parties tuméfiées présente un coloration diverse dans les diverses circonstances. Si l’anasarque s’est produite très-rapidement et avec un mouvement fébrile marqué, la peau est rouge, ou du moins rosée; on l’a vue quelquefois bleuâtre ou couverte de sugillations; dans le cas contraire, elle peut être blafarde : dans ces derniers cas, il est douteux qu’on ait eu affaire à une anasarque primitive ou idiopathique.
Si l’anasarquc persiste, et surtout si elle fait des progrès, le tégument perd sa couleur rouge ou rosée, il pâlit, et les parties les plus infiltrées, celles où la peau est fine cl le tissu cellulaire lâche, deviennent demi-transparentes.
Parfois toutes les parties du corps s’infiltrent à la fois; nous devons même dire que ce sont les cas de ce genre qui doivent être principalement considérés comme des cas d’anasarque primitive. D’autres fois, au contraire, on a vu les diverses parties se prendre successivement, et, suivant Dance, en pareille circonstance, l’anasarque commence par les pieds, puis envahit les jambes et les cuisses, les parties génitales, les bras, la face, et enfin le tronc. Dans certains cas, néanmoins, on a vu Tœdèmc général commencer par les parties supérieures.
L’empreinte que conservent les téguments, lorsqu’on a exercé sur eux la pression avec l’extrémité du doigt, est très-différente, suivant que l’anasarque s’est produite avec rapidité ou avec lenteur. Dans le premier cas, une pression forte ne produit qu’un léger enfoncement qui s'efface avec promptitude, tandis que, dans le second, l’empreinte est facile, profonde, et s’efface lentement. C’est du reste ce qui a lieu dans toutes les espèces d'œdèmes.
En même temps qu’on observe ces symptômes, on constate l’existence de phénomènes généraux qui le plus souvent sont semblables aux symptômes. Dans les premiers temps, on note la chaleur, la sécheresse de la peau, l’accélération du pouls, la gêne de la respiration, l’anorexie, la soif, la constipation, la courbature.
§ IV. — Marche, durée, terminaison de la maladie.
La marche de la maladie est presque toujours rapide. On voit l’anasarque s’établir quelquefois en quelques heures dans tous les points qu’elle doit occuper. Elle
ANASARQUE. — DIAGNOSTIC, PRONOSTIC. 401
i, isparaît aussi avec rapidité, ou du moins, dans les cas où elle persiste, il n’est uas certain qu’elle soit idiopathique; sa durée est courte.
La terminaison de cette affection est constamment heureuse.
Si l’anasarque a été considérable et a persisté pendant un certain temps, la peau, rrop distendue, présente, après la guérison, des vergetures plus ou moins marii uées; dans le cas contraire, c’est-à-dire dans presque tous les cas d’anasarque diiopathique, la peau n’a subi qu’une distension médiocre et rapide, et il ne reste iiucune trace de la maladie.
§ V. — Lésions anatomiques.
Les seules lésions anatomiques qu’on puisse trouver dans l’anasarque idiopathique, sont la distension des cellules du tissu cellulaire, et principalement du tissu cellulaire sous-cutané, et la pénétration de ce tissu par la sérosité.
Les mailles du tissu cellulaire sont parfois tellement distendues, qu’on a peine à es retrouver. La couche sous-cutanée est épaisse, tremblante, transparente. Lors- | tu’on incise, elle laisse écouler de la sérosité ordinairement limpide et peu colorée, luelquefois jaunâtre. Ces altérations pénètrent dans l’interstice des muscles, dans certains organes parenchymateux, comme dans le poumon. Enfin on trouve de la éérosité épanchée, en plus ou moins grande quantité dans les cavités séreuses, et Notamment dans les ventricules cérébraux.
§ VI. — Diagnostic, pronostic.
Le diagnostic absolu de la maladie n’offre aucune difficulté. Au premier examen, r. médecin s’aperçoit de l’existence de l’anasarque. Peut-être pourrait-on éproueer un moment d’hésitation, et croire à l’existence d’un emphysème général , sur- )#ut si le malade disait avoir fait un effort considérable; mais la rareté del’emphyr.me, la crépitation qu’il fait éprouver sous la pression, la non-persistance de empreinte produite par le doigt, ne laissent bientôt plus aucun doute, tandis que ï dernier signe suffit pour faire reconnaître l’existence de l’infiltration. Pour diagnostiquer • si l’anasarque est réellement idiopathique ou symptomatique d’une Tection plus ou moins grave, il faut connaître les affections qui donnent lieu à anasarque : parmi celles que nous avons déjà étudiées, se trouvent les maladies u cœur et la maladie de Bright. Nous renvoyons le lecteur aux articles consa - ! és à ces maladies; il y trouvera tous les détails nécessaires pour la solution de la jestion. Nous ajouterons seulement ici quelques mots pour faire connaître un fait u prouve qu’on ne doit pas se hâter de regarder l’anasarque comme idiopaique. Les urines, examinées pendant plusieurs jours, ne présentaient pas la oindre trace d’albumine; et, d’un autre côté, on ne trouvait aucune altération -ganique qui rendît compte de l’infiltration. Mais, le sixième ou le septième jour, Ibumine parut dans les urines, et dès lors l’existence de la maladie de Bright i jtt confirmée.
Nous nous sommes occupé de la scarlatine , dans la convalescence de laquelle ! i développe une anasarque qui a dû maintes fois être prise pour une anasarque ' i opathique. Il arrive parfois, dans cette maladie, que des sujets ont un mouvement fébrile marqué, avec une éruption légère, limitée à quelques points, et Vàlleix, 5e édit, .V — 26
MALADIES DU TISSU CELLULAIRE
qui passe inaperçue. Si l’on n’examine pas attentivement le malade, si l’on n’a pas soin de rechercher la desquamation, et si l’anasarque se déclare dans ces circonstances, on prend les symptômes du mouvement fébrile précurseur de l’éruption pour des prodromes de l’anasarque, et l’on regarde celle-ci comme idiopathique.
§ VII. — Traitement.
Émissions sanguines. — Dans les cas où l’affection a pour symptômes généraux la chaleur de la peau et un certain mouvement fébrile, c’est à la saignée générale qu’on a recours. Chez les enfants, on peut appliquer un plus ou moins grand nombre de sangsues à l'anus , selon l’àgc. Suivant Dance, il faut prendre garde de dépasser certaines limites dans l’emploi des émissions sanguines, car on courrait risque de voir la maladie prendre une marche chronique. Les faits auxquels fait allusion cet auteur ne sont-ils pas des cas de maladie de Bright méconnus?
Diurétiques. — Les diurétiques tiennent naturellement une grande place dans le traitement de l’anasarque. On prescrit ordinairement le nitrate de potasse, dans la décoction de chiendent : mais, tandis que, avant ces derniers temps, on craignait de dépasser la dose d’un gramme ou un gramme et demi, on donne aujourd’hui ce médicament jusqu’à la dose de 12, de 20, de 30 grammes, et même plus, comme dans le rhumatisme articulaire. Ces dernières doses sont exagérées. Rien ne prouve qu’elles soient utiles, et peut-être n’ont-elles pas toute l’innocuité qu’on leur a supposée. On prescrit aussi Y acétate de potasse à la dose de 2, U et 6 grain.; la décoction de racine de fraisier, l’infusion de pariétaire , etc.
Sudorifiques. — Les sudorifiques sont aussi d’un usage ordinaire, mais ce sont les sudorifiques externes qu’il faut employer : ainsi les bains de vapeur, les fumigations de baies de genièvre , les bains de sable chaud. Serre (d’Alais) a recommandé un moyen bien simple : il consiste à envelopper des fragments de pierre à chaux dans un linge mouillé qu’on entoure d’un linge sec, et à les placer, ainsi disposés, à la plante des pieds et sur chaque côté du corps.
Viennent ensuite les purgatifs , qu’il suffit de désigner, en faisant remarquer seulement qu’on a presque exclusivement recours aux purgatifs doux [manne, casse , tamarin, huile de ricin , crème de tartre , eau de Sedlitz).
Serre, d’Alais (1), dit avoir toujours réussi, dans l’anasarque, quelle que soit sa nature, à l’aide de la diète sèche, lactée et de l'usage de l'oignon. Rendant un mois à peu près le malade doit s’abstenir de toute boisson, il doit se contenter de trois soupes au lait par jour et d’un peu d’oignon qu’il mange avec un peu de pain pour terminer son repas. Toute autre boisson et tout autre aliment sont interdits* L’amélioration commence, habituellement après huit jours, et la cure est terminée en un mois environ. Serre (d’Alais) cite 58 cas de guérison , et il ajoute que la condition nécessaire au succès, est l’existence de l’œdème des membres abdominaux et la diminution des urines, qu’elles contiennent ou non de l’albumine.
(1) Serre (d’Alais), Bulletin gén. de thérap », 15 juillet 1853.