ARTHRITE SIMPLE AIGUE. — TRAITEMENT
Uiïets, et l’on ne peut, jusqu’à nouvel ordre, les conseiller que dans les cas partirculiers dont chacun sera juge.
Au lieu d’employer les émollients et les calmants, on doit, suivant Bonnet (1), aappliquer sur l’articulation malade des topiques excitants. Cet auteur rapporte des [faits dans lesquels la douleur a été promptement calmée par l’emploi du cataplasme de Pradier , dont nous avons donné précédemment la formule (2), et par celui que (conseille Trousseau, et qui est composé ainsi qu’il suit (3) :
"if Mie de pain I aa q. s, pour que la mie de pain ait la
Eau-de-vie camphrée j consistance d’un cataplasme.
Faites chauffer à une chaleur douce ; versez à la surface du cataplasme :
Laudanum de Sydenham 15 gram. | Extrait de belladone 8 gram,
Laissez ce cataplasme appliqué pendant quarante-huit heures.
Suivant Trousseau, ce cataplasme est principalement utile lorsque l’arthrite a son siège dans une articulation environnée de peu de parties molles.
Bonnet (de Lyon) employait encore avec succès les cataplasmes suivants :
if Farine de graine de lin. ... , Q. s. | Alcool saturé de camphre Q. s.
Ou bien :
Farine (J. s. | Yinaigre Q. s.
[Ponction. — On a conseillé et pratiqué avec succès la ponction de l’articulation dans les cas d’arthrite suraiguë. Robert a soulevé cette question de thérapeutique dans une séance de la Société de médecine du département de la Seine, en annonçant des résultats excessivement avantageux, confirmés et corroborés par Briquet et Boinet (6).
Dans ces cas, où la douleur était intolérable, une ponction pratiquée très- obliquement au moyen d’un trocart procura un soulagement instantané. L’opération est indiquée, dit Robert, quand un épanchement articulaire distend subitement la synoviale et provoque son étranglement par les tissus fibreux environnants.]
Position des membres. — Un antre précepte qu’il est très-important de connaître, c’est de maintenir l’articulation malade dans l’immobilité absolue. Ce précepte, sur lequel Bonnet (de Lyon) et Malgaigne ont insisté avec beaucoup de raison, est très-important pour assurer une guérison rapide. Mais, même en partant de ce principe, il y a une assez grande différence dans la pratique des chirurgiens à cet égard : la plupart veulent que, pendant toute l’acuité de l’inflammation, on maintienne les muscles dans l’état de relâchement, ce que l’on fait, pour les genoux en particulier, à l’aide d’un double plan incliné; Bonnet recommandait, au
(1) Bonnet (de Lyon), Traité des maladies des articulations. Paris, 1845, 2 vol.in-3 et atlas. — Traité de thérapeutique des maladies articulaires. Paris, 1853, p. 151.
(2) Voyez article Angine de poitrine, tome I, p. 1036.
(3) Trousseau et Pidoux, Traité de thérapeutique, t. Il, 7e édition. Paris, 1802, p. 64.
(4) Robert et Boinet, Société de médecine du département de la Seine, dans Gazette hebdomadaire, 1859, p. 238.
MK MALADIES DE I, 'APPAREIL LOCOMOTEUR
contraire, quelle que fût l’acuité de l’inflammation, de ramener et de maintenir les membres dans la position qui, après la cure, et dans le cas d’une ankylosé, est le plus favorable au rétablissement des fonctions. Ainsi dans l’arthrite fémoro-tibiale, on doit, suivant ce chirurgien, étendre le genou, s’il est fléchi ; dans la coxalgie aiguë, il faut redresser la cuisse, si elle est portée en dedans ou en dehors, etc. Il y a un peu d’exagération dans les craintes de Bonnet. En mettant les muscles dans le relâchement, on calme bien plus promptement les douleurs, et si l’on a soin de ne pas attendre, pour ramener le membre dans la position convenable, que la roideur se soit rétablie, on y parvient facilement.
Lorsque la douleur a notablement diminué, on peut, h l’aide de bandelettes de diachylum, appliquer, comme le recommande Velpeau, une compression méthodique, qui dissipe promptement le reste de la douleur et de l’inflammation. C'est aux genoux, aux pieds, aux coudes et aux poignets que cette compression est particulièrement applicable.
A l'époque où la douleur est complètement dissipée, et où il ne reste plus qu’une gène, une roideur plus ou moins grandes de l’articulation, on peut mettre en usage d’autres moyens. On a recours aux larges vésicatoires, pansés ou non avec Vonguent mercuriel, et aux douches de vapeur sur l’articulation malade.
On fait aussi couvrir l’articulation malade d’un large emplâtre de Vigo cum mercurio ; et, comme nous l’avons dit dans le mémoire cité plus haut (1), soit que la maladie tendît naturellement à la guérison, soit que ce fût un résultat de cette application, tous les malades ont déclaré éprouver, les jours suivants, une amélioration assez marquée.
Faire exécuter au membre des mouvements chaque jour plus étendus, lorsque la douleur s’est complètement dissipée. Cette pratique n’a jamais d’inconvénients. Mais des chirurgiens recommandent, lorsque la roideur persiste trop longtemps, d’imprimer de vive force de grands mouvements, dans le but de la vaincre tout â coup. Nous avons vu, comme B jnnet, cette pratique occasionner les plus vives douleurs, non-seulement sans profit, mais encore avec un désavantage réel ; car, les jours suivants, l’articulation était redevenue presque aussi malade que les premiers jours. Il faut bien distinguer les cas.
Résumé. — Émissions sanguines, narcotiques; émollients; topiques excitants : cataplasmes antiarthritiques de Pradier, de Trousseau, de Bonnet; ponction; position des membres, compression, mouvements méthodiques.
ARTICLE IL