COXALGIE
[La coxalgie est une affection dont les débuts, ordinairement voilés par une insidieuse obscurité, jettent souvent le médecin dans un grand embarras. Le phénomène douleur par laquelle elle s’annonce habituellement, est dans bien des cas d’une difficulté d’interprétation telle, qu’on peut méconnaître sa véritable nature. Si donc le médecin a semblé ignorer la signification de ce symptôme, il est exposé aux accusations les plus pénibles, et l’on ne manque pas de rejeter sur lui toute la responsabilité des accidents si graves qui surviennent par la suite.
La coxalgie fut connue des anciens. Hippocrate, Galien, Paul d’Egine, en font mention. Cependant elle semble avoir été oubliée jusqu’en 1722, époque où J. L. Petit la décrivit comme une affection nouvelle. Elle a été depuis l’objet d’un assez grand nombre de travaux. Nous citerons les leçons de Boyer, les ouvrages de Larrey (1), de Brodie (2), de Palletta (3), de Humbert et Jacquier (4), de Yicherat (5), de Bonnet (6), de Maisonneuve (7), de Parise (8), de Nélaton (9), de Labbé (10), de Martin et Collineau (11), de Panas (12).
§ I. — Définition, synonymie, fréquence.
La coxalgie est la tumeur blanche de l’articulation iléo-fémorale; elle est caractérisée par l'inflammation avec altération plus ou moins profonde des parties qui concourent à la formation de l’article. On la connaît sous les noms de coxarthrocacc (Rust), de fémoro-coxalgie, de luxation symptomatique (Dupuytren), de luxation consécutive ou spontanée (Boyer), d’ affection scrofuleuse de la hanche (Brodie).
(1) Larrey, Mémoires et campagnes de chirurgie militaire , t. IV, 1817.
(2) Brodie, Traité des maladies des articulations, traduction de Marchant. Paris, 1819.
(3) Palletta, Exercitationes paihologicœ. Milan, 1820.
(4) Humbert et Jacquier, Essais et observations sur la manière de réduire les luxations spontanées et symptomatiques, 1835.
(5) Vicherat, Essai sur la coxalgie , thèse 1840, n° 357.
(G) Bonnet, Mémoire sur l’influence des positions dans les maladies articulaires , et Traité des maladies des articulations , t. II.
(7) Maisonneuve, Delà coxalgie , thèse de concours, 1844.
(8) Parise, Recherches historiques , physiologiques et pathologiques sur le mécanisme des luxations spontanées du fémur ( Archives de médecine, mai 1842), et Mémoire sur l allongement et le raccourcissement du membre inférieur dans la coxalgie (Archives de méd., juillet 1843).
(9) Nélaton, Éléments de pathologie chirurgicale, t. II, p. 250.
(10) Labbé, De la coxalgie, thèse de concours. Paris, 18G3.
(11) Martinet Collineau, De la coxalgie. Paris, 18G5. \
(12) Panas, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie, art. Articulations. Paris, 1865, t. lit.